La Liasse.

L'archive des billets de l'Improvisiblog s'enrichit une fois par mois.

Archive for the ‘Le match’ Category

Te regarder, c’est me voir…

Posted by Phloem sur 17 avril 2011

Marc Fernandes, un de mes premiers formateurs en impro, m’a un jour dit « Une faute ça se commet à 2. »
J’ai depuis extrapolé cette phrase à la thérapie et je l’ai toujours en tête lorsque j’arbitre.
Mais aujourd’hui, je vais faire un message en revenant au fondamental en m’adressant au joueur. Le ton sera un peu professoral mais tant pis.

Une faute se commet à deux.
Cela signifie qu’une faute en improvisation est le fait de plusieurs personnes.
Cela semble évident pour les retards de jeux ou les confusions généralisées pendant une impro mais c’est aussi le cas quelques autres qui semblent plus personnalisées de prime abord..

J’ai eu l’illustration de cela, récemment lorsque 2 équipes au cours d’un match se sont trouvées mutuellement rudes…

(Rude, pour les personnes qui ne sauraient pas encore (les chanceuses!), c’est un comportement où on a tendance à imposer ses idées. Cela peut se traduire de bien des façons : Définir le personnage de l’autre avant qu’il ait eu le temps de le faire, refuser des propositions, donner des ordres à l’autre.)

En discutant avec avec un des joueurs, je l’ai ainsi entendu dire « Il ne m’a même pas laissé le temps de dire qu’on était dans un cabaret et il m’a carrément imposé son supermarché! » Ce à quoi, je peux répondre « Ah…Oui…Tu aurais préféré que ce soit lui qui abandonne son idée de supermarché..? »

Ainsi la rudesse, n’est elle pas ressentie du fait d’un manque de flexibilité ou de générosité…?
Le manque d’écoute n’est il pas un le reflet d’un manque d’incisivité, d’un abandon d’idée ou encore d’un manque de clarté ou de précision?
Une intervention n’a-t-elle l’opportunité d’être un cabotinage que si l’information qu’elle apporte n’est pas intégrée?

De cette dualité qui définit, en creux, d’autres carences, j’ai déduis une chose simple : Ma perception du jeu de mon partenaire m’informe sur ma propre philosophie de jeu, voire mon propre jeu.

Si vous ressentez que l’autre a un comportement de jeu gênant, cherchez-en la cause dans votre propre fonctionnement. Vous y trouverez une pistes d’amélioration.

Comme disait l’épouse de Guillaume Tell, « L’archer est un modèle pour le sage : Quand il a manqué le centre de la cible, il en cherche la cause en à lui-même »

Et toc!

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Coopération et compétition.

Posted by Phloem sur 8 novembre 2009

La popularité de l’impro au cours des 30 dernières années s’est construite grâce à des formes de spectacles telles que TheatreSport, ComedySportz, Match d’impro. Or ces formats ont quelque chose qui présente, à mon sens, une grosse difficulté : Ils sont extérieurement compétitifs.

Selon François Paul-Cavallier, dans un jeu compétitif :

  • Les règles sont immuables, elles doivent être respectées scrupuleusement.
  • L’adversaire est un autre joueur.
  • Les joueurs s’opposent.
  • Le perdant est vaincu. Et les joueurs éliminés s’ennuient.
  • Il y a absence de communication entre adversaires et donc, méfiance.
  • Les maîtres mots sont rivalité et concurrence.

Voilà bien des caractéristiques de ce que l’on vend quand on prononce le mot  » Match  » et dans une autre mesure  » Sport « . C’est ce que s’attend à voir le public et ce que les comédiens doivent s’efforcer de jouer. Mais c’est bien un jeu théatral. C’est un décorum, du carton pâte. C’est du spectacle et ça n’a rien à voir avec ce qui en constitue la fibre de cœur.

