La Liasse.

L'archive des billets de l'Improvisiblog s'enrichit une fois par mois.

Archive for the ‘Pédagogie’ Category

L’impro, ça dépote… Alors des fois, on rempote !

Posted by Phloem sur 9 juin 2012

Aujourd’hui, un message particulièrement destiné aux personnes qui suivent des ateliers d’impro… Dédié à Sabine, Annette, Sandrine, Fabien, Mélanie, Laure et tous les autres… Je ne sais pas si j’en ai déjà parlé… Peut-être que ce sera une redite… Mais dans tous les cas, c’est de saison…  Car vient un moment où cela arrive. Sauf aux plus malchanceux qui décéderont avant. (Ceux qui arrêtent ne comptent pas. )

Le TERRIBLE changement d’équipe, le changement de groupe, le changement de formateur…

Un truc qui fait peur à plus d’un-e…

ça se comprend…

Car, en atelier, on partage des moments forts, on se dévoile, on se montre sous tous ses jours. Pas tout le temps, parfois, par bribes, on se découvre mutuellement. En jouant ses masques, on apprend à les laisser tomber.  ça sent la Nature… Et c’est vécu comme une prise de risque.

Alors forcément, les gens avec lesquels on fait ça, prennent une teinte particulière. Amitié, camaraderie, bienveillance, un peu tout ça à la fois.  Et quand on a trouvé des personnes qui composent le bon climat pour qu’on se sente de le faire, difficile d’envisager le changement.

On imagine qu’on ne retrouvera jamais rien de pareil. Que les autres équipes sont forcément moins bien. Et puis que ces équipes se connaissent déjà…alors s’intégrer…pfff…

C’est en partie vrai…

C’est un peu comme un lierre qui pousse sur un tuteur. Il prend la forme du tuteur. Et quand on change le tuteur, l’adaptation n’est pas une chose facile.

Mais c’est sans compter sur le jardinier…

Ouaip, normalement, dans votre nouvelle troupe, il y aura un formateur ou une formatrice…

Et une personne qui se donne cette étiquette, doit, selon moi, savoir gérer un groupe. Ce qui inclus gérer leur intégration et la transformation du groupe suite à cette intégration.

En imagée, si le jardinier est bon, le lierre va déformer le nouveau tuteur.

Pas trop non plus. Juste ce qu’il faut.

Vous ne vous sentirez pas à la maison mais il vous paraîtra possible d’y élire domicile.

Ne vous attendez pas non plus à ne fournir aucun boulot. Et ouais… Mais, par contre, si votre objectif n’est pas seulement de vous amuser mais aussi de devenir un peu meilleurs en impro, attendez vous à être récompensé-e-s…

Parce que sous les appellations très génériques de « théâtre d’impro », d’ « impro » ou d’ « improvisation théâtrale. », et j’en passe, se cachent des conceptions très différentes…

Pour vous en convaincre, je peux vous proposer de consulter cette illustration, sur le site de Christophe Tournier. Chaque cadre représente une facette, significativement différente des autres, de l’impro.
Et je ne parle même pas des différences de conceptions entre les formateurs-trices… A titre perso, j’aime plutôt la rencontre, la coopération, la bienveillance, l’humour, les actions de groupe, les catégories « théâtrales », les personnages typés, la beauté visuelle… D’autres apprécieront, pêle-mêle  le défi personnel,  le dynamisme soutenu, le bon mot,  la compétition, l’expression de soi, l’interiorité, les catégories « performance »,…

Alors, si vous voulez explorer largement et découvrir des horizons qui peuvent vous plaire, le changement de groupe est une chose super. A condition de le faire avec le bon état d’esprit…

Le contre exemple parfait fut mon premier changement de troupe… Difficile. J’étais persuadé que la vision de l’impro que j’avais était « LA » bonne. Et du coup, non seulement je n’ai pas profité pleinement de ce que cette troupe pouvait m’apprendre mais, dans l’autre sens, ma position de supériorité rendait ce que je pouvais avoir à dire repoussant… Mon deuxième changement de troupe ne fut guère mieux…  Ouaip, il m’aura fallut 3 troupes pour comprendre un truc tout bête..

