La Liasse.

L'archive des billets de l'Improvisiblog s'enrichit une fois par mois.

Archive for the ‘Atelier’ Category

Pour mieux-être, arrêtez d’être tout en même temps…

Posted by Phloem sur 7 septembre 2014

Lorsque l’on aborde la question du conte, je donne du texte à apprendre. Et c’est une remarque que l’on me fait à chaque fois : « Mais je croyais que c’était de l’impro! »
Au début je grommelais un peu sans plus me justifier. Maintenant cela me permet d’aborder une explication technique…
Je donne du texte à apprendre parce que c’est le meilleur moyen de travailler les compétences de conteur/conteuse.
En fait, un improvisateur est à la fois un auteur comédien qui met en scène immédiatement ses propres idées.
Cela fait 3 métiers en un.
3 vrais métiers.
Or la plupart du temps en impro, on tâche de toutes les travailler en même temps.
On utilise des astuces et des recettes supposément efficaces pour être au four et au moulin. Mais incarner un conteur demande, selon moi, un apprentissage fin, qui ne peut pas se satisfaire du fait que l’on soit focalisé sur la production cohérente du texte. Donner du texte, c’est décharger de la fonction d’auteur. Cela permet de conserver toute son énergie sur les compétences de comédien et de metteur en scène.  Je pense que cela est important pour intégrer les compétences d’acteur. (Sinon, ça ne serait pas un métier, non?) Apprendre à vivre plutôt que jouer, utiliser un sous-texte, utiliser tout son corps, donner dans l’hallucinose, cela demande des ressources qu’il faut parfois dégager pour s’entraîner séparément.
Donc un peu de texte de temps en temps, c’est utile pour mieux s’en passer plus tard.

Cette séparation des rôles est mise en exergue dans un format de spectacle qui me plait bien qui s’appelle un Battle de Metteurs en Scène. 3 ou 4 metteurs en scène disposent d’un pool de comédien-nes improvisateurs-trices qui répondent à toutes leurs demande en temps réel. Chaque metteur en scène met, en direct, en scène une impro en donnant des indications à voix haute, comme le faisait parfois Kantor. Après que tous soient passés, le départage (dont on se fiche un peu…) se fait à l’applaudimètre puis on refait un tour. Chaque metteur en scène dispose d’un total de 20 ou 30 minutes qu’il doit répartir comme il le souhaite dans chacune des 3 impros (pour 3 rounds). Les impro y sont très particulières. Elles ont une cohérence d’ensemble et défendent un vision. Dans ce format, on peut se permettre de prendre des partis impossibles autrement. Le concept est, en soi, un très bon exercice. Je l’utilise avec mes élèves les plus chevronnés. Il leur permet d’apprendre à voir la scène dans son ensemble, de comprendre l’intérêt de travailler l’impro à objectifs et bien sûr de « travailler leur metteur en scène. »

Pour finir cette séparation des rôles m’a permis de prendre un peu de recul sur cette expression que l’on utilise fréquemment « Devenez acteur de votre vie ».
Je pense maintenant que cette injonction, qui me paraissait un but assez noble, est un piège.
ça a l’air splendide et plein de potentiel mais c’est une forfaiture.
L’acteur dit le texte qu’on a écrit pour lui et le fait de la manière qu’on lui a dicté.
Si vous voulez prendre votre vie en main, il me parait judicieux de viser AUSSI les postes d’auteur et de metteur en scène.
Sinon, même si vous jouez bien, vous n’êtes qu’un pantin.
Donc devenez auteur de votre vie.
Devenez son metteur en scène.
En enfin, vous jouerez.
(3 lignes à lire et relire en écoutant une musique de fin lénifiante, genre ça. C’est bien ça puis aller conquérir le Monde, mais mettre des moufles d’abord car il fait un peu froid dehors.)

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L’impro, ça dépote… Alors des fois, on rempote !

Posted by Phloem sur 9 juin 2012

Aujourd’hui, un message particulièrement destiné aux personnes qui suivent des ateliers d’impro… Dédié à Sabine, Annette, Sandrine, Fabien, Mélanie, Laure et tous les autres… Je ne sais pas si j’en ai déjà parlé… Peut-être que ce sera une redite… Mais dans tous les cas, c’est de saison…  Car vient un moment où cela arrive. Sauf aux plus malchanceux qui décéderont avant. (Ceux qui arrêtent ne comptent pas. )

Le TERRIBLE changement d’équipe, le changement de groupe, le changement de formateur…

Un truc qui fait peur à plus d’un-e…

ça se comprend…

Car, en atelier, on partage des moments forts, on se dévoile, on se montre sous tous ses jours. Pas tout le temps, parfois, par bribes, on se découvre mutuellement. En jouant ses masques, on apprend à les laisser tomber.  ça sent la Nature… Et c’est vécu comme une prise de risque.

Alors forcément, les gens avec lesquels on fait ça, prennent une teinte particulière. Amitié, camaraderie, bienveillance, un peu tout ça à la fois.  Et quand on a trouvé des personnes qui composent le bon climat pour qu’on se sente de le faire, difficile d’envisager le changement.

On imagine qu’on ne retrouvera jamais rien de pareil. Que les autres équipes sont forcément moins bien. Et puis que ces équipes se connaissent déjà…alors s’intégrer…pfff…

C’est en partie vrai…

C’est un peu comme un lierre qui pousse sur un tuteur. Il prend la forme du tuteur. Et quand on change le tuteur, l’adaptation n’est pas une chose facile.

Mais c’est sans compter sur le jardinier…

Ouaip, normalement, dans votre nouvelle troupe, il y aura un formateur ou une formatrice…

Et une personne qui se donne cette étiquette, doit, selon moi, savoir gérer un groupe. Ce qui inclus gérer leur intégration et la transformation du groupe suite à cette intégration.

En imagée, si le jardinier est bon, le lierre va déformer le nouveau tuteur.

Pas trop non plus. Juste ce qu’il faut.

