La Liasse.

L'archive des billets de l'Improvisiblog s'enrichit une fois par mois.

Archive for the ‘Exercices’ Category

Gagneur : L’ivresse de l’altitude, ivresse des profondeurs. Partie 2

Posted by Phloem sur 25 septembre 2011

Alors donc que faire quand on se sent tout le temps de sauver l’impro, le spectacle, voire sauver tout le monde entier de l’impro?

Considérer que l’autre, QUEL QUE SOIT SON NIVEAU, a sa place en jeu. Intégrer que sa formation, son expérience ne sont, ni meilleures, ni pires, juste différentes. Mettre en valeur ce qui est apporté. Il ne s’agit pas de tolérance mais d’acceptation. Et même d’enthousiasme.

Christophe Tournier parle d’ « Accompagner l’autre ».
Pour entraîner ça, il y a bien sûr l’exercice d’enthousiasme consistant, au cours d’une impro à 2, à recevoir avec une immense émotion positive chacune des propositions faites par l’autre.
Vous pouvez aussi relire l’article sur les règles du service, pour aller plus loin sur la différence entre l’aide et de le sauvetage et les raisons de préférer l’aide.

Il y a, par ailleurs les exercices de groupéité, qui redonnent à la personne un rôle important sans que celui-ci soit rattaché spécifiquement à elle :

-Les délégués : 2 personnes lancent tour à tour des arguments simples dans un débat qui ne l’est pas forcément. (Sujet délicat ou inepte…) A chaque fois, tout le reste du groupe se déplace, physiquement, derrière la personne qui vient de lancer un argument et vient la supporter par tous les moyens possibles.
Veiller à ce que le support ait le temps de se développer et de prendre sa place.
Veiller à ce que le groupe __supporte__ le risposteur et non pas descende l’autre en face.
Et faites passer chaque personne du groupe une fois au moins en riposteur.
On peut ensuite debriefer en faisant exprimer le sentiment de légitimité et de confiance en soi des riposteurs, créé par le groupe derrière.

-Réactions de groupe à 4 : 4 personnes sont assises ou proches physiquement. Une autre, extérieure, leur donne un lieu. Les 4 personnes doivent réagir toutes de manière identique à tout élément qui viendrait modifier le cours de l’histoire (paroles autorisées). Les autres peuvent venir sur scène ou faire des services. C’est aussi un gros exercice d’écoute. Qui permet de se décentrer de sa propre performance.

-Les photos-souvenir, où chacun fait un élément fixe d’un panorama.

-Conversation un mot à la fois : C’est un dialogue entre 2 personnages. Mais chaque personnage est joué par un groupe de quelques personnes. Les phrases des personnages sont construites par les personnes du groupe qui, sans concertation,  ajoutent, tour à tour (ordre défini) un mot à la phrase. Celle qui considère que la phrase est finie mettra sur son mot l’intonation qu’elle considère bonne ( ?- !-.-…). Avant de tenter la conversation, il est possible de commencer par le monologue….

Certains joueurs ne passent jamais par ce stade et c’est tant mieux ! Mais pas mal d’autres y restent un long moment, ce qui n’empêche pas de passer professionnel. Au contraire même… Je pense que ce défaut aurait tendance à pousser à la professionnalisation. Car mal auto-perçu, il peut être considéré comme un signe de professionnalisme…

Bon, et là, c’est pas de pot, si vous êtes effectivement dans un fonctionnement de gagneur, il y a fort à parier que vous considériez que ce message ne vous concerne pas actuellement, ni à aucun moment du passé… Mais après, c’est à vous de gérez la manière de recevoir tout ça :-) Je peux me tromper.

A titre perso, j’ai pas mal évolué sur ce comportement. Mais c’est vrai que dans des moments de fatigue, ça peut  me reprendre… C’est pas encore totalement automatisé…Comme je le dit de temps en temps à mes clients : « J’ai pas dit que c’était facile, j’ai dit que c’était important ! »

Biblio-sitographie:
Mon ami Wiki sur l’analyse transactionnelle
Un blog d’analyse transactionnelle
Tournier, Manuel d’improvisation théatrâle, Editions de l’eau vive, 2003
Cours de C.Baumann et M.Mätzler, de LesArts

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Exercices de prénoms.

Posted by Phloem sur 4 septembre 2011

En ce début d’année, temps d’arrivée de nouveaux-velles adhérent-e-s dans les ateliers, il me parait opportun de rassembler ici quelques exercices ayant les prénoms comme support…

-Le clap prénom.

Les participant-e-s sont en cercle. Il-le-s utilisent leur voix, leur regard et leurs mains. On se « passe » une balle virtuelle. Chacun-e la reçoit puis la transmet. Lorsqu’on la reçoit, on dit une chose, lorsqu’on l’envoie, on dit une autre chose…

Version 1: A réception, on dit le prénom de la personne qui nous l’a envoyée. A l’envoi, on dit son propre prénom.
Version 2: A réception, son propre prénom. A envoi, le prénom de la personne à qui on envoie.
Version 3: A réception, le prénom de la personne qui nous l’a envoyé. A l’envoi, le prénom de la personne, non pas à qui on envoie, mais à laquelle on veut que elle envoie…

La vitesse n’a pas grande importance. Cet exercice étant un des premiers de l’année, éviter de sous-estimer la mémoire de travail que cela suppose. Car il demande aussi de porter son attention sur le fait qu’on articule, qu’on porte suffisamment la voix et qu’on vérifie que l’autre est disponible.  Surtout lors de l’…
Evolution possible à chaque version : Lancer, non plus, un seul fil de clap mais 2, puis 3, 4…

-Le don de prénom.

Toujours en cercle, mais maintenant les participant-e-s sont amené-es à se déplacer. Il-le-s ne sont plus dans le confort d’une place au sein du groupe mais s’en extraient… On se passe toujours la parole mais pour ce faire, on va au centre du cercle. On y reste au moins une à 2 vraies secondes (Evolution possible : On regarde tout le monde à tour de rôle dans les yeux…) puis on s’oriente vers une personne du groupe et on dit, distinctement :

Version 1: son propre prénom.
Version 2: le prénom de la personne vers qui on s’est dirigé-e.
Version 3: le prénom de la personne vers laquelle, on veut qu’elle se dirige.

Evolution possible à chaque version : Lancer, non plus, un seul fil de don de prénom mais 2, puis 3, 4… Attention alors tout particulièrement à la disponibilité de l’autre dans la version 3 car il peut parfaitement il y avoir 2,3 ou 4 personnes qui vont vers la même personne en même temps. Voyez comment les participant-e-s résolvent ce problème. Vont-il-les se décharger et tous-tes donner à leur cible un nouveau prénom, à la cible ensuite de gérer la mémorisation et l’ordre des tâches? Ou vont-il-les faire la queue et attendre chacun-e que leur cible ait terminé sa tache précédente pour lui en donner une autre? Ou vont-il-les laisser le choix du fonctionnement à la cible…? Ou…? Avec l’exploitation éventuelle que vous voulez derrière, suivant votre orientation dans l’impro (Etes-vous plutôt performance ou coopération?)

