La Liasse.

L'archive des billets de l'Improvisiblog s'enrichit une fois par mois.

Archive for janvier 2010

Les massages courts

Posted by Phloem sur 25 janvier 2010

Je peux d’ors et déjà vous prévenir que les semaines à venir vont être rudes pour le blog…
Cours magistraux à l’IFSI, reprises des cours d’impro, spectacle à organiser, lancement du projet de fédé d’impro de haute-savoie , spectacle à écrire-monter et autres responsabilités associatives vont sans doute avoir raison du temps qu’il me restera en dehors des consultations… Aussi, patience, le blog est endormi. C’est un peu ses vacances à lui !

Voici néanmoins le post de cette semaine (Un peu en retard car le coup de bourre à bel et bien commencé…)

Et comme le titre l’indique, c’est un message sur les massages. Spécialement les massages courts.
Qu’est ce que ça à voir avec l’impro… ?

Alors voilà…

Le massage c’est, au minimum, lorsque c’est fait dans un bon esprit, agréable.
De plus, ça a un impact sur la confiance qui s’établit entre les personnes investies dans l’échange tactile. (J’aime bien l’idée qu’un massage c’est un message secret en langage des signes.).
Ça augmente considérablement l’épaisseur du lien et ce d’autant que les 2 personnes sont présentes à elles-mêmes lors de l’échange.
Enfin, ça induit une proximité physique qu’il faut savoir créer pour jouer correctement. Si vous avez lu le post sur les distances proxémiques, vous savez qu’il est difficile, normalement, de s’approcher à moins de 30 cm de quelqu’un…Le massage permet de faire ça en délicatesse.
Donc à la terrible question  » C’est du théâtre ça ? « , je répond trois fois Oui.

Quand ? :

  • En atelier. A l’Impropub, le massage était un rituel de chaque cours, entre l’échauffement et le temps de scène. 20 bonnes minutes au moins. Au point qu’il pouvait être délicat de gérer l’atelier car cela le rallongeait considérablement. Mais par contre, pour un groupe qui se retrouvait parfois à 30 en même temps en cours, il y avait une cohésion extraordinaire. Alors sans aller jusque là, penser à en inclure 10 minutes de temps en temps, ça peut déjà être bien.
  • Avant un match. Pendant un tournoi. Utilisez les temps morts, si nombreux, pour vous approcher un peu des gens. Pour cela et pour que ça ait son sens et son efficacité, il y a quelques règles à respecter :

La première : Proposer un massage si vous le sentez. Si vous êtes vous-même pas au top ou avez la tête ailleurs, laissez ça de côté. Sachez, autrement, utilisez vos propres ressources pour vous rendre disponible. Pour faire un massage, tel que je l’entends ici, il faut être là en entier.

La deuxième : Agir pour la personne que vous massez. Evitez les arrières pensées. Ne le faites pas pour paraître sympa, pour avoir de la reconnaissance, ou juste pour améliorer vos impro… Mais parce que vous savez que ça peut faire du bien dans le moment. Acceptez de prendre du temps entièrement pour l’autre et ayez une intention sincèrement bienveillante. (Quand je vous disais qu’il faut pas se forcer…)

La troisième : Demander  » Tu veux que je te fasse un petit massage ? « . L’acquiescement à cette question est le sésame indispensable. Et ne prenez pas le refus personnellement. La personne a ses excellentes raisons de refuser. Elle ne le fait pas contre vous mais pour elle. Or, c’est justement votre objectif, agir pour elle.

  • Et plus généralement, proposez un massage quand vous le sentez dès lors que vous vous tenez à des règles de respects et de non intrusivité.

Quelques exercices simples :

Ce sont des massages qui, pour le-la receveur-veuse se font assis. Le-la donneur-neuse peut-être assis-e ou debout. En fonction de ce qui est confortable pour lui-elle.