Vous ne vous sentirez pas à la maison mais il vous paraîtra possible d’y élire domicile.

Ne vous attendez pas non plus à ne fournir aucun boulot. Et ouais… Mais, par contre, si votre objectif n’est pas seulement de vous amuser mais aussi de devenir un peu meilleurs en impro, attendez vous à être récompensé-e-s…

Parce que sous les appellations très génériques de « théâtre d’impro », d’ « impro » ou d’ « improvisation théâtrale. », et j’en passe, se cachent des conceptions très différentes…

Pour vous en convaincre, je peux vous proposer de consulter cette illustration, sur le site de Christophe Tournier. Chaque cadre représente une facette, significativement différente des autres, de l’impro.
Et je ne parle même pas des différences de conceptions entre les formateurs-trices… A titre perso, j’aime plutôt la rencontre, la coopération, la bienveillance, l’humour, les actions de groupe, les catégories « théâtrales », les personnages typés, la beauté visuelle… D’autres apprécieront, pêle-mêle  le défi personnel,  le dynamisme soutenu, le bon mot,  la compétition, l’expression de soi, l’interiorité, les catégories « performance »,…

Alors, si vous voulez explorer largement et découvrir des horizons qui peuvent vous plaire, le changement de groupe est une chose super. A condition de le faire avec le bon état d’esprit…

Le contre exemple parfait fut mon premier changement de troupe… Difficile. J’étais persuadé que la vision de l’impro que j’avais était « LA » bonne. Et du coup, non seulement je n’ai pas profité pleinement de ce que cette troupe pouvait m’apprendre mais, dans l’autre sens, ma position de supériorité rendait ce que je pouvais avoir à dire repoussant… Mon deuxième changement de troupe ne fut guère mieux…  Ouaip, il m’aura fallut 3 troupes pour comprendre un truc tout bête..

La nécessité d’arriver en position basse.
Arriver sans certitude de ce que « doit » être l’Impro ou pas.
Pour arriver avec les écoutilles ouvertes à fond et avoir la possibilité d’enrichir votre cocktail.
Alerte. Sans peur ni a priori.
Pour rencontrer des gens supers, il faut quitter des gens supers…
Changer sans pleurer sur ce qui n’est plus mais sourire de ce qui a été.
Sourire et dire oui à ce qui vient.

Pour finalement vivre son changement de groupe comme une belle nouvelle impro.

(Une petite photo prise à Grenoble peu après mon 1er changement de troupe :-) Quand j’y pense, c’est étonnant…)

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Gagneur : L’ivresse de l’altitude, ivresse des profondeurs. Partie 2

Posted by Phloem sur 25 septembre 2011

Alors donc que faire quand on se sent tout le temps de sauver l’impro, le spectacle, voire sauver tout le monde entier de l’impro?

Considérer que l’autre, QUEL QUE SOIT SON NIVEAU, a sa place en jeu. Intégrer que sa formation, son expérience ne sont, ni meilleures, ni pires, juste différentes. Mettre en valeur ce qui est apporté. Il ne s’agit pas de tolérance mais d’acceptation. Et même d’enthousiasme.

Christophe Tournier parle d’ « Accompagner l’autre ».
Pour entraîner ça, il y a bien sûr l’exercice d’enthousiasme consistant, au cours d’une impro à 2, à recevoir avec une immense émotion positive chacune des propositions faites par l’autre.
Vous pouvez aussi relire l’article sur les règles du service, pour aller plus loin sur la différence entre l’aide et de le sauvetage et les raisons de préférer l’aide.

Il y a, par ailleurs les exercices de groupéité, qui redonnent à la personne un rôle important sans que celui-ci soit rattaché spécifiquement à elle :

-Les délégués : 2 personnes lancent tour à tour des arguments simples dans un débat qui ne l’est pas forcément. (Sujet délicat ou inepte…) A chaque fois, tout le reste du groupe se déplace, physiquement, derrière la personne qui vient de lancer un argument et vient la supporter par tous les moyens possibles.
Veiller à ce que le support ait le temps de se développer et de prendre sa place.
Veiller à ce que le groupe __supporte__ le risposteur et non pas descende l’autre en face.
Et faites passer chaque personne du groupe une fois au moins en riposteur.
On peut ensuite debriefer en faisant exprimer le sentiment de légitimité et de confiance en soi des riposteurs, créé par le groupe derrière.

-Réactions de groupe à 4 : 4 personnes sont assises ou proches physiquement. Une autre, extérieure, leur donne un lieu. Les 4 personnes doivent réagir toutes de manière identique à tout élément qui viendrait modifier le cours de l’histoire (paroles autorisées). Les autres peuvent venir sur scène ou faire des services. C’est aussi un gros exercice d’écoute. Qui permet de se décentrer de sa propre performance.

-Les photos-souvenir, où chacun fait un élément fixe d’un panorama.

-Conversation un mot à la fois : C’est un dialogue entre 2 personnages. Mais chaque personnage est joué par un groupe de quelques personnes. Les phrases des personnages sont construites par les personnes du groupe qui, sans concertation,  ajoutent, tour à tour (ordre défini) un mot à la phrase. Celle qui considère que la phrase est finie mettra sur son mot l’intonation qu’elle considère bonne ( ?- !-.-…). Avant de tenter la conversation, il est possible de commencer par le monologue….

Certains joueurs ne passent jamais par ce stade et c’est tant mieux ! Mais pas mal d’autres y restent un long moment, ce qui n’empêche pas de passer professionnel. Au contraire même… Je pense que ce défaut aurait tendance à pousser à la professionnalisation. Car mal auto-perçu, il peut être considéré comme un signe de professionnalisme…

Bon, et là, c’est pas de pot, si vous êtes effectivement dans un fonctionnement de gagneur, il y a fort à parier que vous considériez que ce message ne vous concerne pas actuellement, ni à aucun moment du passé… Mais après, c’est à vous de gérez la manière de recevoir tout ça :-) Je peux me tromper.