La nécessité d’arriver en position basse.
Arriver sans certitude de ce que « doit » être l’Impro ou pas.
Pour arriver avec les écoutilles ouvertes à fond et avoir la possibilité d’enrichir votre cocktail.
Alerte. Sans peur ni a priori.
Pour rencontrer des gens supers, il faut quitter des gens supers…
Changer sans pleurer sur ce qui n’est plus mais sourire de ce qui a été.
Sourire et dire oui à ce qui vient.

Pour finalement vivre son changement de groupe comme une belle nouvelle impro.

(Une petite photo prise à Grenoble peu après mon 1er changement de troupe :-) Quand j’y pense, c’est étonnant…)

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L’Evaluation en théâtre d’impro,

Posted by Phloem sur 7 janvier 2010

2e partie : Base de travail sur un outil.

Comme vous le savez depuis quelques semaines et le post sur la sublimation, je suis un brin dissocié…Donc n’hésitant devant aucune cascade schizophrénique, je vais bâtir ce post en répondant à celui de la semaine dernière.

Sur le thème de  » L’évaluation, c’est pas funky « , je rétorque que l’autodévalorisation non plus. Et que justement, en l’absence d’élément de référence, l’absence de reconnaissance de ses propres capacités est une des activités préférées des élèves quand il s’agit de parler de leurs propres performances. Donc quitte à se fouetter  » pour avancer  » autant que ça soit cadré et que ça soit une base de progrès… (En gros, c’est la même différence qu’il y a entre un régime minceur qu’un obèse fait au feeling perso et celui suivi par un-e diététicien-ne…)

Voici donc une grille d’évaluation ou plutôt un livret de compétences (Horreur, je reprends les termes de l’Education Nationale ! Je deviens un prof-garou ! Bientôt je vais errer en recherche d’innocentes copies à maculer de rouge ! ). Il est construit sur une base qui m’a été fort sympathiquement envoyée par Marc Fernandès du Théâtre d’Impro de Chambéry Savoie. Et, bien sûr, il est très critiquable :

Le premier parti que je prends, c’est de considérer seulement la technique, l’ossature, ce sur quoi la beauté de l’impro peut se développer. Je ne veux pas évaluer la beauté car c’est encore plus subjectif que le reste ! Vraiment trop risqué et hors de propos. Même si la capacité à faire une impro élégante me parait importante… Elegance et beauté, c’est différent. Elegance peut-être objectivée avec beaucoup moins de polémique

Voici donc une version avec les compétences majeures principales.
Pour le découpage des compétences en comportements observables, je propose que chaque formateur-trice établisse son propre pool de comportements qui seront considérés comme structurant de la compétence concernée. Car de toute manière,  » Générosité de jeu « ,  » Maîtrise de l’outil Corps « ,  » Gestion de l’espace.  » signifient des choses différentes selon la personne qui enseigne… Le nombre de lignes de découpage est subjectif et peut être modifié à l’envie.

Fiche  d' auto-évaluation

Voilà ce que ça donne pour moi.

Pour établir une norme d’avancée, plutôt que des notes de 1 à 20 d’Ecoute, une Echelle de Construction à 5 grades de Baumann ou un Barème Buzz de Spontanéité, je propose d’utiliser les niveaux de conscience de la compétence. Donc revoir cet article sur la conscientisation de compétence avant de continuer !
Puisqu’on est dans la création d’un outil, on peut trouver un système référence peu usité et essayer… Ce système aura au minimum le mérite de dépouiller un peu l’évaluation de ses chiffres. Tout en sachant que la tentation de quelques’un-es de faire correspondre, même sans le dire, les 4 items à des niveaux 1, 2, 3 et 4 sera assez grande pour qu’il-les y cèdent …

Ce système est aussi un moyen de négocier avec la difficulté d’évaluation des compétences. On ne se base pas sur des degrés d’intégration ( Ex : Ma compétence  » Je porte ma voix  » est  à 60 % de l’objectif. Ce qui me semble dénué de sens.) mais sur la manière dont la compétence est mobilisée (Ex : Quand  » Je porte ma voix « , j’y arrive mais j’ai encore besoin d’y penser pour le faire. Ma compétence est consciente.). Ce qui accessoirement court-circuite le biais d’évaluation d’une différence de mobilisation entre la compétence utilisée en cours et en situation puisque l’évaluation se fait à tout instant et qu’il en ressort une tendance générale.