-Les bonjours émotionnels.

Une bonne manière de commencer une séance sur les émotions et les états internes. Les participant-e-s marchent dans l’espace. Lorsqu’il-le-s se croisent il-le-s se disent « Bonjour + le prénom de la personne d’en face ». Vous proposez régulièrement de changer la manière de dire ce bonjour.
Colérique, avec une sincère bienveillance et peut-être une pause dans la marche, Amoureux, Bonjour d’un dimanche matin, neutre, pressé, haineux, hypocrite, tendre, moqueur, administratif, etc….
Tâchez d’équilibrer les « positifs » et les »négatifs »

-Le loup-prénom

Un exercice qui donne vite chaud… Les participant-e-s courent et doivent échapper à l’un-e d’entre eu-lle-s, le loup.

Version 1: Jeu sans perdant. Quand il touche un mouton, celui-ci devient le loup et le loup redevient un mouton. Pour que la touche soit valable, il faut que le loup donne le prénom du mouton qu’il touche au moment où il le touche.

Version 2: Jeu un peu plus coopératif mais avec perdant. Le loup reste le même tout le long du jeu. Quand il touche un mouton, celui-ci se glace sur place et se tient les jambes écartées. Il est libéré si une personne passe sous ses jambes en disant le prénom du mouton. Le mouton glacé peut attirer l’attention des non-glacés en disant son prénom. Le loup l’emporte si tous les moutons sont glacés.

Version 3: Version de l’épervier, compétitif pour les oisillons, coopératif pour les éperviers. Le groupe de participant-e-s désigne cell-ui qui sera le premier maillon de l’épervier. L’épervier se place au milieu de l’espace (d’une longueur suffisante pour permettre de courir d’un côté à l’autre et d’une largeur suffisante pour pouvoir contourner l’épervier…ça fait grand…) Le groupe se place à un bout du terrain. Dès que le signal est donné, tous-tes les participant-e-s doivent traverser le terrain. Une fois qu’il-les sont élancé-e-s, l’épervier tente d’en attraper. Les personnes prises par l’épervier lors de leur traversée lui donnent la main, formant une chaîne. Cette chaîne est le nouvel épervier. Au début de chaque tour, le maillon le plus ancien énonce le nom de 2 personnes qui seront les cibles privilégiées de l’épervier. Il n’a rien le droit de dire de plus. L’épervier est, en dehors de ça silencieux. S’il rate les 2 cibles ou s’il se sépare en 2, l’épervier perd son maillon le plus ancien, celui-ci (re)devient une proie.
Une autre traversée est alors lancée et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une personne libre. Elle a gagné. (Et on lui remet une médaille en amidon de patate! Bravo!)

-Faire corps.

Les participant-e-s marchent dans l’espace. Le coach donne un ou plusieurs prénoms. Les participant-e-s doivent se regrouper en autant de groupes autour des personnes nommées.

Variante: Proposer un nombre de personnes pour chaque prénom. « Tazio 5! Elizabeth 3! » donnera un groupe de 5 autour de Tadzio et un groupe de 3 autour de Elizabeth. Un brin plus compliqué « Marcel 2! Gudrûn 3! Cindy! » signifiera que toute les personnes en excès devront aller vers Cindy…

-Le Tour de prénom.

Basique et pas forcément des plus efficace mais permettant de travailler la mémoire « sêche » (sans émotion, sans amusement… Version vieille école quoi…). A tour de rôle, chacun dit, dans l’ordre, le prénom de toutes les personnes qui l’on succédé dans le jeu puis termine par le sien. Ce qui donnera
« Mouloud »
« Mouloud-Griselidis »
« Mouloud- Griselidis-Keiko »
etc…
Les premier-e-s ont donc moins de boulot que les dernier-e-s…

Bien sûr, il n’aurait pas beaucoup de sens d’enchaîner ces exercices au cours d’un même atelier. Mais  en avoir un petit panel permet de varier les présentations au cours des 3-4 premières rencontres. Et d’éviter la lassitude que peuvent avoir les gens face à un exercice qui serait trouvé rébarbatif (Genre le Tour de prénom…)

Et puis la présentation de chacun, c’est souvent aussi la toute première impression de votre année de cours. Alors quelle première impression aller vous essayez de donner..?

Je vous ai donné tous les exercices de prénoms auxquels j’ai pensé alors si vous en connaissez d’autres, soyez sympas, partagez! Les commentaires sont faits pour ça

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De l’intérêt de colorer…

Posted by Phloem sur 16 août 2011

Pour commencer cet article, je vais reprendre le début d’un autre, plus ancien, qui traitait de structure du récit.

« Dans exercice appelé « Avance! Colore! », donné par Christophe Tournier et repris de Keith Johnston, une personne conte une histoire selon les indications d’une seconde. Cette seconde a le choix entre « Avance! » et « Colore! » puis dans un second temps « Rappelle! ». « Avance! » et « Rappelle! » enjoignent respectivement à avancer dans l’histoire, dérouler son fil et à réintroduire dans le fil de l’histoire un élément déjà cité auparavant. Johnston utilise les termes « Connect » et « Re-incorporate », que je trouve moins ludiques mais plus signifiants… Colorer par contre, c’est décrire et donner des détails sur la situation en même temps que ça ouvre des pistes. C’est très  » visuel  » comme référence, colorer…On pourrait aussi dire  » Texture ! « ,  » Épaissis ! »,  » Matérialise ! « …
Ces 3 choix, avancer, colorer, ré-incorporer, me semblent les outils de base de la construction d’une histoire. Les leviers à utiliser pour modeler l’histoire. »

Ce billet de blog de Martin Vidberg, BDiste de plus en plus de renom illustre bien l’intérêt de la coloration. Pour économiser de la place et faire en sorte que son histoire tienne en 3 planches, il fait des ellipses en passant sous silence les phases de « coloration ». Et coïncidence étonnante, les planches ne sont pas colorées non plus Noir et blanc strict! Constat :  C’est effectivement drôle. Ne faire que avancer paraît très artificiel et donne donc à sourire car « l’épopée » parait un brin facile. (J’ai un petit faible pour  « J’ai entendu ta plainte jeune aventurier, je vais te former, j’ai été moi-même chevalier de l’ordre blanc. Prend cette épéé. Ainsi s’achève ta formation. » Une phrase  apportant une info constructive par proposition! ça c’est de l’efficacité!)

