La Liasse.

L'archive des billets de l'Improvisiblog s'enrichit une fois par mois.

Archive for novembre 2009

Proxémie et statut des personnages.

Posted by Phloem sur 22 novembre 2009

On parle de distance proxémique quand on veut désigner la distance séparant 2 individus interagissant. Cette distance varie en fonction de l’interaction et de la relation entre les 2 individus. On peut ainsi définir des zones proxémiques, des bulles, imbriquées les unes dans les autres, dans lesquelles un certains nombres d’interactions sont possibles et pas d’autres. Savoir utiliser les zones les plus proches des comédien-nes peuvent être très utiles au jeu théâtral et à la mise en scène.

  • 1 La distance intime : 15-50 cm.

Distance confidentielle et d’échanges personnels poussés, rapport amoureux ou encore d’agressivité. Le contact physique est à tout moment possible.
>Amoureux-ses, ami-e-s très proches, conspirateurs-trices, ennemi-e-s intimes.

  • 2 La distance personnelle : 50cm-1m20.

Distance de discussion entre amis, serrage de main, bavardage sur des sujets neutres
>Professeur particulier-e, amis, famille.

  • 3 La distance sociale : 1m20-2m40.

Distance administrative, souvent garantie par un guichet…
Limite du territoire social.
>Formateurs-trices, Vendeur, Agent de banque, postes,… médecin, thérapeutes…

  • 4 La distance publique rapprochée : jusqu’à 8m.

Distance de transmission, qui unie mais sans lier.
L’interlocuteur est surtout passif.
>Professeur-es, démonstrateurs-trices, guides touristiques,

  • 5 La distance publique lointaine : Au-delà de 8m.

Distance d’oration, de spectacles, discours. Gestes stéréotypés.
L’interlocuteur est un récepteur simple.
>Conférencier-e-s,  précheurs-cheuses, comédien-nes, politiques,

Au fur et à mesure que la distance s’étend, la communication devient moins personnelle, l’information plus formelle et le non-verbal est de moins en moins accessible. Le glissement entre prof particulier, formateur, professeur, conférencier peut aussi vous permettre de percevoir l’évolution des personnalités suivant la distance d’interaction. La fonction générale ( » Transmission de savoirs « ) est la même mais la distance en modifie l’effection et du coup le  détail possible  ( » Savoirs êtres/Savoirs faires/Savoirs. « ) Difficile de transmettre un savoir faire à distance d’oration !

Et donc, lorsque vous établissez une relation entre 2 personnages, il faut tenir compte de cela en fonction de la relation que vous voulez établir.  Mais souvent, ça, ça se fait tout seul, dès lors que les personnages sont suffisamment bien campés. Car vous le faites déjà naturellement hors de scène.

Par contre, il y a un  » ressort de mise en scène  » chaque fois que les distance proxémiques sont à contre emploi.
Par exemple, lorsque dans une tirade entre 2 amoureux, les 2 personnages  restent à distance sociales ou si même leurs bulles sociales ne se touchent pas car ils sont à 45° l’un de l’autre.
Ou un personnage qui resterait en permanence à distance d’intimité sans être dans l’agressivité ou la confidence.
Ou encore, un personnage qui se comporterait en orateur face à une petite table de convives. Mais aussi, dans les cas de huis clos exigus où il peut être impossible de jouer sur ces distances bien que les rapports entre les personnages changent (Ascenseur, Placard, Voitures, …)
Etc, etc…

A noter que ces distances sont celle de l’inconscient collectif de  » l’occident industrialisé.  » En amérique latine ou dans les pays arabes, ces distances sont réduites. Et une discussion entre un américain et un arabe peut donner lieu à un joli tango !
Mais cette différence peut aussi  expliquer des différences de conceptions artistiques au niveau du conte, du chant, etc…

Biblio et bases théoriques:

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 » Hallucinose positive « …?

Posted by Phloem sur 15 novembre 2009

Il y a fort longtemps, bien avant même que je sois prof de bio, j’ai découvert dans l’Ultime secret de Bernard Werber, un phénomène qui m’a intéressé, phénomène que j’ai retrouvé ensuite lors de mon parcours de thérapeute : La sublimation.
Se sublimer, c’est produire quelque chose de socialement acceptable et valorisé en utilisant une pulsion dont l’expression directe pourrait ne pas l’être. En simplifiant au maximum, on fait du positif avec du négatif. Dans le livre de Werber, un asile s’est spécialisé là dedans et permet, entre autres, aux paranoïaques de concevoir des systèmes de sécurité…
Une autre idée que je tiens de Bernard Werber, c’est que nous sommes tous-tes un peu zins-zins à notre manière mais qu’on ne taxe de fou que ceux qui dépassent les limites du socialement acceptable…

Ce qui nous ramène au sujet de ce blog  ( » Ah bon ? « )

Que se passe-t-il lorsque, sur scène, je cueille une pomme…Que dois-je faire pour le faire bien ? La plupart des prof dirons  » Ils faut la voir ! C’est autre chose que du vide qu’il y a dans ta main, c’est une pomme. Sens sa forme, son poids… Quelle est sa couleur ?  » Et ça, c’est de la suggestion hypnotique ou je ne m’y connais pas… Et quand on sait que lorsque qu’on joue, on est dans un état modifié de conscience, on se dit que faire ce que l’on fait sur scène, ça correspond à de l’hallucinose. Une hallu mais avec le sens critique. Vous êtes capable, en tant que comédien-ne, de dire que ce que vous utilisez sur scène n’est pas dans la réalité objective mais seulement dans la réalité subjective de votre personnage et la votre. Si vous n’êtes pas capables de d’avoir un sens critique face à votre expérience alors c’est de l’hallucination.
Hallu positive : Je rajoute des choses qui ne sont pas objectivement présentes (décors, sons, personnages …).
Hallu négative : J’enlève des choses qui sont objectivement présentes (Le bruit que fait public…)

Donc, de quelqu’un qui aurait des prédispositions pour le théâtre, on pourrait imaginer qu’il aurait des talents pour halluciner (Une once de psychose.), pour prendre un profil de personnalité différent du sien initial (Quelques grammes de trouble dissociatif de la personnalité.), et tout ça en sachant capter l’attention, souvent grâce à son corps (Et un grand verre d’histrionisme. Y’en a un peu plus, je vous le mets quand même ?)