Car l’impro en elle-même répond aux critères d’un jeu  coopératif :

  • Une fois le cadre donné, les moyens de gagner doivent être inventés, dans la créativité individuelle et de groupe.
  •  » L’adversaire  » est un élément extérieur au groupe (Objectif : Faire une bonne impro. On se démène pour la Qualité.)
  • Le but est commun et le résultat ( » gain  » ou  » perte « ) est partagé.
  • Le jeu prend fin pour tout le monde en même temps.
  • Il y a une communication intense entre joueurs-euses et une confiance partagée.
  • Les maîtres mots sont entraide et association. 1+1 =3

Là où il y a un problème c’est quand le décorum vient contaminer l’impro. C’est souvent le cas chez les joueurs-euses débutant-es (mais pas seulement…). On s’en rend compte lorsqu’il-les utilisent des expressions comme  » On va jouer contre… » ou qu’il-les sont réellement déçu-es  hors scène  » d’avoir perdu  » ou le contraire.
Une impro en mode compétitif, ça donne du racolage, des rudesses, des cabotinages, des marquages à la culotte, du  » Non  » ou du  » Oui mais « , et j’en passe. Bref, beurk, beurk, beurk… ça se sent tout particulièrement en Match d’impro, car s’il est bien un endroit où l’opposition et méfiance  peuvent faire des ravages, c’est bien en mixte…
D’où l’indispensable travail de l’échauffement avant un match quand ce concept de coopération n’est pas intégré par tous-tes les participant-es. Car, pour avoir été dans les 2 cas plus d’un fois, une équipe en mode coopératif rencontrant une équipe en mode compétitif, ça donne souvent le même résultat. La coopérative se fait bouffer par l’autre et tire amertume et rancune du sentiment d’avoir été utilisée-jetée…
Je trouve que cette différence d’approche est relativement difficile à gérer.
L’échauffement permet au minimum de comprendre sur quelle longueur d’onde se mettre pour éviter les pots cassés et, idéalement, de construire une confiance et une bienveillance qui exclura l’envie de tirer la couverture à soi. Et dans le doute, j’ai toujours considéré qu’il y en avait besoin. Mais il se trouve que les équipes qui vont rentrer en compétition sont aussi celles qui – est-ce étonnant ? –  sont les moins enclines à faire un échauffement correct…

Biblio et pistes de réflexion:

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L’échauffement solitaire…(Rien d’interdit par l’Eglise.)

Posted by Phloem sur 29 mai 2009

Idéalement, l’échauffement, se fait en groupe, avec tous les participant-e-s du spectacle… Mais pour un tas de raisons, vous pouvez être amené-e-s à prendre l’initiative de vous échauffer seul-e-s.(Arbitre qui oublie son rôle de contrôle qualité du spectacle, Coach aux fraises qui assume pas son rôle de manager, équipe en retard ou qui n’a pas envie de s’échauffer, ou encore, parfois, sur des spectacles d’impro autres que les match …)

Voici donc quelques pistes d’exercices d’échauffement solitaire. Et comme vous le percevrez sans doute, ça ressemble plus à un échauffement de comédien-ne qu’à un échauffement d’improvisateur-trice. C’est donc assez générique et passe partout. Ça peut même être fait en groupe.

Pour la concentration vous pouvez :

-Fermer les yeux un instant en respirant largement. L’Inspir par le nez, l’expir par la bouche. Avec possibilité de compter. Vous pouvez même envisager de compter le temps où vous êtes « à plein » ainsi que celui où vous êtes « à vide. ». Perso, j’aime bien le « comptage carré ». 4 temps sur l’inspir, 4 temps sur le plein, 4 sur l’expir et 4 sur le vide. J’aime bien la sensation lors du vide. Sans doute parce que c’est sur le vide que les muscles respiratoires sont détendus…

Pour la voix :

-Concernant la phonation,  chanter doucement bouche fermée sur « mmm » ou « nnn ».  A faible intensité au départ, en variant la hauteur du son, faire des « montée descente » de l’aigüe au grave et vice-versa. Augmenter peu à peu l’intensité, sans forcer.

Peut se faire bouche ouverte sur des voyelles pour commencer à échauffer le visage et l’articulation.

-Et spécialement pour l’articulation, quelques virelangues pour poursuivre. Vous en trouverez quelques-uns ici. Variez, en exagérant le trait.