Cela donne des corollaires :

  • Une manière d’être drôle peut être de ne faire que avancer. C’est d’ailleurs un des ressorts du comique dans la catégorie « Peau de chagrin »/ »Dégressive ».
  • Si vous voulez tenir dans la durée, la coloration est indispensable. Si vous ne faites que avancer, en 3 planches vous avez éclusé un sujet qui pourrait tenir en 30.
  • Et conclusion plus particulière à ce cas précis, sans coloration, de nombreuses histoires « Contes et légendes » semblent des clichés sur patte…

En impro, on parle peu de la coloration, je trouve et, souvent, de « l’avancée »… Construire est une préoccupation largement répandue. Peut-être parce que cela a été très théorisé… Peut-être aussi parce que cela ne vient pas tout seul au début… Autant on peut faire des personnages très typés avec peu d’expérience, autant mener une histoire avec un début, un milieu et une fin cohérentes demande un peu de bouteille.
Et c’est peut-être aussi le piège de la coloration… Ce n’est pas parce que les bases arrivent vite que ça ne demande pas de boulot…

Mais bizarrement, pour la construction, comme pour la coloration, le boulot est le même : Il s’agit d’apprendre à canaliser son flux d’inspiration pour lui donner une cohérence.

Ce qui implique soit, en premier de créer le flux (Travail de la spontanéité), de l’épaissir et d’y faire des choix (Travail de la culture). La version créative de l’apprentissage. Celle de l’impro théatrale bien souvent.
Soit de commencer par faire lentement des choses cohérentes pour automatiser ensuite.  La version réfléchie de l’apprentissage. Celle que je pratique en impro au piano.
La version réfléchie permet de faire des choses léchées. La version créative permet de faire des choses nouvelles.

Il y a sans doute un équilibre à trouver entre les 2.

C’est pour ça que je préconise, de temps en temps, des exercices où un comedien peut « figer » le temps pour prendre le temps de sculpter son intervention à venir, son personnage ou sa phrase… Car l’exercice n’est pas le spectacle, et on peut y prendre son temps.

Voici, dans cette idée, une proposition d’exercice. Faites moi part de vos commentaires à son sujet.

Il s’agit de séparer les rôles de comédien-auteur-metteur en scène habituellement tous tenus par tous les improvisateurs en même temps.
Les comédiens y sont remis à leur seul place de comédiens. Ils jouent ce qu’on leur propose de jouer. A l’instant où ils considèrent qu’ils ont atteint la fin des d’indications, ils se figent. Pour eux, c’est acceptation-jeu d’acteur-cohérence-écoute.
Lorsque les comédiens s’arrêtent, l’auteur, sur le banc explique l’avancée suivante, de manière très généraliste. (« Tu rentres chez toi et trouves ta maison vide. ») Pour lui, c’est construction donc.
Le metteur en scène précise la coloration (Sur le chemin du retour, tu est très joyeux dans la voiture,  mais tu ne dis rien et tu nous laisse le temps de profiter de ton état, tu conduis de manière réaliste, avec des stop, des carrefours, des choix de direction. Tu ne soupçonnes rien. Ta maison est une maison de banlieue, un pavillon comme tous ceux de tes voisins. Et en faite, ta maison est vide dans le sens où tes enfants ne sont pas là alors qu’il devraient. Tu les cherches. La peur monte doucement.) Pour lui c’est coloration, spécificité et cohérence.
Les comédiens jouent la proposition et finissent de rajouter des détails, dans l’espace mince qu’il leur reste, en respectant l’ambiance qui semble avoir été voulu par les 2 directeurs. Ils ne cherchent pas à être originaux ou surprendre, mais plutôt à se mettre sur la ligne qu’on leur a proposé et aller dans ce sens. Jusqu’à ce qu’ils se figent de nouveau.
Prendre son temps au départ puis accélérer un peu après quand le fonctionnement de l’exercice est intégré.
Et bien sûr, s’exercer à tout.
Comme d’habitude

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En jeu!

Posted by Phloem sur 13 février 2011

De temps en temps, je dois annuler un de mes cours…
Et certains de mes élèves ont pris l’habitude de se retrouver quand même et de passer la soirée ensemble. Souvent, il-le-s jouent.
Ils jouent à un jeu qui me semble un bon entraînement à l’impro!!!
Et qui n’a pas besoin de beaucoup de matériel pour être reproduit à peu de frais!
Décidément, il-le-s n’ont que des qualités ces élèves…

A l’heure où la LMI sort le jeu du match d’impro pour jouer au match d’impro à la maison, je vais donc faire un petit post à son opposé : Jouer à des jeux de société en atelier…

La star des jeux chez mes élèves, c’est  Time’s up.

Le principe est simple, ça se passe en 3 manches.
Au début, chacun-e note sur un papier le nom d’une personne fictive ou réelle connue.
On mélange les papiers et on forme des binômes ou des trinômes.
Ensuite, à chaque manche le principe est simple : En une minute, il faut faire deviner à ses partenaire de jeu le maximum de noms de la pile. On a le droit de passer les nom qu’on trouver difficile. Pendant ce temps les autres équipes surveillent la minute qui s’écoule. Ensuite une autre équipe joue. La manche se termine quand tous les noms ont été devinés. Chaque équipe est susceptible de passer plusieurs fois

Lors de la première manche, pour se faire deviner, on a le droit de parler et de faire appel à toutes les ruses de langage (Sauf dire le nom, of course…), les autres ont droit à toutes les réponses qu’il-le-s veulent.
Lors de la deuxième manche, on a le droit de dire un seul mot et les autres n’ont qu’une seule réponse. Attention les autres équipe veillent et font passer lorsque ça rate!
Lors de la 3e manche, rebelote, une seule réponse possible mais là, on mime.

Beaucoup moins facile que ça en a l’air…

Moi, dans la série jeu adaptable en atelier, j’aime beaucoup Tic-Tac-Boummm!

A chaque manche, une personne sort du cercle. Elle se bouche les oreilles. Celle-ci regarde une horloge et décide d’un temps compris entre 5 secondes et une minute. Pendant tout ce temps elle dit Tic-Tac d’une manière un peu sadique. A la fin du temps qu’elle a elle-même déterminé, elle dit fortement  » Boum ! « .

Les autres sont en cercle et se passent un témoin (Une balle par exemple.). Un dé est tiré en début de manche. On ne peut passer le témoin que si on a dit un mot. On dit un mot qui commence (Dé 1 ou 2), contient (Dé 3 ou 4) ou finit (Dé 5 ou 6) par une syllabe piochée (J’en ai préparé une petite cinquantaine, c’est très suffisant !!!) au début de la manche  de jeu. C’est la même syllabe pendant toute la manche, qui peut durer plusieurs tours de cercle.
Le perdant est celui qui a le témoin lors du  » boum « . ça peut-être cette personne qui sort du cercle et fait le décompte. Ou alors, c’est chacun-e son tour.