¤La manoeuvre la plus connue, sur la nuque. Poser ses mains, un peu plus haut que sur les épaules de l’autre. Serrez légèrement. Evitez de planter vos doigts. Dans le doute, le simple contact suffit. Agissez plus en  » empalmant  » les muscles.
¤ Avec vos mains posées pareillement, utilisez vos pouces pour masser le haut de la colonne vertébrale, de chaque coté de l’épine dorsale. Possibilité de continuer vers la tête en décollant les paumes. L’insertion de la tête sur la colonne vertébrale (atlas) est un endroit stratégique ! Et d’une manière générale, l’occiput et la base de la tête, jusque derrière les oreilles.
¤Les oreilles peuvent être massées. En saisissant l’oreille en pince (sans serrer trop !!!) entre le pouce et les autres doigts et en roulant entre les doigts puis en allant du haut vers le bas. S’attarder sur le lobe (Attention aux boucles d’oreilles.)
¤Les tempes avec les bouts des doigts à plat.
¤Éventuellement le front en passant à tour de rôle chaque main à plat sur celui-ci, paume et doigts, comme si vous vouliez le lisser dans la longueur.
¤Pour revenir vers le dos, vous pouvez utilisez, pour une fois, le bouts de vos 10 doigts. Ouvrez la main et fichez le bout de vos doigts, répartis sur le cuir chevelu, sur la tête de l’autre. Faites de petits mouvements circulaires. (Rhààà Lovely !)
¤L’épaule peut être légèrement serrée dans la main en déplaçant la main entre chaque serrage.
¤Une manoeuvre réunifiante : Poser ses mains à plat sur le haut de la tête puis descende simultanément de chaque côté ( ! Boucle d’oreilles) puis sur le cou puis les épaules, les bras, les mains en tirant un peu sur les doigts.

Quelques autres conseils :

  • Essayer de conspirer pour vous mettre en synchro. Votre massage n’en sera que plus efficace surtout si vous…
  • …innovez ! Laissez aller votre imagination. Créer. Soyez à l’écoute attentive (d’où la synchro…) de l’autre pour savoir ce qui lui convient. Évitez de vous limitez.
  • Rester en contact avec l’autre. L’autre aura peut-être les yeux fermés. Ne le-la laissez pas seul-e ! Considérez que lâcher le contact sera le signe que le massage est fini. Relier donc vos manoeuvres entre elles. Lorsque vous terminez, prévenez juste par un petit  » Voilà  » sobre.

Biblio et bases théoriques:

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L’Evaluation en théâtre d’impro,

Posted by Phloem sur 7 janvier 2010

2e partie : Base de travail sur un outil.

Comme vous le savez depuis quelques semaines et le post sur la sublimation, je suis un brin dissocié…Donc n’hésitant devant aucune cascade schizophrénique, je vais bâtir ce post en répondant à celui de la semaine dernière.

Sur le thème de  » L’évaluation, c’est pas funky « , je rétorque que l’autodévalorisation non plus. Et que justement, en l’absence d’élément de référence, l’absence de reconnaissance de ses propres capacités est une des activités préférées des élèves quand il s’agit de parler de leurs propres performances. Donc quitte à se fouetter  » pour avancer  » autant que ça soit cadré et que ça soit une base de progrès… (En gros, c’est la même différence qu’il y a entre un régime minceur qu’un obèse fait au feeling perso et celui suivi par un-e diététicien-ne…)

Voici donc une grille d’évaluation ou plutôt un livret de compétences (Horreur, je reprends les termes de l’Education Nationale ! Je deviens un prof-garou ! Bientôt je vais errer en recherche d’innocentes copies à maculer de rouge ! ). Il est construit sur une base qui m’a été fort sympathiquement envoyée par Marc Fernandès du Théâtre d’Impro de Chambéry Savoie. Et, bien sûr, il est très critiquable :

Le premier parti que je prends, c’est de considérer seulement la technique, l’ossature, ce sur quoi la beauté de l’impro peut se développer. Je ne veux pas évaluer la beauté car c’est encore plus subjectif que le reste ! Vraiment trop risqué et hors de propos. Même si la capacité à faire une impro élégante me parait importante… Elegance et beauté, c’est différent. Elegance peut-être objectivée avec beaucoup moins de polémique

Voici donc une version avec les compétences majeures principales.
Pour le découpage des compétences en comportements observables, je propose que chaque formateur-trice établisse son propre pool de comportements qui seront considérés comme structurant de la compétence concernée. Car de toute manière,  » Générosité de jeu « ,  » Maîtrise de l’outil Corps « ,  » Gestion de l’espace.  » signifient des choses différentes selon la personne qui enseigne… Le nombre de lignes de découpage est subjectif et peut être modifié à l’envie.

Fiche  d' auto-évaluation

Voilà ce que ça donne pour moi.

Pour établir une norme d’avancée, plutôt que des notes de 1 à 20 d’Ecoute, une Echelle de Construction à 5 grades de Baumann ou un Barème Buzz de Spontanéité, je propose d’utiliser les niveaux de conscience de la compétence. Donc revoir cet article sur la conscientisation de compétence avant de continuer !
Puisqu’on est dans la création d’un outil, on peut trouver un système référence peu usité et essayer… Ce système aura au minimum le mérite de dépouiller un peu l’évaluation de ses chiffres. Tout en sachant que la tentation de quelques’un-es de faire correspondre, même sans le dire, les 4 items à des niveaux 1, 2, 3 et 4 sera assez grande pour qu’il-les y cèdent …

Ce système est aussi un moyen de négocier avec la difficulté d’évaluation des compétences. On ne se base pas sur des degrés d’intégration ( Ex : Ma compétence  » Je porte ma voix  » est  à 60 % de l’objectif. Ce qui me semble dénué de sens.) mais sur la manière dont la compétence est mobilisée (Ex : Quand  » Je porte ma voix « , j’y arrive mais j’ai encore besoin d’y penser pour le faire. Ma compétence est consciente.). Ce qui accessoirement court-circuite le biais d’évaluation d’une différence de mobilisation entre la compétence utilisée en cours et en situation puisque l’évaluation se fait à tout instant et qu’il en ressort une tendance générale.