Pour le corps :

-Exercer les articulations en faisant des mouvements naturels. Suivez « un plan de vol ». Par exemple, commencer aux orteils puis remonter articulation par articulation jusqu’au bout des doigts et à la tête. Une dizaine de mouvements par articulation c’est un bon début. Cette partie, normalement, fait particulièrement monter la température…

-Des automassages. Je vais faire un article spécialement là-dessus bientôt… Patience  :-)

Pour que le hamster du grenier tourne plus vite dans sa roue :

-« 1-2-3-4 »  aussi connu sous le nom de Montée-Descente.

Il s’agit de répéter de plus en plus vite « 1-2-3-4 » Mais après deux fois, on remplace le 1 par un clap des 2 mains. Encore 2 fois plus loin, on conserve le clap à la place du 1 mais on remplace aussi le 2 par une tape des 2 mains sur le torse. 2 tournées à ce régime et on remplace le 3 par une tape simultanée sur chacune des cuisses. Et pour remplacer le 4, on lève une jambe pour taper la cheville. Après un moment,(10 tournée exactement…) on ne dit plus rien et on ne fais que les gestes : Clap-Torse-Cuisses-Cheville. C’était la descente. On continue en rebroussant chemin toute les 2 tournées. On recommence par dire 4 sans le geste de cheville, puis 3, puis 2 puis 1, jusqu’à retomber sur la série de départ. Et on peut continuer comme ça aussi longtemps qu’on veut en accélérant.

-Prendre une phrase banale et la dire en jouant des émotions différentes. Aller chercher des émotions/états internes un peu atypiques. (La soumission, la malice, la suspicion…)

Et pour la confiance, la détente et le hamster, je suggère une petite auto-hypnose simple où il s’agira de sentir successivement les qualités que vous souhaiter particulièrement avoir au cours du spectacle, entrer dans votre corps. Pour moi, ce sont des brumes de couleurs avec différentes textures que j’inspire lors de la respiration et qui envahissent chacun de mes recoins. Vous pouvez aussi imaginer que vous vous connectez aux pensées de vos improvisateurs-trices préféré-e-s/mentors/modèles. Et pour terminer, pour vous donnez la pêche, voyez vous en train d’accélérer, imaginez que vous prenez de la vitesse, en plus encore et plus encore et plus encore. Tout ça peut se faire en musique. Pour la phase d’accélération, je vous suggère Deep channel de Afro Celt Sound system. Accrochez votre rythme à la musique et  laissez vous accélérer sans vous en faire…

Et bon spectacle!

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Exercices pour un échauffement avant spectacle.

Posted by Phloem sur 24 mai 2009

Choses promise, chose due ! Plus de 2 mois après en avoir parlé, voici des suggestions d’exercices pour un échauffement en groupe.

J’en mets plusieurs par « catégorie ». Il vaut mieux en sélectionner un ou 2 de chaque plutôt que tous les faire car ce serait beaucoup et, donc, contreproductif… D’autant que la « catégorisation » des exercices est tout à fait subjective, les exercices recouvrant presque toujours plusieurs domaines…

Concentration :

La plume.

Par groupe de 4 à 8. Le groupe à une mission, faire tenir une plume en l’air par tous les moyens mais sans la toucher… Si elle tombe à terre, un membre part dans un autre groupe, on remet la plume à bonne hauteur à la main puis on recommence. Utiliser des plumes qui ne tombent pas trop vite… Pour faire le test, essayer de faire l’exercice seul-e. Si vous y arrivez c’est que la plume est OK. Perso, j’utilise du duvet de pigeon mais on peut aussi utiliser des morceaux de plumes « marabout » aux couleurs artificielles, trouvée en magasin de déguisement. Suivant l’ambiance qu’on impose lors de cet exercice, on peut aboutir à une bonne concentration ou à des rires incontrôlables…Dans tous les cas, il est très bon pour briser la glace et faire se mélanger dans un esprit de coopération

La bouteille.