Avec le même principe de décompte de temps aléatoire et de passage de témoin, il y a Patate Party. Là, il s’agit plus simplement de faire une association d’idée sur le mot donné précédemment.
Le principe du décompte aléatoire par une personne peut être exporté sur plein d’exercices et ajoute un petit enjeu souvent apprécié. ça permet de travailler la « mise sous pression » et le fait de conserver ses moyens malgré elle.

Pour bosser sur le langage, il y a aussi le Taboo. Mais là, il vaut mieux avoir la boîte. Comme pour le Jungle Speed (Super pour la rapidité et l’ écoute. En un mot, pour percuter.)
ça coûte un peu cher mais les 24, 25, 26 décembre, souvent c’est 50% sur tout le rayon jeux et jouet au supermarché. Faut y penser mais quand c’est le moment : Tayaut!

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Les passages de couleurs.

Posted by Phloem sur 15 mars 2010

 » Entre ce que je pense,
ce que je veux dire,
ce que je crois dire,
ce que je dis,
ce que vous voulez entendre,
ce que vous entendez,
ce que vous voulez comprendre,
ce que vous croyez comprendre,
et ce que vous comprenez,
Il y a au moins 9 possibilités de ne pas se comprendre… « 

Il y a quelques semaines, je découvrais sous un angle nouveau l’exercice du passage de couleurs grâce à Maître Baumann (Ai-je déjà dis que les cours de LesArts sont très très très très biens ?)
Cet exercice simple, consiste à faire passer une couleur entre les personnes d’un cercle sans ordre de passage particulier.
Et ces personnes énoncent clairement le nom de la couleur à la fois lorsqu’elles la reçoivent et lorsqu’elles l’envoient.

Cet exercice constitue le résumé métaphorique de la communication entre 2 personnes.
Il y a l’envoi d’information, qui doit être clair et ciblé. Précis.
Il y a la réception de l’information, qui doit être confirmée.

Les 2 volets ont leur importance.
Bien souvent seul l’envoi est considéré comme important.
Cela vient du fait que, souvent, la réception est considérée comme étant de la responsabilité de la personne qui réceptionne…
Oui.
Jusqu’à un certain point.
Si vous vous rappelez l’exercice des bâtons, vous vous souvenez que dans une relation, les responsabilités sont partagées.
Un lancé tout pourri, c’est à coup sûr une réception…euh… pas de réception en fait…Et une couleur perdue dans la nature.
Donc, qu’est-ce qu’un lancé (une émission d’information) de qualité?
Cela se fait lorsque la personne cible est prête à recevoir. Lorsqu’elle vous regarde.
C’est franc et net. La personne, qui lance, envoie à une et une seule personne. Au minimum, elle la regarde. Elle peut ajouter d’autres éléments informatifs pour lui faire comprendre que c’est pour elle. C’est donc un lancé qui prend son temps.
C’est là la mise en exergue d’un paradoxe de l’impro : Il faut se dépêcher de prendre son temps.
Prendre le temps de poser, réunir des conditions, préciser mais lorsque le moment est venu, arrêter de tergiverser et agir.
Andrew Jackson, un président mort des USA et qui a encore sa tête sur les billets de 20 $, disait « Prenez le temps de réfléchir, mais quand vient le moment de passer à l’action, cessez de penser et allez-y! »

Agir avec précision donc.
Pas seulement pour faire quelques choses que le public comprendra et où il ne verra pas d’incohérence. Pas seulement pour lui permettre de croire à ce que vous faites. Mais aussi pour que votre partenaire, qui peut être désavantagé-e du fait de sa position sur scène (Proche de vous, pas en face du tout voire derrière vous….), ne vous réponde pas « Cesse de fourrer ces hamster avec du nutella! » alors que vous étiez en train d’essuyer un verre…
Moins vous donnez d’information, plus elles sont non-spécifiques et plus elles peuvent être interprétées de manières diverses et variées…
Un bruitage, un geste un peu plus juste, ça coûte rien, hein? bon…
Voila pour l’envoi d’information…

Mais pour reprendre l’exemple du hamster-verre, vous avez quand même eu de la chance, la personne en face vous a adressé une confirmation d’information. (Bon, OK, elle confirme quelque chose que vous ne lui avez pas affirmé…). Appelons ça un accusé. Comme à la Poste, il permet de mettre tout le monde d’accord sur ce qui s’est passé. Comme le dit le proverbe « Ce qui va sans dire, va mieux en le disant. »
Et comme pour votre lettre, c’est le cachet de la poste qui fait foi. Pas la date que vous avez inscrit à la main sur le papier qu’il y a dedans : Dans la progression que votre partenaire va apporter au jeu, ce qui vaut c’est l’étiquette que cel-lui-ci met sur votre information. Pas l’idée que vous aviez au sujet de votre propre action… Et oui…Vous n’avez pas été clair-e? Il va falloir jouer avec ce fichu Hamster au nutella… Et dire que vous êtes un-e fervent-e défenseur-e des animaux…Mais au moins, et c’est ça qui compte, vous êtes sur la même longueur d’onde et éviterez plus de confusion. L’accusé cré un point confirmé dans l’histoire.
L’accusé peut prendre des forme diverses lui aussi. Un mot, une phrase, une action reprise. C’est une reformulation.
Il n’est pas nécessaire en permanence. Mais c’est un piton sur votre corde d’escalade. Trop, c’est ennuyeux (Avez vous déjà fait cet exercice pour 2 où, toute les répliques de l’impro doivent être structurées ainsi : « Oui [ Reprise exacte de la proposition que vient de faire votre partenaire] et [Votre proposition]  » ? C’est comme faire des gammes au piano : Formateur mais déplaisant…)  Et pas assez, c’est prendre le risque de tomber de haut au moindre dérapage.
L’accuser, c’est à doser. Mais à intégrer néanmoins.

Le passage de couleurs, c’est une synthèse de tout ça.

Enfin, il y plusieurs niveaux de difficulté en fonction de ce qu’on met en oeuvre comme support.

  • Avec des balles ayant les couleurs qu’on s’envoie. (Balle rouge pour le « Rouge », Verte pour le « Vert »,…)
  • Avec des balles blanches ou unicolores. Toutes les balles physiques ont la même couleur. (Balle blanche pour le « Rouge », le « Vert »,…)
  • Avec des balles mais avec des couleurs dites en contradiction avec la couleur effective. (Balle rouge pour le « Vert », etc…)
  • Sans balle, juste en tapant dans ses mains quand on reçoit et quand on en envoie.

J’en oublie sans doute, des tas de variantes existant déjà.

Et pour augmenter le niveau de difficulté, on augmente le nombre de couleurs en circulation. Le plus grand cap de difficulté étant atteint, de ce point de vue, quand on arrive à avoir un nombre de couleur égal à la moitié du nombre de participant-e-s.

Pool!

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Exercice des zones de sonorisation.