Cela donne ainsi le mode d’utilisation de la grille car, lorsqu’on devient inconsciemment compétent, on en est bien…inconscient ! Si une grande part de l’évaluation revient à l’élève et une autre revient donc au-à la formateur-trice…
Vous ne comprenez pas l’item : Vous êtes dans l’incompétence inconsciente.
Vous demandez des clarifications sur l’item ou vous le comprenez déjà : Vous êtes dans l’incompétence consciente.
Vous êtes capable de citer ce que vous faite pour répondre à l’item (mais vous êtes aussi capable de dire ce que vous voudriez faire de plus.) : Bienvenue dans la Compétence consciente.
Après avoir été dans la compétence consciente, vous ne savez plus trop si vous répondez à l’item : Demandez conseil à votre pharmacien formateur-trice pour qu’il-le vous évalue (Ce que vous pouvez faire à tout moment mais là, je donne la version  » Autonomie maximum du-de la formé-e.) Peut-être avez-vous automatisé le comportement ou alors l’avez-vous peut-être simplement abandonné…

Ce mode d’évaluation mixte permet, lorsqu’elle est faite par une personne extérieure, qu’elle soit demandée et n’est plus perçue comme une sanction mais comme un service rendu.

Dans ce système, on peut faire des allers et retours dans les niveaux. C’est le cas typique de la Confiance dans le groupe lorsqu’on change de groupe… (Cause externe de changement). Dans mon cas, ayant évolué sur d’autres items, j’ai régressé sur la place laissée aux autres dans le jeu (Cause interne.). Il n’y a rien de définitif.

On perçoit aussi, et déjà, une limite de ce système de référence : L’espace entre incompétence inconsciente et incompétence consciente est mince, on peut le franchir rapidement. Alors qu’on peut passer beaucoup plus de temps en incompétence consciente ou en compétence consciente. Pire, en compétence consciente ou inconsciente, la croix peut stagner dans la même case alors même qu’on continue de progresser…
Et oui, ne pas avoir d’échelle de 1 à 20 a des avantages mais aussi des inconvénients…

Et finalement, tout ça reste à prendre avec beaucoup de pincettes car  » on n’est pas ce qu’on fait.  » Petite pensée pour Julien qui, 3 mois après avoir commencé l’impro, a fini sa saison 2008-2009 sur les chapeaux de roue et dans le cœur du public essentiellement car il prend un immense plaisir à se donner intensément sur scène.
Le plaisir de jouer, voilà qui influe énormément sur le jeu. Et, est-ce une compétence qui se travaille ?

Enfin, vous remarquerez, en bas de la fiche un cadre  » Culture « . Ce cadre concerne des styles et catégories littéraires. Je vous signale que, pour le-la formé-e c’est plus un cadre indicatif d’axes à explorer et que pour le-la formateur, c’est un bonus, à affiner. Car les connaissances culturelles peuvent se juger de manières plus conventionnelles, mais, hélas aussi de manière beaucoup plus scolaires… Il faudrait aussi, pour chaque item détailler ce qui relève de la compétence et des connaissances. Je vous laisse l’opportunité de le faire à votre sauce. C’est en soi une possibilité d’approfondir par vous-même chacune des catégories car ça demande de lire, d’aller voir des pièces, et même d’en jouer… Et n’hésitez pas ensuite à partager car c’est un travail parfois lourd qui fera de vous une personne pointue sur un sujet précis. Je l’ai fait pour le vaudeville. Je ne vais pas néanmoins vous révéler tous mes petits secrets d’autant que j’ai de quoi prévoir une formation spécifique. Affaire à suivre

Biblio et bases théoriques:

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L’Evaluation en théâtre d’impro,

Posted by Phloem sur 1 janvier 2010

1ere partie : Difficultés mais nécessités…

Cette semaine j’ai un peu tardé pour publier…Mais c’est surtout parce que ce post m’a demandé (encore) plus de boulot que les autres. D’ailleurs, je le scinde en 2. La suite viendra la semaine prochaine… Mais rassurez vous, je ne vais pas couper au milieu d’un paragraphe. On n’est pas dans une série américaine ici.
Non mais !