Par groupe de 6-8. Une personne est au milieu du cercle serré formé par les autres. Cette personne est relativement raide et ancrée mais, en conservant tout le long de l’exercice les yeux fermés, se laisse aller à basculer vers une direction. Ensuite c’est aux autres membres du groupe de la rattraper puis de se la passer. Pas d’à coup, ni de violence. On se passe un être humain inerte, pas un sac de riz !

L’Epi de conspiration. : Voir dans l’article concernant la Synchro ! Les exo de cet article pourraient d’ailleurs, pour beaucoup, se retrouver ici.

Des massages courts.

Ecoute.

Passage de balles avec couleurs.

En cercle, les participant-e-s se lancent aléatoirement une balle. Cette balle est associée à une couleur, dite lors du lancer. (Si possible une couleur différente de celle de la balle…)  La balle ne doit pas perdre « sa couleur ».On poursuit avec de plus en plus de balles.

Stop ‘n Go

Marche dans l’espace. Si une personne du groupe s’arrête sur place tout le monde doit en faire autant. Si une personne redémarre tout le monde redémarre.

Passage d’électricité.

Se donnant la main, les participants doivent transmettre « l’électricité ». Quand on leur serre la main gauche, il doive transmettre en serrant la droite et inversement. Avec un-e meneur-euse qui envoie et réceptionne les secousses en les comptabilisant, ça peut faciliter les choses.

Imagination-Spontanéité.

Passage de balles avec mot lancés en association d’idées.

Marche dans l’espace dans un certain état émotionnel avec changement d’émotion lors clap du-de la meneur-euse.

Débuts d’impro : Utiles aussi pour travailler l’énergie.

Soit en gardien de but/goaler : Une personne, le goaler, face à une file d’autres arrivant tour à tour avec un personnage. Le goaler doit accepter et entrer dans le jeu. Quand il est passé avec toutes les personnes de la file, il cède sa place à une de celles-ci.Variante : Le goaler n’est pas immobile mais fait un geste répétitif qu’il doit intégrer dans le jeu de l’autre. Changement de geste à chaque nouveau personnage qui arrive.

Soit en clap-position : 2 personnes commencent une impro, une personne de l’assistance les interrompt en tapant dans ses mains après moins d’une minute de jeu. Les 2 se figent en position. La personne qui a interrompu fait sortir une des 2 autres en prenant sa position et commence une autre impro, avec la position du binôme comme base d’inspiration. Et ainsi de suite pendant un moment.

Energie.

Le passage d’énergie (Voir l’article concerné!)

Tape l’épaule. : Il s’agit de compter de 1 à 7. Chacun-e donne un chiffre jusqu’à 7 puis la parole continue de circuler en reprenant à 1 et ainsi de suite. Mais des gestes sont associés. De 1 à 6, on tape sur son épaule droite ou gauche avec la main opposée. L’épaule tapée désigne le-la voisin-e à qui on transmet la parole. On peut donc faire poursuivre dans le même sens ou inverser le sens de circulation du comptage (ça ressemble au passage d’énergie…). Sur le chiffre 7, la personne qui le dit mime un cadre de tableau autour de son buste, avec une main au dessus de la tête et une main sous le nombril. La main qui est au-dessus de la tête désigne le-la voisine qui recommence à 1. Le-la meneur-e est seul juge de la qualité de ce qui est fait. S’il-le considère qu’une personne s’est trompée, à bafouillé, etc…Il-le lui lance « Tu cours ! » et la personne fait un tour extérieur de cercle en courant avant de reprendre sa place. Encore un exo où on rigole beaucoup !

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3e soir du tournoi d’hiver du PIP

Posted by Phloem sur 16 avril 2009

bv000022Et oui, encore un debrief de spectacle. Bah, oui, il y a quelques temps j’allais en voir un par semaine donc, de temps en temps, j’en parle…Le spectacle dont il est question ici est la soirée finale du tournoi d’impro organisée en février par le Pool d’Impro du Poly de Lausanne. (Oui, la Ben&Ben Inc. ayant des intérêts même en dehors de la zone Euro, il m’arrive quelques fois par mois de me retrouver en Confédération Hélvétique.)