Posted by Phloem sur 28 février 2010

Bon, voilà que j’ai une heure devant moi.
L’occasion de remercier encore David, de Rumilly, Perrine de Passy, Régis et Sonia de Genève pour l’excellent spectacle qu’ils ont donné hier au restaurant  » Le 145  » à Bonneville devant 2 salles pleines. Une belle réussite pour ce 1er Carré d’as.
Si l’envie vous prend de faire en sorte que ce spectacle d’impro se transporte dans votre salle ou près de chez vous, contactez-moi pour que nous en discutions.

Aujourd’hui, un message court pour expliquer un exercice que je n’ai sans doute pas créé mais que j’ai (re ?)découvert au tournant d’un atelier en me trifouillant les méninges pour sortir un exercice sur le début d’impro.

Il reprend la catégorie  »  Zone d’émotion  » du match expérimental.
L’espace scénique est divisé en 3 zones verticales  se répartissant ainsi, de jardin à cours.
1-                Zones de silence absolu.
2-                Zones où toutes les parole et sons sont autorisé-e-s.
3-                Zones où seuls les bruitages le sont.

Les déplacements des personnages doivent être justifiés par le cours de l’impro.

Il n’y a pas d’autres contraintes.
Les comédien-nes commencent leur impro chacun-e d’un côté de la scène.
Il-les sont donc initialement obligé-e de faire passer des info sans dire un mot. Puis à bouger tout en réfléchissant à ces déplacements

Un bon exercice pour les débutant-e-s qui ont trop vite tendance à se réfugier dans le bla-bla de remplissage (Pourtant tellement moins aisé qu’il n’y parait pour être réussi…). Un exercice qui leur laisse quand même de l’espace pour parler au besoin mais qui les oblige à se taire, au moins de temps à autre lors des inévitables déplacements qu’ils feront.

Un bon exercice pour des personnes moins débutantes car cela les pousse en plus à donner du sens à leur mobilité. Cela les conduit à faire de la mise en scène sans y penser. J’ai en tête le cas d’une personne qui, tournant autour de l’autre tout en s’adressant à elle, alternaient les moments de réflexion silencieuse et d’expression de ces pensées par des phrases ou des onomatopés. Très beau.

Ne pas hésiter à restreindre l’espace scénique dans le cas où la contrainte est facilement esquivée…

C’est un exercice que je rapprocherais de  » Touching « , exercice mentionné par Greg Atkins où les comédien-nes ne peuvent parler que lorsqu’ils sont en contact physique. « Touching » c’est plutôt un travail sur la relation entre les personnages. « Zone de sonorisation », untravail sur la relation du-de  la comedien-ne à l’espace

Bibliographie:

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Les massages courts

Posted by Phloem sur 25 janvier 2010

Je peux d’ors et déjà vous prévenir que les semaines à venir vont être rudes pour le blog…
Cours magistraux à l’IFSI, reprises des cours d’impro, spectacle à organiser, lancement du projet de fédé d’impro de haute-savoie , spectacle à écrire-monter et autres responsabilités associatives vont sans doute avoir raison du temps qu’il me restera en dehors des consultations… Aussi, patience, le blog est endormi. C’est un peu ses vacances à lui !

Voici néanmoins le post de cette semaine (Un peu en retard car le coup de bourre à bel et bien commencé…)

Et comme le titre l’indique, c’est un message sur les massages. Spécialement les massages courts.
Qu’est ce que ça à voir avec l’impro… ?

Alors voilà…

Le massage c’est, au minimum, lorsque c’est fait dans un bon esprit, agréable.
De plus, ça a un impact sur la confiance qui s’établit entre les personnes investies dans l’échange tactile. (J’aime bien l’idée qu’un massage c’est un message secret en langage des signes.).
Ça augmente considérablement l’épaisseur du lien et ce d’autant que les 2 personnes sont présentes à elles-mêmes lors de l’échange.
Enfin, ça induit une proximité physique qu’il faut savoir créer pour jouer correctement. Si vous avez lu le post sur les distances proxémiques, vous savez qu’il est difficile, normalement, de s’approcher à moins de 30 cm de quelqu’un…Le massage permet de faire ça en délicatesse.
Donc à la terrible question  » C’est du théâtre ça ? « , je répond trois fois Oui.

Quand ? :

  • En atelier. A l’Impropub, le massage était un rituel de chaque cours, entre l’échauffement et le temps de scène. 20 bonnes minutes au moins. Au point qu’il pouvait être délicat de gérer l’atelier car cela le rallongeait considérablement. Mais par contre, pour un groupe qui se retrouvait parfois à 30 en même temps en cours, il y avait une cohésion extraordinaire. Alors sans aller jusque là, penser à en inclure 10 minutes de temps en temps, ça peut déjà être bien.
  • Avant un match. Pendant un tournoi. Utilisez les temps morts, si nombreux, pour vous approcher un peu des gens. Pour cela et pour que ça ait son sens et son efficacité, il y a quelques règles à respecter :

La première : Proposer un massage si vous le sentez. Si vous êtes vous-même pas au top ou avez la tête ailleurs, laissez ça de côté. Sachez, autrement, utilisez vos propres ressources pour vous rendre disponible. Pour faire un massage, tel que je l’entends ici, il faut être là en entier.

La deuxième : Agir pour la personne que vous massez. Evitez les arrières pensées. Ne le faites pas pour paraître sympa, pour avoir de la reconnaissance, ou juste pour améliorer vos impro… Mais parce que vous savez que ça peut faire du bien dans le moment. Acceptez de prendre du temps entièrement pour l’autre et ayez une intention sincèrement bienveillante. (Quand je vous disais qu’il faut pas se forcer…)

La troisième : Demander  » Tu veux que je te fasse un petit massage ? « . L’acquiescement à cette question est le sésame indispensable. Et ne prenez pas le refus personnellement. La personne a ses excellentes raisons de refuser. Elle ne le fait pas contre vous mais pour elle. Or, c’est justement votre objectif, agir pour elle.

  • Et plus généralement, proposez un massage quand vous le sentez dès lors que vous vous tenez à des règles de respects et de non intrusivité.

Quelques exercices simples :

Ce sont des massages qui, pour le-la receveur-veuse se font assis. Le-la donneur-neuse peut-être assis-e ou debout. En fonction de ce qui est confortable pour lui-elle.