Il y a peu, en discutant sur la question de l’hétérogénéité de niveau dans un groupe d’impro, nous en sommes arrivé à discuter de l’évaluation…
Car comment parler d’hétérogénéité de niveau si on n’évalue pas. Et surprise ! Peu de formateurs-trices semblent évaluer de manière formelle leurs élèves…Ce que je comprends tout à fait…Car, on se heurte aux premières difficultés de l’évaluation en impro. En impro, il est très important d’agir dans l’amusement, or l’évaluation, rien que le mot, ça a un vilain arrière goût de sale note. Qui dit évaluation laisse entendre classement, cancre, bon élève, résultat insuffisant et donc, pour ceu-lles qui sont sorti-e-s du système scolaire, réminiscence de souvenirs pénibles…
L’évaluation, c’est pas très funky.

Mais pour faire de l’impro, il faut des compétences. Et, au même titre qu’il existe des performances improvisées de niveaux différents, une compétence peut-être présente chez plusieurs individus à des niveaux différents. On parle de niveaux de compétence. Or la formation est considérée comme un outil visant à faire passer d’un niveau initial à un autre plus poussé. L’évaluation, c’est ensuite l’ensemble de pratiques visant à mesurer l’acquisition de ces compétences et leurs résultats appliqués en termes de performance. Sur le papier, ça parait avoir du sens d’en mettre une en place…
Mais l’évaluation de compétences est généralement délicate.
Et l’évaluation des compétences liées à l’impro semble particulièrement ardue…

D’une part, il s’agit de mesurer. Ce qui implique d’avoir une unité de mesure ou, au moins une référence, un objectif, voire une norme… Or tendre à normaliser les comportements en impro est aberrant. Et en ce qui concerne l’unité de mesure, il est nécessaire qu’elle ait un sens pour l’évaluateur-trice et surtout pour l’évalué-e. Avoir un B+ en Accent ou un 5/5 en Expressions de visage, ça veut dire quoi dans les faits ?
On évalue là des choses qui sont de l’ordre du concept. En PNL, on parlerait de nominalisations de processus (J’ai déjà utilisé cette expression sur ce blog ?), des mots qui, dans les faits, ont des significations différentes en fonction de qui les utilise. Des compétences vagues et, qu’il faut paradoxalement, évaluer le plus objectivement possible. Il ne s’agit pas de donner un avis global sur un grand champs d’aptitude… Un évaluation qui aboutit à  » Travail d’interprétation : Moyen.  » ne sert pas à grand-chose. Un peu précision est de mise. Ce qui aboutit à découper les compétences complexes en comportements simples et observables. Ce qui peut déboucher sur une normalisation et, est, de toutes manières, réducteur.
Enfin, évaluer positivement une compétence en atelier ou en stage ne garantit pas qu’elle sera mobilisée de la même manière en spectacle. C’est toute la différence entre le  » in vitro  » et le  » in vivo « . La simple présence d’un-e évaluateur-trice a déjà un effet sur ce que font les gens…

Mais, le fait qu’elle soit délicate n’exonère pas pour autant de la mettre en place…

Car l’évaluation semble nécessaire à plusieurs points de vue.
Du point de vue de l’élève, afin de connaître son propre niveau, pour se situer dans le groupe et avoir une idée juste et certaine de ses capacités. Et prendre, avec raison, confiance en ce qu’il-le a déjà parcouru.
Du point de vue du commanditaire (qui peut, en impro, souvent être assimilé à l’élève.), pour savoir si les objectifs de la formation ont été remplis (Et donc savoir si ses sous ont bien été transformés en valeurs non sonnantes, ni trébuchantes mais néanmoins ajoutées ! ). Là, ça correspond à une évaluation sommative, en fin de formation.
Du point de vue du formateur, ça peut être un diagnostic pour savoir ce qu’il y a à approfondir, travailler ou revoir. L’évaluation est alors dite formative, sa finalité est l’apprentissage.
Du point de vue du coach, ça pourrait être (avec beaucoup de précautions !!!) une base afin d’établir la composition d’une équipe.