Ce spectacle portait bien le nom de match bien qu’il eut fait s’étouffer les apparatchik des fédérations officielles…

>2 équipes, un musico, un MC, des impros, le vote du public, un décompte de point. Voilà les points communs qu’on pouvait voir avec le match. (D’ailleurs, tiens question : A partir de quel moment peut-on dire d’un spectacle qu’il rentre dans ce que contient aujourd’hui la dénomination « match » ??? )

> Pas d’hymnes, pas d’échauffement public, pas de durée prédéterminée des impro, un arbitre remplacé par un Metteur en scène (Le MS ? OK, en Suisse, ça sonne mal…mais bon…) et un forte volonté (du MS ?) d’axer le spectacle vers un retour au théâtre et au jeu de comédien-nes.

La disparition de l’hymne et de l’échauffement me semble devenir une constante des dérivés de match. Et c’est la volonté du retour à l’art de base qui m’a paru le parti pris le point le plus original ici. Original et intéressant. Car ce n’est pas si souvent en spectacle amateur qu’un effort est fait pour ramener de la culture dramatique dans le match ou encore qu’il est donné l’occasion aux improvisateurs-trices de relever des défis qui permettent de montrer qu’ils peuvent aussi être des comédien-ne-s doué-e-s et cultivé-e-s.

Pour ce faire, le MS a utilisé des catégories qui n’étaient pas particulièrement nouvelles mais, par contre, des supports connus.

Explication :

-La catégorie « Bibliothèque » (où une personne improvise son texte face à une autre qui lit les répliques d’un personnage dans un dialogue pré-écrit) avait pour support une scène de L’Avare de Molière. Et la personne qui se devait de lire les répliques pré-écrites, les avait avec une impro d’avance et devait, en connaissance du texte imaginer un décor et un début de mise en scène. Le tout expliqué au partenaire, qui devait accepter, au début de l’impro Bibliothèque.

-Dans la catégorie « personnage imposés », les impositions avaient comme support des personnages, non pas des descriptions en 2 mots donnée à la volée mais des textes (dont, honte, honte, j’ai oublié l’auteur…) d’une dizaine de lignes donnant un fragment de l’histoire du perso à jouer.

-Le doublage de film avait pour support la scène d’ouverture de Réservoir Dog de Tarantino, vidéoprojetée.

-Les sitcom joués étaient des épisodes de séries existantes (Dr.House, Nip/Tuck, Heroes…)

-Etc…

Inscrire des catégories dans un cadre fameux m’a paru un défi intéressant car, pour le coup, de nombreuses personnes du public connaissaient ce cadre aussi… Et avaient alors la possibilité de juger des capacités des comédien-nes à vraiment endosser un rôle. Cela a aussi permis de montrer cette connection impro-théatre qui a tendance à s’effilocher en match expérimental (Au profit de la mise en avant d’une maîtrise des capacités d’impro.)

Alors, cela s’est fait au détriment des rôles techniques d’auteur-e et metteur-e en scènes que doit aussi avoir l’improvisateur-trice. C’était un peu couru d’avance ça. Et cela a été renforcé par le fait que, n’ayant ni temps indicatif initial, ni consignes à ce sujet, il-les ne pouvaient pas vraiment concevoir un déroulement Début-Milieu-Fin. Et, en réaction, c’est le MS qui assumait tout cela par des interventions fréquentes et des claps finaux quand bon lui semblait.

On a assisté à un spectacle où les gens se donnaient du mal pour incarner au plus juste, avec de belles performances en ce domaine, mais qui, du coup, sans sentiment d’urgence, se reposaient sur un metteur en scène extérieur pour faire avancer l’histoire, avec les retard de jeu que ça suppose.