¤La manoeuvre la plus connue, sur la nuque. Poser ses mains, un peu plus haut que sur les épaules de l’autre. Serrez légèrement. Evitez de planter vos doigts. Dans le doute, le simple contact suffit. Agissez plus en  » empalmant  » les muscles.
¤ Avec vos mains posées pareillement, utilisez vos pouces pour masser le haut de la colonne vertébrale, de chaque coté de l’épine dorsale. Possibilité de continuer vers la tête en décollant les paumes. L’insertion de la tête sur la colonne vertébrale (atlas) est un endroit stratégique ! Et d’une manière générale, l’occiput et la base de la tête, jusque derrière les oreilles.
¤Les oreilles peuvent être massées. En saisissant l’oreille en pince (sans serrer trop !!!) entre le pouce et les autres doigts et en roulant entre les doigts puis en allant du haut vers le bas. S’attarder sur le lobe (Attention aux boucles d’oreilles.)
¤Les tempes avec les bouts des doigts à plat.
¤Éventuellement le front en passant à tour de rôle chaque main à plat sur celui-ci, paume et doigts, comme si vous vouliez le lisser dans la longueur.
¤Pour revenir vers le dos, vous pouvez utilisez, pour une fois, le bouts de vos 10 doigts. Ouvrez la main et fichez le bout de vos doigts, répartis sur le cuir chevelu, sur la tête de l’autre. Faites de petits mouvements circulaires. (Rhààà Lovely !)
¤L’épaule peut être légèrement serrée dans la main en déplaçant la main entre chaque serrage.
¤Une manoeuvre réunifiante : Poser ses mains à plat sur le haut de la tête puis descende simultanément de chaque côté ( ! Boucle d’oreilles) puis sur le cou puis les épaules, les bras, les mains en tirant un peu sur les doigts.

Quelques autres conseils :

  • Essayer de conspirer pour vous mettre en synchro. Votre massage n’en sera que plus efficace surtout si vous…
  • …innovez ! Laissez aller votre imagination. Créer. Soyez à l’écoute attentive (d’où la synchro…) de l’autre pour savoir ce qui lui convient. Évitez de vous limitez.
  • Rester en contact avec l’autre. L’autre aura peut-être les yeux fermés. Ne le-la laissez pas seul-e ! Considérez que lâcher le contact sera le signe que le massage est fini. Relier donc vos manoeuvres entre elles. Lorsque vous terminez, prévenez juste par un petit  » Voilà  » sobre.

Biblio et bases théoriques:

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Gestion de l’erreur et non compétitivité.

Posted by Phloem sur 5 juillet 2009

Erreur n’est pas faute, tous les inspecteurs de l’Education Nationale et autres didacticiens vous le diront…L’erreur est inévitable dans les apprentissages. En entraînement, elle est particulièrement bénéfique en cela qu’elle permet de réduire les chances qu’elle se reproduise en situation de spectacle.
Mais faire ces constats, n’aide pas vraiment à trouver des solutions pour arriver à la gérer…

Que faire face à quelqu’un qui loupe un exo ?
Dans un contexte de formation où la coopération doit être mise en avant, dans un esprit d’équipe et de plaisir de pratiquer, que faire ?
Comment faire en sorte que l’erreur soit prise en compte sans pour autant instaurer une compétition qui nuirait au groupe ?

Ces derniers mois, j’ai découvert différentes consigne-réactions face à l’erreur dans le cas des exercices en groupe type  » Mot lancé « , en groupe, formant un cercle.

  • La manière qui revient (trop) souvent, c’est  » Tu rates, Tu sors du cercle. »

»>La personne qui aurait le plus besoin de l’exo est la première à s’en retrouver privée et se retrouve mise à l’écart.  Issu du modèle de pédagogie transmissive, ça me parait le top de la compétition…. Faire une erreur est une faute qui entraîne une punition. Vous aurez compris que, même si c’est la première que j’ai découverte, elle ne me convient pas du tout.

  • Avoir, dès le départ, 2 (ou plus) cercles d’exercice qui ont, soit les mêmes consignes, soit des consignes différentes. Passage dans le cercle d’à côté quand on trébuche.

»>Il y a encore exclusion du groupe mais, au moins, dans l’exclusion, l’exercice continue.
En cas d’exercices différents dans les 2 cercles, il faut faire attention alors à avoir des difficultés similaires, sinon un cercle va se vider… Sinon, à vous de trouver 2 consignes sur un même type d’exercice, un cercle étant considéré comme le groupe avancé, et l’autre celui où on se prépare pour être dans l’avancé.
Par exemple faire 3 cercles : 2 Simples, 1 avec un mot lancé en association d’idée et 1 avec un mot lancé en rime. Et 1 Complexe alliant les 2 autres consignes : Mot lancé associé-rimé en même temps ou encore, chacun devant donner 2 mot d’affilé, un associé à celui du joueur précédent puis un rimé avec celui qu’on vient soit même de donner. Redescente dans un des 2 autres cercles en fonction de ce sur quoi on trébuche. On commence à entrer dans la pédagogie différenciée, non?  Ah, oui, ne pas craindre les cercles de 2 ou de 3 personnes seulement, ça fait bosser plus.

  • En cas de non réponse ou de bourde manifeste, le suivant prend le relais naturellement. On insiste sur l’idée que tout continue normalement, inutile de se flageller.

»>Quelqu’un qui a besoin de l’exercice peut se retrouver à passer son tour systématiquement. Mais cela met au centre l’idée que personne n’est infaillible et que la réussite est une réussite de groupe, qu’on peut compter sur les autres. Part du principe que  » marquer le coup  » ne sert à rien et que ce qui compte c’est que le spectacle continue. Contribue particulièrement à faire diminuer la pression  que le-la participant-e se met…
Etonnant de se rendre compte à quel point il est difficile pour certain-e de ne pas montrer de signe d’affliction après une erreur…Question d’éducation ?
NB : Mode de gestion plus facile à mettre en place lorsque l’exercice suit un rythme (dans le cas du mot lancé précisément ou dans d’autres exercices basés sur le fait de compter.)

  • Le-la meneur-neuse désigne, à sa seule et très pointilleuse appréciation, la personne qu’il-le considère comme ne répondant pas adéquatement à la consigne et lui dis   » Tu cours !  » Cette personne fait alors le tour du cercle en courant puis revient à sa place. L’exercice se poursuit pendant ce temps.

»>Mise à l’écart mais retour très rapide dans l’exo. Sanction qui a un poids (c’est casse-pied de tourner en rond, surtout à répétition !!!) relatif mais qui a son utilité technique (ça échauffe de courir.) Et puis, c’est aussi un jeu autour de la faillibilité du formateur car on peut être condamné-e à courir même si l’erreur est discutable. Cela permet aussi de percevoir que l’erreur est toujours discutable…Car en impro, les  » règles  » n’existent que pour qu’on puisse ensuite s’en défaire pour s’adapter à la situation… Et puis, le formateur peut aussi se faire éjecter temporairement lorsqu’il se trompe dans l’exercice, n’est ce pas merveilleux ?