A titre perso, j’ai pas mal évolué sur ce comportement. Mais c’est vrai que dans des moments de fatigue, ça peut  me reprendre… C’est pas encore totalement automatisé…Comme je le dit de temps en temps à mes clients : « J’ai pas dit que c’était facile, j’ai dit que c’était important ! »

Biblio-sitographie:
Mon ami Wiki sur l’analyse transactionnelle
Un blog d’analyse transactionnelle
Tournier, Manuel d’improvisation théatrâle, Editions de l’eau vive, 2003
Cours de C.Baumann et M.Mätzler, de LesArts

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Exercices de prénoms.

Posted by Phloem sur 4 septembre 2011

En ce début d’année, temps d’arrivée de nouveaux-velles adhérent-e-s dans les ateliers, il me parait opportun de rassembler ici quelques exercices ayant les prénoms comme support…

-Le clap prénom.

Les participant-e-s sont en cercle. Il-le-s utilisent leur voix, leur regard et leurs mains. On se « passe » une balle virtuelle. Chacun-e la reçoit puis la transmet. Lorsqu’on la reçoit, on dit une chose, lorsqu’on l’envoie, on dit une autre chose…

Version 1: A réception, on dit le prénom de la personne qui nous l’a envoyée. A l’envoi, on dit son propre prénom.
Version 2: A réception, son propre prénom. A envoi, le prénom de la personne à qui on envoie.
Version 3: A réception, le prénom de la personne qui nous l’a envoyé. A l’envoi, le prénom de la personne, non pas à qui on envoie, mais à laquelle on veut que elle envoie…

La vitesse n’a pas grande importance. Cet exercice étant un des premiers de l’année, éviter de sous-estimer la mémoire de travail que cela suppose. Car il demande aussi de porter son attention sur le fait qu’on articule, qu’on porte suffisamment la voix et qu’on vérifie que l’autre est disponible.  Surtout lors de l’…
Evolution possible à chaque version : Lancer, non plus, un seul fil de clap mais 2, puis 3, 4…

-Le don de prénom.

Toujours en cercle, mais maintenant les participant-e-s sont amené-es à se déplacer. Il-le-s ne sont plus dans le confort d’une place au sein du groupe mais s’en extraient… On se passe toujours la parole mais pour ce faire, on va au centre du cercle. On y reste au moins une à 2 vraies secondes (Evolution possible : On regarde tout le monde à tour de rôle dans les yeux…) puis on s’oriente vers une personne du groupe et on dit, distinctement :

Version 1: son propre prénom.
Version 2: le prénom de la personne vers qui on s’est dirigé-e.
Version 3: le prénom de la personne vers laquelle, on veut qu’elle se dirige.

Evolution possible à chaque version : Lancer, non plus, un seul fil de don de prénom mais 2, puis 3, 4… Attention alors tout particulièrement à la disponibilité de l’autre dans la version 3 car il peut parfaitement il y avoir 2,3 ou 4 personnes qui vont vers la même personne en même temps. Voyez comment les participant-e-s résolvent ce problème. Vont-il-les se décharger et tous-tes donner à leur cible un nouveau prénom, à la cible ensuite de gérer la mémorisation et l’ordre des tâches? Ou vont-il-les faire la queue et attendre chacun-e que leur cible ait terminé sa tache précédente pour lui en donner une autre? Ou vont-il-les laisser le choix du fonctionnement à la cible…? Ou…? Avec l’exploitation éventuelle que vous voulez derrière, suivant votre orientation dans l’impro (Etes-vous plutôt performance ou coopération?)

-Les bonjours émotionnels.

Une bonne manière de commencer une séance sur les émotions et les états internes. Les participant-e-s marchent dans l’espace. Lorsqu’il-le-s se croisent il-le-s se disent « Bonjour + le prénom de la personne d’en face ». Vous proposez régulièrement de changer la manière de dire ce bonjour.
Colérique, avec une sincère bienveillance et peut-être une pause dans la marche, Amoureux, Bonjour d’un dimanche matin, neutre, pressé, haineux, hypocrite, tendre, moqueur, administratif, etc….
Tâchez d’équilibrer les « positifs » et les »négatifs »

-Le loup-prénom

Un exercice qui donne vite chaud… Les participant-e-s courent et doivent échapper à l’un-e d’entre eu-lle-s, le loup.

Version 1: Jeu sans perdant. Quand il touche un mouton, celui-ci devient le loup et le loup redevient un mouton. Pour que la touche soit valable, il faut que le loup donne le prénom du mouton qu’il touche au moment où il le touche.

Version 2: Jeu un peu plus coopératif mais avec perdant. Le loup reste le même tout le long du jeu. Quand il touche un mouton, celui-ci se glace sur place et se tient les jambes écartées. Il est libéré si une personne passe sous ses jambes en disant le prénom du mouton. Le mouton glacé peut attirer l’attention des non-glacés en disant son prénom. Le loup l’emporte si tous les moutons sont glacés.

Version 3: Version de l’épervier, compétitif pour les oisillons, coopératif pour les éperviers. Le groupe de participant-e-s désigne cell-ui qui sera le premier maillon de l’épervier. L’épervier se place au milieu de l’espace (d’une longueur suffisante pour permettre de courir d’un côté à l’autre et d’une largeur suffisante pour pouvoir contourner l’épervier…ça fait grand…) Le groupe se place à un bout du terrain. Dès que le signal est donné, tous-tes les participant-e-s doivent traverser le terrain. Une fois qu’il-les sont élancé-e-s, l’épervier tente d’en attraper. Les personnes prises par l’épervier lors de leur traversée lui donnent la main, formant une chaîne. Cette chaîne est le nouvel épervier. Au début de chaque tour, le maillon le plus ancien énonce le nom de 2 personnes qui seront les cibles privilégiées de l’épervier. Il n’a rien le droit de dire de plus. L’épervier est, en dehors de ça silencieux. S’il rate les 2 cibles ou s’il se sépare en 2, l’épervier perd son maillon le plus ancien, celui-ci (re)devient une proie.
Une autre traversée est alors lancée et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une personne libre. Elle a gagné. (Et on lui remet une médaille en amidon de patate! Bravo!)

