La Liasse.

L'archive des billets de l'Improvisiblog s'enrichit une fois par mois.

Archive for avril 2010

Le conseil du jour.

Posted by Phloem sur 20 avril 2010

Il y a une chose que je n’apprécie pas c’est qu’un personnage qui s’appelle Duchmol.
Vous en avez rencontré beaucoup des Duchmol vous?
Moi pas…
C’est un nom générique.
Souvent le premier qui vient quand on en cherche un pour désigner un personnage.
C’est une généralité, sans grande surprise et assurément non spécifique.
ça me parait un peu dommage d’arriver à faire de belles impro construites et tout, avec des héros qui s’appellent Duchmol, Durand, ou Dupont…
Comme dans l’impro d’il y a 10 minutes en arrière…
Certes, c’est déjà super qu’ils aient des noms et, pour une personne qui débute en impro, c’est déjà super de l’avoir sorti.
Mais pour des gens qui en font depuis plus d’un an ou 2, ça me parait un manque de fond… Comme s’il y avait un Scapin dans toutes les « à la manière de Molière. »

Dans le style, et en plus risqué, d’un risque qui ne mènera pas à la qualité : Un personnage qui porte le prénom du comédien.
Généralement, ça ne vient pas du comédien ou de la comédienne mais de son-sa partenaire qui, dans le feu de l’action ne trouve que ça.
C’est un truc que je dégomme à chaque fois que ça arrive dans mes ateliers. « Trouve un autre prénom. »
Pour une raison simple : Je pense qu’il y a une distance à trouver entre la personne qui joue et le personnage afin que les 2 puissent évoluer.
C’est ce que j’ai le plus de mal à transmettre aux ado à qui je fais des ateliers. Sans doute parce que leur propre personnalité n’est pas non plus très définie.
Mais ça vaut aussi pour les adultes…
Jouer un personnage qui porte le même prénom que soi et qui, en plus, bien souvent, a la même voix, la même posture et démarche que soi…C’est un tout petit peu jouer son propre rôle…Non?
Dans ces conditions, pas étonnant que ça puisse donner du refus ou, à l’inverse, du décrochage.
L’identité n’est pas un truc d’une très grande flexibilité…
Et là où il peut y avoir encore plus de risque, c’est qu’à l’inverse, le personnage vienne contaminer l’entourage quant à ce qu’il perçoit du comédien.
La psychologie sociale a montré (Et, là, j’avoue platement que je n’ai plus la référence. Il faut que je la retrouve…) qu’on avait tendance à confondre la personnalité d’un acteur avec celles de ses rôles. (Hum, il me semble que ça a à voir avec l’effet de halo … Encore à vérifier…).
Alors imaginez que devant la moitié de l’école ou de vos collègues de bureau, vous personnifiez un personnage qui pète et qui rote n’importe quand, sans trop changer votre voix ou votre posture, le tic des gaz corporels mobilisant toutes vos jeunes capacités à tenir un personnage. Imaginez maintenant qu’une personne rentre et affuble votre personnage de votre propre prénom…Ah, oui, c’est sûr, ça va bien se marrer dans l’assemblée… Le souci, c’est que ça risque de vous suivre en dehors de la salle de l’amphi du collège ou devant la machine à café. Saurez vous gérer?
Vous sans aucun doute, oui. Et votre partenaire, savez-vous s’il gèrerait ça?
Donc épargnez vos partenaires. Affublez les de n’importe quel prénom mais pas le leur.

Aussi, voilà un conseil de bon aloy.
Le 24 au soir, lisez le bottin. De toute manière, vous n’avez rien de mieux à faire.

Ou encore : Une liste de noms de famille et des listes de prénoms classés par origine géographique. (Ouaip, utile d’avoir quelques prénoms d’origines diverses. C’est un truc qui colore bien une impro à peu de frais.)

Bon Solstice à toustes!

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Structuration de récits…

Posted by Phloem sur 1 avril 2010

Dans exercice appelé « Avance! Colore! », donné par Christophe Tournier et repris de Keith Johnston, une personne conte une histoire selon les indications d’une seconde. Cette seconde a le choix entre « Avance! » et « Colore! » puis dans un second temps « Rappelle! ». « Avance! » et « Rappelle! » enjoignent respectivement à avancer dans l’histoire, dérouler son fil et à réintroduire dans le fil de l’histoire un élément déjà cité auparavant. Johnston utilise les termes « Connect » et « Re-incorporate », que je trouve moins ludiques mais plus signifiants… Colorer par contre, c’est décrire et donner des détails sur la situation en même temps que ça ouvre des pistes. C’est très  » visuel  » comme référence, colorer…On pourrait aussi dire  » Texture ! « ,  » Épaissis ! »,  » Matérialise ! « …
Ces 3 choix, avancer, colorer, ré-incorporer, me semblent les outils de base de la construction d’une histoire. Les leviers à utiliser pour modeler l’histoire.