Je n’ai pas vraiment d’idée ou de suggestion à faire pour améliorer cela… Le système entier se tient : Plus d’énergie dans le jeu de comédien donc moins pour la mise en scène donc une aide extérieur donc un sentiment de pouvoir se reposer dessus et donc l’esprit plus libre pour le jeu… Alors la solution tient-elle peut-être à l’entraînement à ce format plus qu’à autre chose…


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Autodebrief de l’Improlympix

Posted by Phloem sur 1 mars 2009

Le 31 janvier dernier, j’ai participé àImprolympix, un spectacle dérivé du Match d’Improvisation, créé par les 6boulettes d’Annecy. La rencontre, n’y est plus placée sous le signe du match mais de l’olympisme et du sport en général.
J’y suis allé avec, je l’avoue, 2 a priori. Oui, je sais, c’est mal. Mais quand je dis 2, c’est 2 pas plus. Ça reste mal, mais moins.
Je pensais que ce spectacle allait être alourdi par les ajouts de décorum et particulièrement cette innovation que sont les jokers des coachs.

Les coach ont 3 jokers utilisables une fois seulement : Le  remplacement, le temps mort et le contrôle anti-dopage.
Le remplacement fait, entre 2 impro, entrer un-e joueur-euse à la place d’un-e des 3 autres. (Ce qui en fait un genre de match en 3-3 avec un-e remplaçant-e.)
Lors du temps-mort, l’impro se fixe et les joueurs-euses du coach qui a demandé le temps mort, et seulement ceu-lles-ci, retournent caucusser pendant 40 secondes en plein milieu de l’impro. A terme, il-les reprennent leurs places parmi les autres qui sont resté figés puis continuent.
Fixation de l’impro aussi lors du contrôle anti-dopage, lancé en cours d’impro à l’encontre d’un-e joueur-euse supposément en trop grande forme. Ce qui permet (par un test aléatoire.) de le-la faire désigner comme dopé-e (et dans ce cas de le faire remplacer dans le personnage par un-e autre de l’équipe jusqu’à la fin de l’impro.) ou non.

J’avais une certaine appréhension vis-à-vis de ce dernier joker. En effet,  virer un-e joueur-euse parce qu’il-le fait bien avancer l’impro, ça me paraissait un rien anti-spectacle…

Et finalement, que nenni de l’alourdissement ou de l’anti-jeu! Au contraire !

En faisant fie des hymnes et de l’échauffement  » réglementaire et obligatoire « , ce concept allège grandement le début du spectacle ! En d’autres mots, on passe bien plus vite à l’impro et c’est appréciable.
Quant aux jokers, ils ont, en fait, été bienvenus et utilisés à bon escient. Permettant de relancer des impro qui s’enlisaient et de renforcer le rôle du coach aux yeux du public (Parce qu’il faut bien dire qu’en match, le coach passe plus pour le morceau de décorum rapporté pour faire  » vrai match  » que l’élément régulateur qu’il est pourtant…)

Et dans ce cadre, le joker qui m’a paru le plus à améliorer, ce fut le replacement… J’ai refusé de me faire remplacer car, n’ayant pas été en jeu depuis plusieurs mois, j’éprouvais le besoin de rester sur scène. Mais j’ai bien senti que parmi les 2 autres, aucun-e n’était vraiment prêt-e à céder sa place. Et celle qui est partie ne l’a pas forcément fait dans un grand élan de spontanéité… Sacrifier le plaisir du jeu au decorum, on la comprend… Quant à la personne qui est rentrée, son échauffement remontait à plus d’une heure et je pense que son énergie était un peu retombée. (Ce qui ne l’a pas empêchée de faire une bonne seconde partie.). Au total, sur les 4 personnes qui ont été en jeu, 2 ont vécu une rencontre un peu tronquée (Les mi-temps ont duré 35 minutes et chacune a joué une mi-temp.)

Je garde donc l’idée de jokers aux coaches mais je pense qu’ils pourraient être retravaillés (avec plus de diversification, en sortant du strict univers du sport?)

Et l’Improlympix, même s’il mobilise autant de moyens techniques que le match, me parait un intermédiaire entre celui-ci et le Catch d’impro. Intéressant,ma foi!

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Le rôle de l’arbitre, ce drôle de zêbre.