-Faire corps.

Les participant-e-s marchent dans l’espace. Le coach donne un ou plusieurs prénoms. Les participant-e-s doivent se regrouper en autant de groupes autour des personnes nommées.

Variante: Proposer un nombre de personnes pour chaque prénom. « Tazio 5! Elizabeth 3! » donnera un groupe de 5 autour de Tadzio et un groupe de 3 autour de Elizabeth. Un brin plus compliqué « Marcel 2! Gudrûn 3! Cindy! » signifiera que toute les personnes en excès devront aller vers Cindy…

-Le Tour de prénom.

Basique et pas forcément des plus efficace mais permettant de travailler la mémoire « sêche » (sans émotion, sans amusement… Version vieille école quoi…). A tour de rôle, chacun dit, dans l’ordre, le prénom de toutes les personnes qui l’on succédé dans le jeu puis termine par le sien. Ce qui donnera
« Mouloud »
« Mouloud-Griselidis »
« Mouloud- Griselidis-Keiko »
etc…
Les premier-e-s ont donc moins de boulot que les dernier-e-s…

Bien sûr, il n’aurait pas beaucoup de sens d’enchaîner ces exercices au cours d’un même atelier. Mais  en avoir un petit panel permet de varier les présentations au cours des 3-4 premières rencontres. Et d’éviter la lassitude que peuvent avoir les gens face à un exercice qui serait trouvé rébarbatif (Genre le Tour de prénom…)

Et puis la présentation de chacun, c’est souvent aussi la toute première impression de votre année de cours. Alors quelle première impression aller vous essayez de donner..?

Je vous ai donné tous les exercices de prénoms auxquels j’ai pensé alors si vous en connaissez d’autres, soyez sympas, partagez! Les commentaires sont faits pour ça

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De l’intérêt de colorer…

Posted by Phloem sur 16 août 2011

Pour commencer cet article, je vais reprendre le début d’un autre, plus ancien, qui traitait de structure du récit.

« Dans exercice appelé « Avance! Colore! », donné par Christophe Tournier et repris de Keith Johnston, une personne conte une histoire selon les indications d’une seconde. Cette seconde a le choix entre « Avance! » et « Colore! » puis dans un second temps « Rappelle! ». « Avance! » et « Rappelle! » enjoignent respectivement à avancer dans l’histoire, dérouler son fil et à réintroduire dans le fil de l’histoire un élément déjà cité auparavant. Johnston utilise les termes « Connect » et « Re-incorporate », que je trouve moins ludiques mais plus signifiants… Colorer par contre, c’est décrire et donner des détails sur la situation en même temps que ça ouvre des pistes. C’est très  » visuel  » comme référence, colorer…On pourrait aussi dire  » Texture ! « ,  » Épaissis ! »,  » Matérialise ! « …
Ces 3 choix, avancer, colorer, ré-incorporer, me semblent les outils de base de la construction d’une histoire. Les leviers à utiliser pour modeler l’histoire. »

Ce billet de blog de Martin Vidberg, BDiste de plus en plus de renom illustre bien l’intérêt de la coloration. Pour économiser de la place et faire en sorte que son histoire tienne en 3 planches, il fait des ellipses en passant sous silence les phases de « coloration ». Et coïncidence étonnante, les planches ne sont pas colorées non plus Noir et blanc strict! Constat :  C’est effectivement drôle. Ne faire que avancer paraît très artificiel et donne donc à sourire car « l’épopée » parait un brin facile. (J’ai un petit faible pour  « J’ai entendu ta plainte jeune aventurier, je vais te former, j’ai été moi-même chevalier de l’ordre blanc. Prend cette épéé. Ainsi s’achève ta formation. » Une phrase  apportant une info constructive par proposition! ça c’est de l’efficacité!)

Cela donne des corollaires :

  • Une manière d’être drôle peut être de ne faire que avancer. C’est d’ailleurs un des ressorts du comique dans la catégorie « Peau de chagrin »/ »Dégressive ».
  • Si vous voulez tenir dans la durée, la coloration est indispensable. Si vous ne faites que avancer, en 3 planches vous avez éclusé un sujet qui pourrait tenir en 30.
  • Et conclusion plus particulière à ce cas précis, sans coloration, de nombreuses histoires « Contes et légendes » semblent des clichés sur patte…

En impro, on parle peu de la coloration, je trouve et, souvent, de « l’avancée »… Construire est une préoccupation largement répandue. Peut-être parce que cela a été très théorisé… Peut-être aussi parce que cela ne vient pas tout seul au début… Autant on peut faire des personnages très typés avec peu d’expérience, autant mener une histoire avec un début, un milieu et une fin cohérentes demande un peu de bouteille.
Et c’est peut-être aussi le piège de la coloration… Ce n’est pas parce que les bases arrivent vite que ça ne demande pas de boulot…

Mais bizarrement, pour la construction, comme pour la coloration, le boulot est le même : Il s’agit d’apprendre à canaliser son flux d’inspiration pour lui donner une cohérence.

Ce qui implique soit, en premier de créer le flux (Travail de la spontanéité), de l’épaissir et d’y faire des choix (Travail de la culture). La version créative de l’apprentissage. Celle de l’impro théatrale bien souvent.
Soit de commencer par faire lentement des choses cohérentes pour automatiser ensuite.  La version réfléchie de l’apprentissage. Celle que je pratique en impro au piano.
La version réfléchie permet de faire des choses léchées. La version créative permet de faire des choses nouvelles.

Il y a sans doute un équilibre à trouver entre les 2.

C’est pour ça que je préconise, de temps en temps, des exercices où un comedien peut « figer » le temps pour prendre le temps de sculpter son intervention à venir, son personnage ou sa phrase… Car l’exercice n’est pas le spectacle, et on peut y prendre son temps.