La variante de Keith Johnstone et Patti Stiles, rapportée par Bulle Carrée sur Le Caucus, me parait le degré du dessus puisque le-la meneur-euse ne dis pas  » Tu cours  » mais  » Meurs !  » et  » le-la mort-e  » prend la place du meneur dans le rôle du  » tueur « . ça me parait un cran au dessus dans l’aspect violent que peut avoir le relevé de l’erreur. Je ne suis pas sûr que ça soit utile. L’effet  »  A la fin, un joueur qui se trompe en vient à crier  » Meurs!  » en même temps que le groupe ou même avant.  » se retrouve tout à fait avec  » Tu cours !  » Et ça se passe tout autant dans la bonne humeur.

Je ne pense pas qu’il faille adopter un mode de gestion et le conserver coûte que coûte mais plutôt alterner entre ceux qui collent à votre propre style. Il y en a d’ailleurs sans doute d’autres, que je serai très curieux de découvrir (Mon mail est ouvert !). Alliés à la pratique du feedback en sandwich, ce sont pour moi des moyens de former en minimisant la frustration et en maximisant la bonne humeur.
Car je retiens que, quel que soit le mode de gestion utilisé, la bonne humeur est essentielle !!!
Let’s amuse !

Biblio et bases théoriques:
¤Bulle Carrée sur le Blog  Le Caucus : Le plaisir de se planter
¤Article Erreur de Wikipedia.
¤Astolfi,  » Chercheurs et enseignants: Repères pour enseigner aujourd’hui.  » INRP, 1999
¤Paul-Cavallier, » Jeux de coopération pour le formateur « , Eyrolles, Ed d’Organisation 2008.

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La rupture, vue par la PNL et les violations du méta-modèles

Posted by Phloem sur 14 juin 2009

Il y a bientôt 2 mois maintenant, j’ai recommencé à prendre des cours d’impro. Je me suis inscrit aux cours de LesArts. C’est ce que j’avais en projet en reprenant l’impro en septembre, hélas tous les cours qu’ils proposaient étaient complets… Ce qui,  de péripéties en péripéties à abouti à mon adhésion à l’équipe de Cluses, aux cours que je dispense ça et là et, in fine, à ce site internet. Comme quoi, un refus peut aussi être un moteur. Mais ce n’est pas l’objet de mon post du jour…
Je suis inscrit à un cours débutant. (Ce que je trouve tout à fait intéressant à plus d’un titre et je conseillerai volontiers d’en faire autant à quelques improvisateur-trices expérimenté-e-s… ). Et il se trouve qu’il y a quelques temps, nous avons travaillé la rupture.
La rupture, comme son nom l’indique est une cassure au cours de l’histoire, un tournant, en forme de point de crise, qui va occasionner un développement. Développement qui suscitera l’intérêt du public. La rupture est en quelque sorte un virage dans l’histoire, au même titre qu’un piton qu’on fixe en escalade après avoir fait un bout de chemin et qui permet de continuer encore un peu.

Lors de ce cours, 2 modes de ruptures ont été présentés et travaillés.

  • La maximisation : Prendre n’importe quel événement insignifiant de l’impro et lui en donner un au cours d’une réaction physique ou émotionnelle extrême.

Ex : Elle arrive avec un sac à main. Il est pris d’une peur terrible face à cet objet inconnu.

  • La minimisation : Rester sans réaction notable face à un fait qui pourrait être communément considéré comme sidérant.

Ex : Elle arrive avec un sac à main en crocodile, avec pattes, dents et agressivité et lui, le décale gentiment pour éviter d’être mordu comme c’est arrivé la semaine dernière avec son manteau en tigre.

Les terme minimisation et maximisation n’ont pas tilté tout de suite dans mon esprit mais ce sont 2 des erreurs logiques (aussi connues sous le nom de violations du méta-modèle, pour les puristes…) qu’on trouve, en PNL, à l’origine des liens erronés aboutissant à la mise en place de croyances limitantes.
Or, une erreur logique, voilà qui crée une rupture dans le cours attendu d’une histoire…

En voici donc d’autres, avec ce que cela pourrait donner en impro…

  • La surgénéralistation : Faire une généralisation qui teinte un ensemble d’évènement.

Ex : Elle arrive avec un sac à main. Et comme c’est la seule femme qu’il connaît, il en déduit que toutes les femmes portent un sac à main. (Ce qui ne porte pas un sac à main n’est donc pas une femme.)

  • L’inférence arbitraire : Trouver une cause cachée et hasardeuse à un évènement.

Ex : Elle arrive avec un sac à main. Il pense que pour se conduire ainsi elle a dû développer une grave dépendance vis-à-vis des sacs à main.
Ou, pour reprendre la croyance née du cas présenté pour la surgénéralisation, si, plus tard, elles arrive sans son sac à main, il en déduit qu’elle a changé de sexe.

  • L’abstraction sélective : Retenir seulement les faits qui nous  » conviennent « .

Ex : Elle arrive avec un sac à main, particulièrement élégante. Il retient que les chaussures et le sac à main ne sont pas coordonnés et lui fait remarquer qu’elle ne fait guère de progrès dans sa tenue.

  • Le raisonnement en tout ou rien : Considérer que les intermédiaires n’existent pas et que la situation est binaire.

Ex : Elle arrive avec un sac à main, particulièrement élégante. Il note que les chaussures et le sac à main ne sont pas coordonnés et en déduit que c’est une souillon désargentée sans éducation.

  • La personnalisation : Prendre tout pour soi.

Ex : Elle arrive avec un sac à main. Il le trouve beau et  prend ça comme un  silencieux  commentaire désobligeant concernant son propre sac.

Les erreurs logiques sont des mécanismes mis en route dès le plus jeune age pour donner un sens au monde qui nous entoure. Donner du sens en rapprochant des évènements sans lien préalables, ça se rapproche de la Construction, non ?
En effet, ces erreurs logiques vont créer des contraintes et donc des situations auxquelles il va falloir trouve des solutions. Si on était en thérapie, on tacherait de remonter à l’erreur logique pour la dénouer et ainsi supprimer la contrainte. Mais comme on est en impro, on se garde bien de le faire !  » Contraintes amenant une recherche de solution(s) « , ça correspond assez la définition d’un moteur. Et rétablir la logique, ça ressemblerait alors à un refus…

Un bon gros moteur me semble néanmoins constitué de plusieurs erreur logiques d’affilés.
Ex : Elle arrive avec un sac à main, particulièrement élégante. Il voit qu’aujourd’hui, elle a mis son tailleur vert (abstraction sélective), comme le jour de leur rencontre, elle a donc sans doute rencontré un nouvel amant (inférence arbitraire.). C’est donc que lui ne sait plus la satisfaire (personnalisation.) ‘ Sans autre raison que ce tailleur vert, il va tout faire pour lui plaire en cherchant à démasquer un amant potentiel. Bienvenue dans une bonne base de vaudeville…

Bon, c’est bien beau tout ça mais comment faire pour s’entraîner à utiliser tout ça… ?
Et bien ça passe par la mise en situation…

A) Par groupe de 2, sur le mode du conte à 2 voix, une personne fait un début d’histoire, le plus descriptif possible et s’arrête après 2-3 phrases maximum. L’autre personne fait la suite en introduisant une rupture selon un mode préalablement choisi.