Ainsi malgré cette difficulté d’évaluer une compétence en impro tenant au fait que le résultat n’a pas d’indicateur quantifiable (Vrai-Faux, chiffre exact…) et que ce résultat est une production artistique, je pense qu’il peut être utile d’avoir un moyen d’évaluation.
En connaissant toutes les limites et les risques que ça comporte …

Dimanche prochain, une proposition d’outil.

Biblio et bases théoriques:

(En complément, cet article sur la constitution d’équipe sur le blog Le Caucus peut aussi vous intéresser.)

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Stage Commedia dell’arte avec Patrick Forian.

Posted by Phloem sur 9 décembre 2009

Ce week-end, j’étais en stage à Théâtre en Savoie. Un stage d’une très grande qualité…Le thème était Commedia dell’arte.
Un peu de Goldoni par ci, quelques recherches par là…ça faisait quelques temps que j’étais attiré par ça…
ça été l’occasion d’y goûter!
Mais j’ai été, hélas, dans un état de disponibilité restreint en raison d’une fatigue liée à des jours et soirées chargé-e-s. Or, de la disponibilité, il en fallait beaucoup.
Du coup, j’ai grosse envie de recommencer le stage voire d’aller plus loin!!!
Patrick Forian a une manière d’enseigner proche de celle de Christian Baumann.
Des remarques ciblées, relever ce qui est bien, signaler ce qui est améliorable sans trop en dire non plus.
Et puis l’art de faire sentir à ses stagiaires qu’il y a en eux-lles de quoi réussir de mieux en mieux.
Très finlandais comme manière d’envisager l’enseignement. Très agréable à vivre et très efficace.
ça donne envie d’en vivre plus. D’autant que les formations qu’il propose le sont à un tarif tout à fait raisonnable.

Le site de l’atelier de Patrick Forian : http://www.atelierforian.com/
Le topo Commedia dell’arte sur le site de PaulArtBear : http://paularbear.free.fr/commedia-dell-arte/
Et puis mon ami wiki : http://fr.wikipedia.org/wiki/Commedia_dell%27arte
(J’en profite pour signaler que c’est la période de l’année ou wikipedia fait son appel à don pour rester indépendant… 10€ seront les bienvenus… Même 5…)

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Gestion de l’erreur et non compétitivité.

Posted by Phloem sur 5 juillet 2009

Erreur n’est pas faute, tous les inspecteurs de l’Education Nationale et autres didacticiens vous le diront…L’erreur est inévitable dans les apprentissages. En entraînement, elle est particulièrement bénéfique en cela qu’elle permet de réduire les chances qu’elle se reproduise en situation de spectacle.
Mais faire ces constats, n’aide pas vraiment à trouver des solutions pour arriver à la gérer…

Que faire face à quelqu’un qui loupe un exo ?
Dans un contexte de formation où la coopération doit être mise en avant, dans un esprit d’équipe et de plaisir de pratiquer, que faire ?
Comment faire en sorte que l’erreur soit prise en compte sans pour autant instaurer une compétition qui nuirait au groupe ?

Ces derniers mois, j’ai découvert différentes consigne-réactions face à l’erreur dans le cas des exercices en groupe type  » Mot lancé « , en groupe, formant un cercle.

  • La manière qui revient (trop) souvent, c’est  » Tu rates, Tu sors du cercle. »

»>La personne qui aurait le plus besoin de l’exo est la première à s’en retrouver privée et se retrouve mise à l’écart.  Issu du modèle de pédagogie transmissive, ça me parait le top de la compétition…. Faire une erreur est une faute qui entraîne une punition. Vous aurez compris que, même si c’est la première que j’ai découverte, elle ne me convient pas du tout.

  • Avoir, dès le départ, 2 (ou plus) cercles d’exercice qui ont, soit les mêmes consignes, soit des consignes différentes. Passage dans le cercle d’à côté quand on trébuche.