Voici, dans cette idée, une proposition d’exercice. Faites moi part de vos commentaires à son sujet.

Il s’agit de séparer les rôles de comédien-auteur-metteur en scène habituellement tous tenus par tous les improvisateurs en même temps.
Les comédiens y sont remis à leur seul place de comédiens. Ils jouent ce qu’on leur propose de jouer. A l’instant où ils considèrent qu’ils ont atteint la fin des d’indications, ils se figent. Pour eux, c’est acceptation-jeu d’acteur-cohérence-écoute.
Lorsque les comédiens s’arrêtent, l’auteur, sur le banc explique l’avancée suivante, de manière très généraliste. (« Tu rentres chez toi et trouves ta maison vide. ») Pour lui, c’est construction donc.
Le metteur en scène précise la coloration (Sur le chemin du retour, tu est très joyeux dans la voiture,  mais tu ne dis rien et tu nous laisse le temps de profiter de ton état, tu conduis de manière réaliste, avec des stop, des carrefours, des choix de direction. Tu ne soupçonnes rien. Ta maison est une maison de banlieue, un pavillon comme tous ceux de tes voisins. Et en faite, ta maison est vide dans le sens où tes enfants ne sont pas là alors qu’il devraient. Tu les cherches. La peur monte doucement.) Pour lui c’est coloration, spécificité et cohérence.
Les comédiens jouent la proposition et finissent de rajouter des détails, dans l’espace mince qu’il leur reste, en respectant l’ambiance qui semble avoir été voulu par les 2 directeurs. Ils ne cherchent pas à être originaux ou surprendre, mais plutôt à se mettre sur la ligne qu’on leur a proposé et aller dans ce sens. Jusqu’à ce qu’ils se figent de nouveau.
Prendre son temps au départ puis accélérer un peu après quand le fonctionnement de l’exercice est intégré.
Et bien sûr, s’exercer à tout.
Comme d’habitude

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Te regarder, c’est me voir…

Posted by Phloem sur 17 avril 2011

Marc Fernandes, un de mes premiers formateurs en impro, m’a un jour dit « Une faute ça se commet à 2. »
J’ai depuis extrapolé cette phrase à la thérapie et je l’ai toujours en tête lorsque j’arbitre.
Mais aujourd’hui, je vais faire un message en revenant au fondamental en m’adressant au joueur. Le ton sera un peu professoral mais tant pis.

Une faute se commet à deux.
Cela signifie qu’une faute en improvisation est le fait de plusieurs personnes.
Cela semble évident pour les retards de jeux ou les confusions généralisées pendant une impro mais c’est aussi le cas quelques autres qui semblent plus personnalisées de prime abord..

J’ai eu l’illustration de cela, récemment lorsque 2 équipes au cours d’un match se sont trouvées mutuellement rudes…

(Rude, pour les personnes qui ne sauraient pas encore (les chanceuses!), c’est un comportement où on a tendance à imposer ses idées. Cela peut se traduire de bien des façons : Définir le personnage de l’autre avant qu’il ait eu le temps de le faire, refuser des propositions, donner des ordres à l’autre.)

En discutant avec avec un des joueurs, je l’ai ainsi entendu dire « Il ne m’a même pas laissé le temps de dire qu’on était dans un cabaret et il m’a carrément imposé son supermarché! » Ce à quoi, je peux répondre « Ah…Oui…Tu aurais préféré que ce soit lui qui abandonne son idée de supermarché..? »

Ainsi la rudesse, n’est elle pas ressentie du fait d’un manque de flexibilité ou de générosité…?
Le manque d’écoute n’est il pas un le reflet d’un manque d’incisivité, d’un abandon d’idée ou encore d’un manque de clarté ou de précision?
Une intervention n’a-t-elle l’opportunité d’être un cabotinage que si l’information qu’elle apporte n’est pas intégrée?

De cette dualité qui définit, en creux, d’autres carences, j’ai déduis une chose simple : Ma perception du jeu de mon partenaire m’informe sur ma propre philosophie de jeu, voire mon propre jeu.

Si vous ressentez que l’autre a un comportement de jeu gênant, cherchez-en la cause dans votre propre fonctionnement. Vous y trouverez une pistes d’amélioration.

Comme disait l’épouse de Guillaume Tell, « L’archer est un modèle pour le sage : Quand il a manqué le centre de la cible, il en cherche la cause en à lui-même »

Et toc!

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En jeu!

Posted by Phloem sur 13 février 2011

De temps en temps, je dois annuler un de mes cours…
Et certains de mes élèves ont pris l’habitude de se retrouver quand même et de passer la soirée ensemble. Souvent, il-le-s jouent.
Ils jouent à un jeu qui me semble un bon entraînement à l’impro!!!
Et qui n’a pas besoin de beaucoup de matériel pour être reproduit à peu de frais!
Décidément, il-le-s n’ont que des qualités ces élèves…

A l’heure où la LMI sort le jeu du match d’impro pour jouer au match d’impro à la maison, je vais donc faire un petit post à son opposé : Jouer à des jeux de société en atelier…

La star des jeux chez mes élèves, c’est  Time’s up.

Le principe est simple, ça se passe en 3 manches.
Au début, chacun-e note sur un papier le nom d’une personne fictive ou réelle connue.
On mélange les papiers et on forme des binômes ou des trinômes.
Ensuite, à chaque manche le principe est simple : En une minute, il faut faire deviner à ses partenaire de jeu le maximum de noms de la pile. On a le droit de passer les nom qu’on trouver difficile. Pendant ce temps les autres équipes surveillent la minute qui s’écoule. Ensuite une autre équipe joue. La manche se termine quand tous les noms ont été devinés. Chaque équipe est susceptible de passer plusieurs fois

Lors de la première manche, pour se faire deviner, on a le droit de parler et de faire appel à toutes les ruses de langage (Sauf dire le nom, of course…), les autres ont droit à toutes les réponses qu’il-le-s veulent.
Lors de la deuxième manche, on a le droit de dire un seul mot et les autres n’ont qu’une seule réponse. Attention les autres équipe veillent et font passer lorsque ça rate!
Lors de la 3e manche, rebelote, une seule réponse possible mais là, on mime.