Cela donne ainsi le mode d’utilisation de la grille car, lorsqu’on devient inconsciemment compétent, on en est bien…inconscient ! Si une grande part de l’évaluation revient à l’élève et une autre revient donc au-à la formateur-trice…
Vous ne comprenez pas l’item : Vous êtes dans l’incompétence inconsciente.
Vous demandez des clarifications sur l’item ou vous le comprenez déjà : Vous êtes dans l’incompétence consciente.
Vous êtes capable de citer ce que vous faite pour répondre à l’item (mais vous êtes aussi capable de dire ce que vous voudriez faire de plus.) : Bienvenue dans la Compétence consciente.
Après avoir été dans la compétence consciente, vous ne savez plus trop si vous répondez à l’item : Demandez conseil à votre pharmacien formateur-trice pour qu’il-le vous évalue (Ce que vous pouvez faire à tout moment mais là, je donne la version  » Autonomie maximum du-de la formé-e.) Peut-être avez-vous automatisé le comportement ou alors l’avez-vous peut-être simplement abandonné…

Ce mode d’évaluation mixte permet, lorsqu’elle est faite par une personne extérieure, qu’elle soit demandée et n’est plus perçue comme une sanction mais comme un service rendu.

Dans ce système, on peut faire des allers et retours dans les niveaux. C’est le cas typique de la Confiance dans le groupe lorsqu’on change de groupe… (Cause externe de changement). Dans mon cas, ayant évolué sur d’autres items, j’ai régressé sur la place laissée aux autres dans le jeu (Cause interne.). Il n’y a rien de définitif.

On perçoit aussi, et déjà, une limite de ce système de référence : L’espace entre incompétence inconsciente et incompétence consciente est mince, on peut le franchir rapidement. Alors qu’on peut passer beaucoup plus de temps en incompétence consciente ou en compétence consciente. Pire, en compétence consciente ou inconsciente, la croix peut stagner dans la même case alors même qu’on continue de progresser…
Et oui, ne pas avoir d’échelle de 1 à 20 a des avantages mais aussi des inconvénients…

Et finalement, tout ça reste à prendre avec beaucoup de pincettes car  » on n’est pas ce qu’on fait.  » Petite pensée pour Julien qui, 3 mois après avoir commencé l’impro, a fini sa saison 2008-2009 sur les chapeaux de roue et dans le cœur du public essentiellement car il prend un immense plaisir à se donner intensément sur scène.
Le plaisir de jouer, voilà qui influe énormément sur le jeu. Et, est-ce une compétence qui se travaille ?

Enfin, vous remarquerez, en bas de la fiche un cadre  » Culture « . Ce cadre concerne des styles et catégories littéraires. Je vous signale que, pour le-la formé-e c’est plus un cadre indicatif d’axes à explorer et que pour le-la formateur, c’est un bonus, à affiner. Car les connaissances culturelles peuvent se juger de manières plus conventionnelles, mais, hélas aussi de manière beaucoup plus scolaires… Il faudrait aussi, pour chaque item détailler ce qui relève de la compétence et des connaissances. Je vous laisse l’opportunité de le faire à votre sauce. C’est en soi une possibilité d’approfondir par vous-même chacune des catégories car ça demande de lire, d’aller voir des pièces, et même d’en jouer… Et n’hésitez pas ensuite à partager car c’est un travail parfois lourd qui fera de vous une personne pointue sur un sujet précis. Je l’ai fait pour le vaudeville. Je ne vais pas néanmoins vous révéler tous mes petits secrets d’autant que j’ai de quoi prévoir une formation spécifique. Affaire à suivre

Biblio et bases théoriques:

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L’Evaluation en théâtre d’impro,

Posted by Phloem sur 1 janvier 2010

1ere partie : Difficultés mais nécessités…

Cette semaine j’ai un peu tardé pour publier…Mais c’est surtout parce que ce post m’a demandé (encore) plus de boulot que les autres. D’ailleurs, je le scinde en 2. La suite viendra la semaine prochaine… Mais rassurez vous, je ne vais pas couper au milieu d’un paragraphe. On n’est pas dans une série américaine ici.
Non mais !