»>Il y a encore exclusion du groupe mais, au moins, dans l’exclusion, l’exercice continue.
En cas d’exercices différents dans les 2 cercles, il faut faire attention alors à avoir des difficultés similaires, sinon un cercle va se vider… Sinon, à vous de trouver 2 consignes sur un même type d’exercice, un cercle étant considéré comme le groupe avancé, et l’autre celui où on se prépare pour être dans l’avancé.
Par exemple faire 3 cercles : 2 Simples, 1 avec un mot lancé en association d’idée et 1 avec un mot lancé en rime. Et 1 Complexe alliant les 2 autres consignes : Mot lancé associé-rimé en même temps ou encore, chacun devant donner 2 mot d’affilé, un associé à celui du joueur précédent puis un rimé avec celui qu’on vient soit même de donner. Redescente dans un des 2 autres cercles en fonction de ce sur quoi on trébuche. On commence à entrer dans la pédagogie différenciée, non?  Ah, oui, ne pas craindre les cercles de 2 ou de 3 personnes seulement, ça fait bosser plus.

  • En cas de non réponse ou de bourde manifeste, le suivant prend le relais naturellement. On insiste sur l’idée que tout continue normalement, inutile de se flageller.

»>Quelqu’un qui a besoin de l’exercice peut se retrouver à passer son tour systématiquement. Mais cela met au centre l’idée que personne n’est infaillible et que la réussite est une réussite de groupe, qu’on peut compter sur les autres. Part du principe que  » marquer le coup  » ne sert à rien et que ce qui compte c’est que le spectacle continue. Contribue particulièrement à faire diminuer la pression  que le-la participant-e se met…
Etonnant de se rendre compte à quel point il est difficile pour certain-e de ne pas montrer de signe d’affliction après une erreur…Question d’éducation ?
NB : Mode de gestion plus facile à mettre en place lorsque l’exercice suit un rythme (dans le cas du mot lancé précisément ou dans d’autres exercices basés sur le fait de compter.)

  • Le-la meneur-neuse désigne, à sa seule et très pointilleuse appréciation, la personne qu’il-le considère comme ne répondant pas adéquatement à la consigne et lui dis   » Tu cours !  » Cette personne fait alors le tour du cercle en courant puis revient à sa place. L’exercice se poursuit pendant ce temps.

»>Mise à l’écart mais retour très rapide dans l’exo. Sanction qui a un poids (c’est casse-pied de tourner en rond, surtout à répétition !!!) relatif mais qui a son utilité technique (ça échauffe de courir.) Et puis, c’est aussi un jeu autour de la faillibilité du formateur car on peut être condamné-e à courir même si l’erreur est discutable. Cela permet aussi de percevoir que l’erreur est toujours discutable…Car en impro, les  » règles  » n’existent que pour qu’on puisse ensuite s’en défaire pour s’adapter à la situation… Et puis, le formateur peut aussi se faire éjecter temporairement lorsqu’il se trompe dans l’exercice, n’est ce pas merveilleux ?

La variante de Keith Johnstone et Patti Stiles, rapportée par Bulle Carrée sur Le Caucus, me parait le degré du dessus puisque le-la meneur-euse ne dis pas  » Tu cours  » mais  » Meurs !  » et  » le-la mort-e  » prend la place du meneur dans le rôle du  » tueur « . ça me parait un cran au dessus dans l’aspect violent que peut avoir le relevé de l’erreur. Je ne suis pas sûr que ça soit utile. L’effet  »  A la fin, un joueur qui se trompe en vient à crier  » Meurs!  » en même temps que le groupe ou même avant.  » se retrouve tout à fait avec  » Tu cours !  » Et ça se passe tout autant dans la bonne humeur.

Je ne pense pas qu’il faille adopter un mode de gestion et le conserver coûte que coûte mais plutôt alterner entre ceux qui collent à votre propre style. Il y en a d’ailleurs sans doute d’autres, que je serai très curieux de découvrir (Mon mail est ouvert !). Alliés à la pratique du feedback en sandwich, ce sont pour moi des moyens de former en minimisant la frustration et en maximisant la bonne humeur.
Car je retiens que, quel que soit le mode de gestion utilisé, la bonne humeur est essentielle !!!
Let’s amuse !

Biblio et bases théoriques:
¤Bulle Carrée sur le Blog  Le Caucus : Le plaisir de se planter
¤Article Erreur de Wikipedia.
¤Astolfi,  » Chercheurs et enseignants: Repères pour enseigner aujourd’hui.  » INRP, 1999
¤Paul-Cavallier, » Jeux de coopération pour le formateur « , Eyrolles, Ed d’Organisation 2008.