Posted by Phloem sur 19 décembre 2008

Le match de samedi dernier, où je tenais le rôle d’arbitre m’a précisément conduit à m’interroger sur ce rôle. En effet, cela fait plusieurs mois que je n’avais pas arbitré un match et j’avais cependant envie de faire au mieux. Il a donc fallu se remémorer un moment ce qui fait un arbitre…

Il y a bien sûr le rôle perçu par le public.
L’arbitre, c’est lui qui donne les thèmes, compte les votes, relève les fautes. Et, bien que cela paraisse simple, ce sont, parfois, déjà des tâches difficiles. N’importe quel thème ne va pas avec n’importe quelle catégorie et, pour un match, il faut savoir jongler entre thèmes ouverts et thèmes cadrés.
Quant aux fautes, les entorses aux règles semblent clairement définies mais tout n’est pas tout noir, ni tout blanc. Une faute est le dépassement d’un point sur une ligne continue d’intensité de comportements. Et chacun met son point de dépassement là où il le sent. C’est un peu comme déterminer la température à partir de laquelle l’eau est chaude. Tout dépend de qui prend la mesure, de l’usage qu’on veut en faire, du moyen utiliser pour chauffer, de la température de départ…L’arbitre détermine ce qui est noir de ce qui est blanc dans un monde tout en nuances de gris.  (Est-ce pour ça que son maillot est rayé ??? :) De cette subjectivité naît une part d’injustice inévitable qui vaut à l’arbitre des huées…inévitées !

Si on en revient au concept de base du match, l’arbitre est, en toute simplicité…le maître absolu du jeu!!!
Il fait donc figure d’autorité. Et l’autorité a un pendant : Le respect.

Respect des règles. L’arbitre se veut juste car ses choix peuvent faire basculer le cours du match. Avec toute la difficultés que cela suppose comme on l’a vu plus haut.

Mais aussi respect des comédien-nes. Même s’il ne leur adresse la parole qu’à travers leur capitaine, il part du principe qu’il-les sont compétent-e-s.

Et respect du public. Même s’il ne leur adresse la parole qu’à travers le Maître de cérémonie, les spectateurs-trices sont les destinataires du spectacle. Les clients-rois sur lesquels on accorde le match et son rythme.

Quel que soit son personnage, l’habit suffit à instaurer une dose d’autorité de départ mais celle-ci ne durera pas longtemps si l’arbitre outrepasse ces limites que sont le souci d’agir juste et dans le respect des protagonistes.
Enfin, l’arbitre doit être suffisamment  humble pour laisser les autres comédien-nes briller lorsqu’il-les le font mais aussi suffisamment assuré pour tenir un peu plus les rênes et cadrer lorsque cela est nécessaire. L’arbitre fait ce qu’est le spectacle mais n’en est pas la star.

Ustensile domestique du supporter...

Plus philosophiquement, il y a aussi le rôle  » d’éponge énergétique « . Le personnage de l’arbitre est un genre d’homme de paille pour le public. C’est lui qui ramasse les rancoeurs et mauvaises pensées que le public pourrait envoyer aux joueurs et joueuses qui le décevraient. Ceci est parfois retranscrit par le fait que ce soit lui (Enfin, plutôt ses larbins, assistants.)  qui soit chargé de ramasser des chaussettes et pantoufles lancées sur scène par le public mécontenté pendant l’impro. Ce rôle permet aux comédien-nes de se dédouaner. Une fois punis, ils n’ont plus rien à se reprocher vis-à-vis du public. Et inversement, le public s’est défoulé. Tout s’est payé, on peut passer à la suite.

Pour terminer, j’aimerai faire un point sur la différence entre l’arbitre et le personnage de l’arbitre. L’arbitre est le comédien qui intervient sur scène et qui, pour se faire, endosse un certain personnage. Cela permet, entre autre, sans souci d’assumer le fait d’être hué et de ramasser les sales pensées venant de toute part. Car on quitte le personnage et tout ce qu’il a sur lui à la fin du spectacle. A la différence des joueurs-euses qui arrivent beaucoup plus  » nu-e-s « .
De l’importance du rôle précédent…
Biblio et bases théoriques :
Le site du match d’impro par Jean-Baptiste Chauvin.
Forum du TICS.

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