Beaucoup moins facile que ça en a l’air…

Moi, dans la série jeu adaptable en atelier, j’aime beaucoup Tic-Tac-Boummm!

A chaque manche, une personne sort du cercle. Elle se bouche les oreilles. Celle-ci regarde une horloge et décide d’un temps compris entre 5 secondes et une minute. Pendant tout ce temps elle dit Tic-Tac d’une manière un peu sadique. A la fin du temps qu’elle a elle-même déterminé, elle dit fortement  » Boum ! « .

Les autres sont en cercle et se passent un témoin (Une balle par exemple.). Un dé est tiré en début de manche. On ne peut passer le témoin que si on a dit un mot. On dit un mot qui commence (Dé 1 ou 2), contient (Dé 3 ou 4) ou finit (Dé 5 ou 6) par une syllabe piochée (J’en ai préparé une petite cinquantaine, c’est très suffisant !!!) au début de la manche  de jeu. C’est la même syllabe pendant toute la manche, qui peut durer plusieurs tours de cercle.
Le perdant est celui qui a le témoin lors du  » boum « . ça peut-être cette personne qui sort du cercle et fait le décompte. Ou alors, c’est chacun-e son tour.

Avec le même principe de décompte de temps aléatoire et de passage de témoin, il y a Patate Party. Là, il s’agit plus simplement de faire une association d’idée sur le mot donné précédemment.
Le principe du décompte aléatoire par une personne peut être exporté sur plein d’exercices et ajoute un petit enjeu souvent apprécié. ça permet de travailler la « mise sous pression » et le fait de conserver ses moyens malgré elle.

Pour bosser sur le langage, il y a aussi le Taboo. Mais là, il vaut mieux avoir la boîte. Comme pour le Jungle Speed (Super pour la rapidité et l’ écoute. En un mot, pour percuter.)
ça coûte un peu cher mais les 24, 25, 26 décembre, souvent c’est 50% sur tout le rayon jeux et jouet au supermarché. Faut y penser mais quand c’est le moment : Tayaut!

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Règles de l’aide, règles du service.

Posted by Phloem sur 1 mai 2010

En consultation, je raconte souvent cette anecdote-blague:
Un homme se promène dans la rue. Soudain, il aperçoit une vieille dame et un jeune homme qui se battent. Des éclats de voix arrivent jusqu’à lui.
« Mais lâchez-moi jeune homme! »  » Donnez moi ce porte monnaie, vieille bique! »
Il n’en faut pas plus pour qu’il comprenne le drame qui se joue et intervienne.
Il cours et se jette de toutes ses forces sur le gars qui secoue la vieille. Le gars tombe à terre, complètement sonné. Notre héros du jour ramasse la petite bourse, tombée lors du choc et la rend à la dame.
La petite vieille se confond en remerciement et repart pour son important rendez-vous pour le dépistage du cancer du sein.
Il appelle la police qui vient cueillir le garçon.
Et après avoir entendu celui-ci dès qu’il a repris ses esprits, les policiers arrêtent notre « héros », l’accusant de complicité avec la célèbre Vieille Détrousseuses des arrêts de bus.

Si je vous raconte cette blague c’est qu’un des gros recadrages que j’ai subi en reprenant des cours débutants peut se résumer ainsi :  « Tu n’es pas indispensable. Tu n’as pas à sauver l’impro. Et d’ailleurs qui es-tu pour dire qu’elle a besoin d’être sauvée? »

TILT! Connexion dans mon esprit égaré…Mais c’est bien sûr!
Encore une fois, un principe relationnel s’appliquait  à l’impro…

Le principe en question :  Celui qui fait que votre intervention auprès de quelqu’un sera une aide plutôt qu’un sauvetage…
Car si l’aide peut-être bienvenue et saluée, le sauvetage peut faire de vous, et bien malgré vous, un-e persécuteur-trice puis une victime… Relisez la blague… Dans le genre, et plus connu, il y a aussi Jésus Christ, qui a mal fini…

Voici donc les règles de l’aide

  • La demande d’aide doit être clairement verbalisée ;
  • Elle doit être cadrée dans le temps et dans son contenu (« Voilà ce que je peux faire pour toi…jusqu’à… »)
  • L’aidant-e ne doit jamais faire plus de 50 % du chemin et doit vérifier que la personne aidée a fait sa part
  • L’aide doit toujours avoir pour but de rendre l’autre autonome (mieux vaut lui apprendre à pêcher que lui donner du poisson).
  • Cette aide doit comporter une contrepartie afin que l’autre ne se sente pas en dette

Transposons à l’impro…
Pour cela, remplaçons le mot « Aide » par le mot « Service » et voyons ce que ça donne…

-La demande de service doit être clairement verbalisée.
Bon, on commence déjà par une partie difficile. Mais cela correspond en plein au type de service qu’on nomme « l’appel » (« Passons au salon pour patienter, ma fille va arriver d’une minute à l’autre… »). A défaut d’appel clair, utiliser un élément évoqué auparavant dans l’histoire par le-la leader, pourra adoucir le service et renforcer la cohérence en créant une connexion dans la structure de l’histoire. (Coup de téléphone d’un plombier qui avait été évoqué 2 minutes avant dans une description.) Le service « Coup de théâtre » est à l’opposé. Sauf si c’est dans le style de l’impro (Vaudeville, Séries des années 2000,…), c’est souvent peu apprécié. Le summum étant le service « Balayage » (« Bon, les dingues on se calme, c’est l’heure de la piqûre », dans une impro, un peu confuse certe, mais qui n’a rien à voir avec le monde de la psychiatrie!)
Le travail de connaissance du groupe avec lequel on improvise est important, parfois, il y des demandes de service non-verbales mais réelles. Et tout le monde n’a pas les mêmes signes extérieurs de panique/sécheresse/solitude intérieure. S’élancer sur une impro juste parce qu’on trouve qu’elle ne va pas assez vite peut venir briser un moment d’émotion…

-Le service doit être cadré dans le temps et dans le contenu.
Sont visés ici, les gens qui prennent, sans raison, 45 secondes pour apporter la nouvelle information… Ceux à qui le public, les joueurs, et même les personnages ont envie de dire « Venez en au fait » (ou plus trivialement  » Accouche!!!!!!!! ») Et puis aussi ceux qui ne sortent pas de scène ensuite…
Pour reprendre Finpoil, sachez sortir.

