La Liasse.

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Archive for mars 2010

Les passages de couleurs.

Posted by Phloem sur 15 mars 2010

 » Entre ce que je pense,
ce que je veux dire,
ce que je crois dire,
ce que je dis,
ce que vous voulez entendre,
ce que vous entendez,
ce que vous voulez comprendre,
ce que vous croyez comprendre,
et ce que vous comprenez,
Il y a au moins 9 possibilités de ne pas se comprendre… « 

Il y a quelques semaines, je découvrais sous un angle nouveau l’exercice du passage de couleurs grâce à Maître Baumann (Ai-je déjà dis que les cours de LesArts sont très très très très biens ?)
Cet exercice simple, consiste à faire passer une couleur entre les personnes d’un cercle sans ordre de passage particulier.
Et ces personnes énoncent clairement le nom de la couleur à la fois lorsqu’elles la reçoivent et lorsqu’elles l’envoient.

Cet exercice constitue le résumé métaphorique de la communication entre 2 personnes.
Il y a l’envoi d’information, qui doit être clair et ciblé. Précis.
Il y a la réception de l’information, qui doit être confirmée.

Les 2 volets ont leur importance.
Bien souvent seul l’envoi est considéré comme important.
Cela vient du fait que, souvent, la réception est considérée comme étant de la responsabilité de la personne qui réceptionne…
Oui.
Jusqu’à un certain point.
Si vous vous rappelez l’exercice des bâtons, vous vous souvenez que dans une relation, les responsabilités sont partagées.
Un lancé tout pourri, c’est à coup sûr une réception…euh… pas de réception en fait…Et une couleur perdue dans la nature.
Donc, qu’est-ce qu’un lancé (une émission d’information) de qualité?
Cela se fait lorsque la personne cible est prête à recevoir. Lorsqu’elle vous regarde.
C’est franc et net. La personne, qui lance, envoie à une et une seule personne. Au minimum, elle la regarde. Elle peut ajouter d’autres éléments informatifs pour lui faire comprendre que c’est pour elle. C’est donc un lancé qui prend son temps.
C’est là la mise en exergue d’un paradoxe de l’impro : Il faut se dépêcher de prendre son temps.
Prendre le temps de poser, réunir des conditions, préciser mais lorsque le moment est venu, arrêter de tergiverser et agir.
Andrew Jackson, un président mort des USA et qui a encore sa tête sur les billets de 20 $, disait « Prenez le temps de réfléchir, mais quand vient le moment de passer à l’action, cessez de penser et allez-y! »

Agir avec précision donc.
Pas seulement pour faire quelques choses que le public comprendra et où il ne verra pas d’incohérence. Pas seulement pour lui permettre de croire à ce que vous faites. Mais aussi pour que votre partenaire, qui peut être désavantagé-e du fait de sa position sur scène (Proche de vous, pas en face du tout voire derrière vous….), ne vous réponde pas « Cesse de fourrer ces hamster avec du nutella! » alors que vous étiez en train d’essuyer un verre…
Moins vous donnez d’information, plus elles sont non-spécifiques et plus elles peuvent être interprétées de manières diverses et variées…
Un bruitage, un geste un peu plus juste, ça coûte rien, hein? bon…
Voila pour l’envoi d’information…

Mais pour reprendre l’exemple du hamster-verre, vous avez quand même eu de la chance, la personne en face vous a adressé une confirmation d’information. (Bon, OK, elle confirme quelque chose que vous ne lui avez pas affirmé…). Appelons ça un accusé. Comme à la Poste, il permet de mettre tout le monde d’accord sur ce qui s’est passé. Comme le dit le proverbe « Ce qui va sans dire, va mieux en le disant. »
Et comme pour votre lettre, c’est le cachet de la poste qui fait foi. Pas la date que vous avez inscrit à la main sur le papier qu’il y a dedans : Dans la progression que votre partenaire va apporter au jeu, ce qui vaut c’est l’étiquette que cel-lui-ci met sur votre information. Pas l’idée que vous aviez au sujet de votre propre action… Et oui…Vous n’avez pas été clair-e? Il va falloir jouer avec ce fichu Hamster au nutella… Et dire que vous êtes un-e fervent-e défenseur-e des animaux…Mais au moins, et c’est ça qui compte, vous êtes sur la même longueur d’onde et éviterez plus de confusion. L’accusé cré un point confirmé dans l’histoire.
L’accusé peut prendre des forme diverses lui aussi. Un mot, une phrase, une action reprise. C’est une reformulation.
Il n’est pas nécessaire en permanence. Mais c’est un piton sur votre corde d’escalade. Trop, c’est ennuyeux (Avez vous déjà fait cet exercice pour 2 où, toute les répliques de l’impro doivent être structurées ainsi : « Oui [ Reprise exacte de la proposition que vient de faire votre partenaire] et [Votre proposition]  » ? C’est comme faire des gammes au piano : Formateur mais déplaisant…)  Et pas assez, c’est prendre le risque de tomber de haut au moindre dérapage.
L’accuser, c’est à doser. Mais à intégrer néanmoins.

Le passage de couleurs, c’est une synthèse de tout ça.

Enfin, il y plusieurs niveaux de difficulté en fonction de ce qu’on met en oeuvre comme support.

  • Avec des balles ayant les couleurs qu’on s’envoie. (Balle rouge pour le « Rouge », Verte pour le « Vert »,…)
  • Avec des balles blanches ou unicolores. Toutes les balles physiques ont la même couleur. (Balle blanche pour le « Rouge », le « Vert »,…)
  • Avec des balles mais avec des couleurs dites en contradiction avec la couleur effective. (Balle rouge pour le « Vert », etc…)
  • Sans balle, juste en tapant dans ses mains quand on reçoit et quand on en envoie.

J’en oublie sans doute, des tas de variantes existant déjà.

Et pour augmenter le niveau de difficulté, on augmente le nombre de couleurs en circulation. Le plus grand cap de difficulté étant atteint, de ce point de vue, quand on arrive à avoir un nombre de couleur égal à la moitié du nombre de participant-e-s.

Pool!

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