Il y a peu, en discutant sur la question de l’hétérogénéité de niveau dans un groupe d’impro, nous en sommes arrivé à discuter de l’évaluation…
Car comment parler d’hétérogénéité de niveau si on n’évalue pas. Et surprise ! Peu de formateurs-trices semblent évaluer de manière formelle leurs élèves…Ce que je comprends tout à fait…Car, on se heurte aux premières difficultés de l’évaluation en impro. En impro, il est très important d’agir dans l’amusement, or l’évaluation, rien que le mot, ça a un vilain arrière goût de sale note. Qui dit évaluation laisse entendre classement, cancre, bon élève, résultat insuffisant et donc, pour ceu-lles qui sont sorti-e-s du système scolaire, réminiscence de souvenirs pénibles…
L’évaluation, c’est pas très funky.

Mais pour faire de l’impro, il faut des compétences. Et, au même titre qu’il existe des performances improvisées de niveaux différents, une compétence peut-être présente chez plusieurs individus à des niveaux différents. On parle de niveaux de compétence. Or la formation est considérée comme un outil visant à faire passer d’un niveau initial à un autre plus poussé. L’évaluation, c’est ensuite l’ensemble de pratiques visant à mesurer l’acquisition de ces compétences et leurs résultats appliqués en termes de performance. Sur le papier, ça parait avoir du sens d’en mettre une en place…
Mais l’évaluation de compétences est généralement délicate.
Et l’évaluation des compétences liées à l’impro semble particulièrement ardue…

D’une part, il s’agit de mesurer. Ce qui implique d’avoir une unité de mesure ou, au moins une référence, un objectif, voire une norme… Or tendre à normaliser les comportements en impro est aberrant. Et en ce qui concerne l’unité de mesure, il est nécessaire qu’elle ait un sens pour l’évaluateur-trice et surtout pour l’évalué-e. Avoir un B+ en Accent ou un 5/5 en Expressions de visage, ça veut dire quoi dans les faits ?
On évalue là des choses qui sont de l’ordre du concept. En PNL, on parlerait de nominalisations de processus (J’ai déjà utilisé cette expression sur ce blog ?), des mots qui, dans les faits, ont des significations différentes en fonction de qui les utilise. Des compétences vagues et, qu’il faut paradoxalement, évaluer le plus objectivement possible. Il ne s’agit pas de donner un avis global sur un grand champs d’aptitude… Un évaluation qui aboutit à  » Travail d’interprétation : Moyen.  » ne sert pas à grand-chose. Un peu précision est de mise. Ce qui aboutit à découper les compétences complexes en comportements simples et observables. Ce qui peut déboucher sur une normalisation et, est, de toutes manières, réducteur.
Enfin, évaluer positivement une compétence en atelier ou en stage ne garantit pas qu’elle sera mobilisée de la même manière en spectacle. C’est toute la différence entre le  » in vitro  » et le  » in vivo « . La simple présence d’un-e évaluateur-trice a déjà un effet sur ce que font les gens…

Mais, le fait qu’elle soit délicate n’exonère pas pour autant de la mettre en place…

Car l’évaluation semble nécessaire à plusieurs points de vue.
Du point de vue de l’élève, afin de connaître son propre niveau, pour se situer dans le groupe et avoir une idée juste et certaine de ses capacités. Et prendre, avec raison, confiance en ce qu’il-le a déjà parcouru.
Du point de vue du commanditaire (qui peut, en impro, souvent être assimilé à l’élève.), pour savoir si les objectifs de la formation ont été remplis (Et donc savoir si ses sous ont bien été transformés en valeurs non sonnantes, ni trébuchantes mais néanmoins ajoutées ! ). Là, ça correspond à une évaluation sommative, en fin de formation.
Du point de vue du formateur, ça peut être un diagnostic pour savoir ce qu’il y a à approfondir, travailler ou revoir. L’évaluation est alors dite formative, sa finalité est l’apprentissage.
Du point de vue du coach, ça pourrait être (avec beaucoup de précautions !!!) une base afin d’établir la composition d’une équipe.

Ainsi malgré cette difficulté d’évaluer une compétence en impro tenant au fait que le résultat n’a pas d’indicateur quantifiable (Vrai-Faux, chiffre exact…) et que ce résultat est une production artistique, je pense qu’il peut être utile d’avoir un moyen d’évaluation.
En connaissant toutes les limites et les risques que ça comporte …

Dimanche prochain, une proposition d’outil.

Biblio et bases théoriques:

(En complément, cet article sur la constitution d’équipe sur le blog Le Caucus peut aussi vous intéresser.)

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