Pour le contenu, haro sur le cabotinage! Servir pour ne rien apporter… Merci! Au rayon des se(r)vices divers et (a)variés, remettons ici le « balayage » ou encore le service « ça vaut rien », consistant en la destruction simple de la dernière proposition.( La roue crève, soudain une fée surgit et répare la roue.)

-Le-La serveur-e ne doit jamais faire plus de 50 % du boulot (et doit vérifier que le leader a fait sa part.)
Le « ça vaut rien » en est le parfait contre-exemple.
Vouloir absolument que l’histoire prenne la tournure qu’on amène, c’est de la rudesse.
A l’inverse, le leader doit incorporer le service à son jeu, sinon, c’est un refus.
Chacun sa part, donnant-donnant… Ce paragraphe va tout particulièrement bien avec le suivant :

-Le service doit avoir pour but de rendre l’autre autonome.
Un-e serveur-e qui se rend indispensable à l’histoire… C’est un-e leader-e. Ce qui correspond au service « Vol de lead. »
Pour éviter de vous rendre indispensable, apportez du grain au moulin, pas de la farine. Évitez de prendre en charge l’autre ou de prendre trop de décisions qui vont courber l’histoire. Donc…Ne faites pas plus de la moitié du boulot et laisser au-à la leader-e la liberté de faire ce qu’il-le veut de ce que vous lui apportez…

-Ce service doit comporter une contrepartie afin que l’autre ne se sente pas en dette (et vous « bien brave »…)
Alternez les rôles. Ne vous posez pas systématiquement en leader-e ou en serveur-e. Que vous puissiez bénéficier aussi des services des autres et vice-versa. Que vous contribuiez à mettre en valeur les autres, leurs idées, leurs compétences et vice- versa. Ou alors, faites vous payer… C’est sur cela que repose le secteur tertiaire et l’économie de service… Mais  en impro, alternez les rôles est quand même la solution la plus durable. (Vous en connaissez beaucoup des groupes d’impro où on accepte que ce soit toujours les même qui incarne les héros-héroïnes ?) Faire attention à cette alternance est un des rôles du-de la coach en match d’impro. Il-le s’aide pour cela de la feuille qu’il-le rempli à chaque impro.

Utilisées au quotidien, en famille, avec les amis et les collègues, les règles régissant l’aide permettent d’éviter de tomber dans le sauvetage et sont des verrous de sauvegarde de relations saines. En impro, elles me paraissent être de bonne garantes de la qualité des services et d’un esprit de jeu généreux.
Alors désormais ma blague aura aussi sa place dans mes ateliers…

Biblio et pistes de réflexion:

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Le conseil du jour.

Posted by Phloem sur 20 avril 2010

Il y a une chose que je n’apprécie pas c’est qu’un personnage qui s’appelle Duchmol.
Vous en avez rencontré beaucoup des Duchmol vous?
Moi pas…
C’est un nom générique.
Souvent le premier qui vient quand on en cherche un pour désigner un personnage.
C’est une généralité, sans grande surprise et assurément non spécifique.
ça me parait un peu dommage d’arriver à faire de belles impro construites et tout, avec des héros qui s’appellent Duchmol, Durand, ou Dupont…
Comme dans l’impro d’il y a 10 minutes en arrière…
Certes, c’est déjà super qu’ils aient des noms et, pour une personne qui débute en impro, c’est déjà super de l’avoir sorti.
Mais pour des gens qui en font depuis plus d’un an ou 2, ça me parait un manque de fond… Comme s’il y avait un Scapin dans toutes les « à la manière de Molière. »

Dans le style, et en plus risqué, d’un risque qui ne mènera pas à la qualité : Un personnage qui porte le prénom du comédien.
Généralement, ça ne vient pas du comédien ou de la comédienne mais de son-sa partenaire qui, dans le feu de l’action ne trouve que ça.
C’est un truc que je dégomme à chaque fois que ça arrive dans mes ateliers. « Trouve un autre prénom. »
Pour une raison simple : Je pense qu’il y a une distance à trouver entre la personne qui joue et le personnage afin que les 2 puissent évoluer.
C’est ce que j’ai le plus de mal à transmettre aux ado à qui je fais des ateliers. Sans doute parce que leur propre personnalité n’est pas non plus très définie.
Mais ça vaut aussi pour les adultes…
Jouer un personnage qui porte le même prénom que soi et qui, en plus, bien souvent, a la même voix, la même posture et démarche que soi…C’est un tout petit peu jouer son propre rôle…Non?
Dans ces conditions, pas étonnant que ça puisse donner du refus ou, à l’inverse, du décrochage.
L’identité n’est pas un truc d’une très grande flexibilité…
Et là où il peut y avoir encore plus de risque, c’est qu’à l’inverse, le personnage vienne contaminer l’entourage quant à ce qu’il perçoit du comédien.
La psychologie sociale a montré (Et, là, j’avoue platement que je n’ai plus la référence. Il faut que je la retrouve…) qu’on avait tendance à confondre la personnalité d’un acteur avec celles de ses rôles. (Hum, il me semble que ça a à voir avec l’effet de halo … Encore à vérifier…).
Alors imaginez que devant la moitié de l’école ou de vos collègues de bureau, vous personnifiez un personnage qui pète et qui rote n’importe quand, sans trop changer votre voix ou votre posture, le tic des gaz corporels mobilisant toutes vos jeunes capacités à tenir un personnage. Imaginez maintenant qu’une personne rentre et affuble votre personnage de votre propre prénom…Ah, oui, c’est sûr, ça va bien se marrer dans l’assemblée… Le souci, c’est que ça risque de vous suivre en dehors de la salle de l’amphi du collège ou devant la machine à café. Saurez vous gérer?
Vous sans aucun doute, oui. Et votre partenaire, savez-vous s’il gèrerait ça?
Donc épargnez vos partenaires. Affublez les de n’importe quel prénom mais pas le leur.