B) Même exercice mais en impro préparée à 2.
Imposer un type de rupture que tous les groupes devront introduire dans leur impro. Faire réfléchir tout le groupe en même temps pendant 1 à 2 minutes puis faire passez tous les binômes les uns après les autres. Dans la préparation, déterminer les perso, leur relation, le lieu et le point de rupture. La durée n’est pas imposée mais laisser le temps d’installer la scène, la rupture et l’avancée dans l’histoire que la rupture doit induire.

C) En guise de prolongation, vous pouvez faire travailler à 3. 1 personne est mise à l’écart. Les 2 autres préparent une impro comme précédemment puis déterminent le type de rupture qu’elles choisissent et comment elle prendra forme. La n°1 revient, les 2 autres la préviennent des perso, leur relation et du lieu mais c’est tout. L’impro se joue et la personne 1 a pour consigne de seulement jouer et intégrer ce qui est fait.

Un autre intérêt à la chose…
Là où je trouve un intérêt tout particulier à ces liens entre moteur et erreur logique, c’est que ça donne une explication au rire du public…
En thérapie, le rire est un effet du changement d’angle de vue par introduction d’éléments nouveaux, montrant que le cadre de référence peut être interprété différemment.
En quelques sorte  » Pendant que notre schéma de croyances se réorganise : Rions ! ça passera mieux !  »
ça tient assez bien la comparaison avec ce qu’il se passe sur scène. Un ensemble cohérent de règles régissant l’univers joué est progressivement mis en place et à chacun des évènements  dénotant d’une règle, il y a rire car ces règles diffèrent de celles communément admises. Et plus tard, si on déroge à ces  » nouvelles  » règles en se rapprochant de celles communément admises, il y aura aussi rire car les personnages n’auront, eux, pas la réaction que le public attend. Pour le public, la situation se rapproche de la normale alors que pour les personnages elle sort des règles premières…
Donc, une piste pour être drôle, c’est d’outrepasser les règles habituelles en en posant d’autres, à outrepasser en leur temps.
So…Break the rules !

Biblio et bases théoriques:

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L’échauffement solitaire…(Rien d’interdit par l’Eglise.)

Posted by Phloem sur 29 mai 2009

Idéalement, l’échauffement, se fait en groupe, avec tous les participant-e-s du spectacle… Mais pour un tas de raisons, vous pouvez être amené-e-s à prendre l’initiative de vous échauffer seul-e-s.(Arbitre qui oublie son rôle de contrôle qualité du spectacle, Coach aux fraises qui assume pas son rôle de manager, équipe en retard ou qui n’a pas envie de s’échauffer, ou encore, parfois, sur des spectacles d’impro autres que les match …)

Voici donc quelques pistes d’exercices d’échauffement solitaire. Et comme vous le percevrez sans doute, ça ressemble plus à un échauffement de comédien-ne qu’à un échauffement d’improvisateur-trice. C’est donc assez générique et passe partout. Ça peut même être fait en groupe.

Pour la concentration vous pouvez :

-Fermer les yeux un instant en respirant largement. L’Inspir par le nez, l’expir par la bouche. Avec possibilité de compter. Vous pouvez même envisager de compter le temps où vous êtes « à plein » ainsi que celui où vous êtes « à vide. ». Perso, j’aime bien le « comptage carré ». 4 temps sur l’inspir, 4 temps sur le plein, 4 sur l’expir et 4 sur le vide. J’aime bien la sensation lors du vide. Sans doute parce que c’est sur le vide que les muscles respiratoires sont détendus…

Pour la voix :

-Concernant la phonation,  chanter doucement bouche fermée sur « mmm » ou « nnn ».  A faible intensité au départ, en variant la hauteur du son, faire des « montée descente » de l’aigüe au grave et vice-versa. Augmenter peu à peu l’intensité, sans forcer.

Peut se faire bouche ouverte sur des voyelles pour commencer à échauffer le visage et l’articulation.

-Et spécialement pour l’articulation, quelques virelangues pour poursuivre. Vous en trouverez quelques-uns ici. Variez, en exagérant le trait.

Pour le corps :

-Exercer les articulations en faisant des mouvements naturels. Suivez « un plan de vol ». Par exemple, commencer aux orteils puis remonter articulation par articulation jusqu’au bout des doigts et à la tête. Une dizaine de mouvements par articulation c’est un bon début. Cette partie, normalement, fait particulièrement monter la température…

-Des automassages. Je vais faire un article spécialement là-dessus bientôt… Patience  :-)

Pour que le hamster du grenier tourne plus vite dans sa roue :

-« 1-2-3-4 »  aussi connu sous le nom de Montée-Descente.

Il s’agit de répéter de plus en plus vite « 1-2-3-4 » Mais après deux fois, on remplace le 1 par un clap des 2 mains. Encore 2 fois plus loin, on conserve le clap à la place du 1 mais on remplace aussi le 2 par une tape des 2 mains sur le torse. 2 tournées à ce régime et on remplace le 3 par une tape simultanée sur chacune des cuisses. Et pour remplacer le 4, on lève une jambe pour taper la cheville. Après un moment,(10 tournée exactement…) on ne dit plus rien et on ne fais que les gestes : Clap-Torse-Cuisses-Cheville. C’était la descente. On continue en rebroussant chemin toute les 2 tournées. On recommence par dire 4 sans le geste de cheville, puis 3, puis 2 puis 1, jusqu’à retomber sur la série de départ. Et on peut continuer comme ça aussi longtemps qu’on veut en accélérant.

-Prendre une phrase banale et la dire en jouant des émotions différentes. Aller chercher des émotions/états internes un peu atypiques. (La soumission, la malice, la suspicion…)

Et pour la confiance, la détente et le hamster, je suggère une petite auto-hypnose simple où il s’agira de sentir successivement les qualités que vous souhaiter particulièrement avoir au cours du spectacle, entrer dans votre corps. Pour moi, ce sont des brumes de couleurs avec différentes textures que j’inspire lors de la respiration et qui envahissent chacun de mes recoins. Vous pouvez aussi imaginer que vous vous connectez aux pensées de vos improvisateurs-trices préféré-e-s/mentors/modèles. Et pour terminer, pour vous donnez la pêche, voyez vous en train d’accélérer, imaginez que vous prenez de la vitesse, en plus encore et plus encore et plus encore. Tout ça peut se faire en musique. Pour la phase d’accélération, je vous suggère Deep channel de Afro Celt Sound system. Accrochez votre rythme à la musique et  laissez vous accélérer sans vous en faire…

Et bon spectacle!

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