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 » C’est du théâtre ça ?  »

Posted by Phloem sur 31 mai 2009

Voici un petit post lié à la pédagogie du théâtre d’impro. Voire à la pédagogie tout cours…
J’ai commencé à donner des cours d’impro il y a quelques années à l’Impropub, très sporadiquement, et cette année, de façon régulière, plus poussée, avec des recherches théoriques. J’ai commencé avec des adultes puis j’ai eu l’opportunité de faire travailler des élèves de collège.
Et si tout s’est assez bien passé dès le départ avec les adultes, il n’en a pas été de même avec les pré-ados…
En effet, plus d’une fois, ils m’ont posé cette question :  » C’est du théâtre ça ?  »
Aargh ! A chaque fois, ça m’énervait au plus haut point. Bien sûr que c’est du théâtre ! Tout ce qu’on fait EST du théâtre. C’est un cours de théâtre !!!!

...par soi-même...
Sauf que ce qu’on faisait ne correspondait pas à l’idée de ce qu’il fallait faire pour progresser.
Vous me direz  » Logique, c’est eux les élèves et c’est toi le prof.  »
Mais en même temps, on ne contraint pas 15 élèves, qui viennent sur leur temps libre prendre des cours supplémentaires. On ne faisait pas de théâtre point.
Donc  ils ne voyaient pas en quoi ce qu’on faisait les concernait…
Et ça, ça signifiait bazar et impossibilité de se faire entendre…
Mais mon énervement était aussi, et surtout, dû à de vieilles réminiscences de mon anciens job… Je vous le donne en mille :Prof ! De Bio…  » C’est de la bio, ça ??? » Je détestais cette question parce qu’elle ça voulait dire que je n’avais pas été clair dans mes explications et que ma démarche étais à côté de la plaque… Et avouons le, les démarches pédagogiques en bio, ça m’a pris 2 ans pour arriver à ne pas y arriver sauf aux prix d’un nombre d’heures disproportionné.
Alors quand  » C’est du théâtre ça ?  » est apparu, forcément, j’ai eu un peu de mal à l’accepter… Allait-il falloir que je concocte des démarches pédagogiques pendant des heures ?
Heureusement, non.
Il a juste fallu que je change de point de vue… Et que je prenne le leur.
Je leur faisais un cours pour adulte… Echauffement général pour un quart/un tier du temps, puis exercice d’échauffement spécifique au thème du jour suivi d’impro avec contrainte imposée.
Ce qui, pour eux, fait la moitié à 2 tiers qui servent à rien, vu que  » c’est que des exercices qui veulent rien dire.  » et que donc, c’est pas du théâtre.
Les pré-ados n’ont quasiment pas de capacité d’anticipation et vivent dans le plaisir immédiat.
Grande nouvelle !
Les pré-ado sont encore des enfants !
Ainsi, ils ne viennent pas dans mon cours pour des exercices d’échauffement.
Ils viennent pour être sur scène.
Pour réussir sur scène.
Et c’est seulement, après quelques impro aux contraintes ciblées, quand ils ont compris qu’ils ont besoin des exo que je leur propose ensuite, qu’ils les font dans la concentration.
2e grande nouvelle ! Ils ont besoin que les choses aient un sens pour les faire !
Dans le genre, je ré-invente le credo de l’IUFM, je crois que j’en tiens une couche. (Ce qui m’a d’ailleurs consterné quelques instants…)
Et les adultes ? Ils peuvent faire des choses insensées ?
Personnellement, j’ai du mal.
Par contre, j’ai une vision à plus long terme et donc je suis capable de faire un exercice pour lui-même car je sais que ça me fait travailler des compétences que je remobiliserai plus tard sur une impro  » en vrai.  »
Je mets du sens là où le formateur n’en met pas forcément.
Mais j’ai besoin de sens.
Comme un élève de 12 ans.
Pendant 2 ans en bio, j’ai su et j’ai essayé d’appliquer ce que je savais.
Et il aura juste fallut 3 semaines d’impro avec eux pour réellement comprendre ce que je savais…

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