Aussi, voilà un conseil de bon aloy.
Le 24 au soir, lisez le bottin. De toute manière, vous n’avez rien de mieux à faire.

Ou encore : Une liste de noms de famille et des listes de prénoms classés par origine géographique. (Ouaip, utile d’avoir quelques prénoms d’origines diverses. C’est un truc qui colore bien une impro à peu de frais.)

Bon Solstice à toustes!

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Structuration de récits…

Posted by Phloem sur 1 avril 2010

Dans exercice appelé « Avance! Colore! », donné par Christophe Tournier et repris de Keith Johnston, une personne conte une histoire selon les indications d’une seconde. Cette seconde a le choix entre « Avance! » et « Colore! » puis dans un second temps « Rappelle! ». « Avance! » et « Rappelle! » enjoignent respectivement à avancer dans l’histoire, dérouler son fil et à réintroduire dans le fil de l’histoire un élément déjà cité auparavant. Johnston utilise les termes « Connect » et « Re-incorporate », que je trouve moins ludiques mais plus signifiants… Colorer par contre, c’est décrire et donner des détails sur la situation en même temps que ça ouvre des pistes. C’est très  » visuel  » comme référence, colorer…On pourrait aussi dire  » Texture ! « ,  » Épaissis ! »,  » Matérialise ! « …
Ces 3 choix, avancer, colorer, ré-incorporer, me semblent les outils de base de la construction d’une histoire. Les leviers à utiliser pour modeler l’histoire.

Le niveau d’organisation du dessus me parait être la structure du récit. La structure, pour moi, c’est la manière dont on agence les 3 leviers.
Des structures, il y en a pas mal…

La plus courante est la structure linéaire. On avance, on colore, on avance, on colore, on réincorpore de temps en temps mais le récit suit globalement un seul chemin principal qui toujours va de l’avant. L’exemple type sont les séries télé d’avant 2000. C’est flagrant dans une série policière où l’épisode avance au rythme de l’avancée (!) dans l’enquête.

Lorsque, suivant une structure de base linéaire, l’histoire termine sur son propre point de départ, la structure est circulaire. Le cas est visible dans une série comme « Sliders, les mondes parallèles » ou « Code Quantum » où les personnages principaux arrivent dans un nouveau monde à apprivoiser, avec une mission à accomplir et le quitte pour se retrouver dans un autre à la fin de chaque épisode. Et tout est à refaire. Dans ces séries, le bouclage est grossier mais a le mérite d’être illustratif. Dans le film « L’Effet Papillon« , le héros peut modifier des éléments du passé pour modifier le présent (avec des différence d’avancée et de coloration, c’est tout l’argument du film…). La structure globale du film est plutôt en marguerite ou en framboise. C’est surtout le cas des séries ci-dessus si on les regarde dans leur ensemble plutôt que épisode par épisode.

La vrai boucle est assez rare car souvent, le personnage évolue entre le début et la fin. Par exemple Candide revient chez lui, mais avec plus d’expérience. La boucle est devenue un début de spirale en ouverture. Dans certaines nouvelles de Tchekhov, la spirale est en fermeture, le personnage se retrouvant au final dans la même situation qu’au départ mais en pire (Vivant dans l’ennui, vieux ET pauvre.)

Enfin, mais pas des moindre, la cathédrale. Plusieurs lignes de récits, initialement séparées deviennent peu à peu connectées puis même rassemblées. Tous les romans de Bernard Werber que j’ai lu sont construits sur ce schéma. C’en est sans doute le précurseur. Et, en tout cas, il a poussé cela très loin.  Lignes narratives issues d’univers différents, ligne purement descriptive, avec globalement un nombre de lignes qui tient parfois sur 2 mains et des cathédrales imbriquées! Pour continuer dans les séries, la saison 1 de « Heroes » est en un très bon exemple. (Attention, le lien vers wikipedia peut déflorer des choses importantes de la série…) La série a été tournée par plusieurs équipes en parallèle qui ne se sont presque jamais rencontrées. Et ce n’est qu’au dernier épisode qu’on saisit le rôle de chacun. Cette série est d’ailleurs assez incroyable de richesse en structures quand on l’observe dans son ensemble ainsi que épisode par épisode. Cela est notamment dû aux spécificités des personnages (Personnalité multiples, voyageant dans le temps et l’espace entre autres, vision du futur…). Mais en ce qui concerne la cathédrale, le grand architecte, c’est Werber (OK, elle était facile…).

Le contraire de la cathédrale, l’arbre, un seul début pour plusieurs fins possibles, est une structure que l’on retrouve dans les « livres dont vous êtes le héros. ». Bien que souvent, là-dessous se cache une structure linéaire : Soit vos choix amènent votre personnage à la fin que l’auteur a décidé pour vous, soit votre personnage meurt. Ce n’est pas toujours aussi frustrant mais le nombre de fins, au regard du nombre de choix effectués au cours de la lecture, est assez réduit… Certains jeux vidéo de stratégie peuvent, je pense, concourir dans cette catégorie. Et puis, il y a les fins alternatives proposées en bonus de film en DVD. ( « L’Effet Papillon« …)

En impro, la structure peut-être décidée en caucus, lors d’impro de type comparé. Elles sont toutes jouables mais attention cependant au différences de code qu’amènent les structures cathédrales et arbres… Vos compétences d’auto-mise en scène doivent aussi être mobilisées là dessus…

Bibliographie et bases théoriques :

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