Le niveau d’organisation du dessus me parait être la structure du récit. La structure, pour moi, c’est la manière dont on agence les 3 leviers.
Des structures, il y en a pas mal…

La plus courante est la structure linéaire. On avance, on colore, on avance, on colore, on réincorpore de temps en temps mais le récit suit globalement un seul chemin principal qui toujours va de l’avant. L’exemple type sont les séries télé d’avant 2000. C’est flagrant dans une série policière où l’épisode avance au rythme de l’avancée (!) dans l’enquête.

Lorsque, suivant une structure de base linéaire, l’histoire termine sur son propre point de départ, la structure est circulaire. Le cas est visible dans une série comme « Sliders, les mondes parallèles » ou « Code Quantum » où les personnages principaux arrivent dans un nouveau monde à apprivoiser, avec une mission à accomplir et le quitte pour se retrouver dans un autre à la fin de chaque épisode. Et tout est à refaire. Dans ces séries, le bouclage est grossier mais a le mérite d’être illustratif. Dans le film « L’Effet Papillon« , le héros peut modifier des éléments du passé pour modifier le présent (avec des différence d’avancée et de coloration, c’est tout l’argument du film…). La structure globale du film est plutôt en marguerite ou en framboise. C’est surtout le cas des séries ci-dessus si on les regarde dans leur ensemble plutôt que épisode par épisode.

La vrai boucle est assez rare car souvent, le personnage évolue entre le début et la fin. Par exemple Candide revient chez lui, mais avec plus d’expérience. La boucle est devenue un début de spirale en ouverture. Dans certaines nouvelles de Tchekhov, la spirale est en fermeture, le personnage se retrouvant au final dans la même situation qu’au départ mais en pire (Vivant dans l’ennui, vieux ET pauvre.)

Enfin, mais pas des moindre, la cathédrale. Plusieurs lignes de récits, initialement séparées deviennent peu à peu connectées puis même rassemblées. Tous les romans de Bernard Werber que j’ai lu sont construits sur ce schéma. C’en est sans doute le précurseur. Et, en tout cas, il a poussé cela très loin.  Lignes narratives issues d’univers différents, ligne purement descriptive, avec globalement un nombre de lignes qui tient parfois sur 2 mains et des cathédrales imbriquées! Pour continuer dans les séries, la saison 1 de « Heroes » est en un très bon exemple. (Attention, le lien vers wikipedia peut déflorer des choses importantes de la série…) La série a été tournée par plusieurs équipes en parallèle qui ne se sont presque jamais rencontrées. Et ce n’est qu’au dernier épisode qu’on saisit le rôle de chacun. Cette série est d’ailleurs assez incroyable de richesse en structures quand on l’observe dans son ensemble ainsi que épisode par épisode. Cela est notamment dû aux spécificités des personnages (Personnalité multiples, voyageant dans le temps et l’espace entre autres, vision du futur…). Mais en ce qui concerne la cathédrale, le grand architecte, c’est Werber (OK, elle était facile…).

Le contraire de la cathédrale, l’arbre, un seul début pour plusieurs fins possibles, est une structure que l’on retrouve dans les « livres dont vous êtes le héros. ». Bien que souvent, là-dessous se cache une structure linéaire : Soit vos choix amènent votre personnage à la fin que l’auteur a décidé pour vous, soit votre personnage meurt. Ce n’est pas toujours aussi frustrant mais le nombre de fins, au regard du nombre de choix effectués au cours de la lecture, est assez réduit… Certains jeux vidéo de stratégie peuvent, je pense, concourir dans cette catégorie. Et puis, il y a les fins alternatives proposées en bonus de film en DVD. ( « L’Effet Papillon« …)

En impro, la structure peut-être décidée en caucus, lors d’impro de type comparé. Elles sont toutes jouables mais attention cependant au différences de code qu’amènent les structures cathédrales et arbres… Vos compétences d’auto-mise en scène doivent aussi être mobilisées là dessus…

Bibliographie et bases théoriques :

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