A part ça, rassurez-vous, je vais bien. Et vous ?

Biblio et pistes de réflexion:

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Coopération et compétition.

Posted by Phloem sur 8 novembre 2009

La popularité de l’impro au cours des 30 dernières années s’est construite grâce à des formes de spectacles telles que TheatreSport, ComedySportz, Match d’impro. Or ces formats ont quelque chose qui présente, à mon sens, une grosse difficulté : Ils sont extérieurement compétitifs.

Selon François Paul-Cavallier, dans un jeu compétitif :

  • Les règles sont immuables, elles doivent être respectées scrupuleusement.
  • L’adversaire est un autre joueur.
  • Les joueurs s’opposent.
  • Le perdant est vaincu. Et les joueurs éliminés s’ennuient.
  • Il y a absence de communication entre adversaires et donc, méfiance.
  • Les maîtres mots sont rivalité et concurrence.

Voilà bien des caractéristiques de ce que l’on vend quand on prononce le mot  » Match  » et dans une autre mesure  » Sport « . C’est ce que s’attend à voir le public et ce que les comédiens doivent s’efforcer de jouer. Mais c’est bien un jeu théatral. C’est un décorum, du carton pâte. C’est du spectacle et ça n’a rien à voir avec ce qui en constitue la fibre de cœur.

Car l’impro en elle-même répond aux critères d’un jeu  coopératif :

  • Une fois le cadre donné, les moyens de gagner doivent être inventés, dans la créativité individuelle et de groupe.
  •  » L’adversaire  » est un élément extérieur au groupe (Objectif : Faire une bonne impro. On se démène pour la Qualité.)
  • Le but est commun et le résultat ( » gain  » ou  » perte « ) est partagé.
  • Le jeu prend fin pour tout le monde en même temps.
  • Il y a une communication intense entre joueurs-euses et une confiance partagée.
  • Les maîtres mots sont entraide et association. 1+1 =3

Là où il y a un problème c’est quand le décorum vient contaminer l’impro. C’est souvent le cas chez les joueurs-euses débutant-es (mais pas seulement…). On s’en rend compte lorsqu’il-les utilisent des expressions comme  » On va jouer contre… » ou qu’il-les sont réellement déçu-es  hors scène  » d’avoir perdu  » ou le contraire.
Une impro en mode compétitif, ça donne du racolage, des rudesses, des cabotinages, des marquages à la culotte, du  » Non  » ou du  » Oui mais « , et j’en passe. Bref, beurk, beurk, beurk… ça se sent tout particulièrement en Match d’impro, car s’il est bien un endroit où l’opposition et méfiance  peuvent faire des ravages, c’est bien en mixte…
D’où l’indispensable travail de l’échauffement avant un match quand ce concept de coopération n’est pas intégré par tous-tes les participant-es. Car, pour avoir été dans les 2 cas plus d’un fois, une équipe en mode coopératif rencontrant une équipe en mode compétitif, ça donne souvent le même résultat. La coopérative se fait bouffer par l’autre et tire amertume et rancune du sentiment d’avoir été utilisée-jetée…
Je trouve que cette différence d’approche est relativement difficile à gérer.
L’échauffement permet au minimum de comprendre sur quelle longueur d’onde se mettre pour éviter les pots cassés et, idéalement, de construire une confiance et une bienveillance qui exclura l’envie de tirer la couverture à soi. Et dans le doute, j’ai toujours considéré qu’il y en avait besoin. Mais il se trouve que les équipes qui vont rentrer en compétition sont aussi celles qui – est-ce étonnant ? –  sont les moins enclines à faire un échauffement correct…

Biblio et pistes de réflexion:

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Les métaprogrammes : Pour construire un personnage et pour mieux communiquer.

Posted by Phloem sur 1 novembre 2009

Les métaprogrammes, se sont les fonctions (au sens mathématique du mot) qui, en coulisse, hiérachisent, organisent nos pensées et sous-tendent nos comportements. Le mot est construit de  » méta  » qui signifie la position de recul et de  » programme « , qu’on peut prendre dans le sens de programme informatique. Ce sont donc les programmes qui fonctionnent en background et qui vont structurer la manière dont on appréhende la réalité.

Le métaprogramme le plus connu du grand public est sans doute celui dit du Canal Principal.
Ne vous a-t-on jamais classé comme étant une personne visuelle ou auditive ? N’avez-vous jamais dit  » Moi, je suis très visuelle, j’ai besoin que ce soit marqué quelquepart !  »
C’est ça le canal principal, le mode sur lequel vous percevez préférentiellement le monde extérieur. Il n’y a pas que Visuel, Auditif, mais aussi Kinesthésique (toucher, sensation), Olfactif-Gustatif et d’autres encore. Autant que vous avez de Sens. Ceci pour comprendre ce qu’est qu’un métaprogramme car, le Canal principal, c’est pas forcément le plus facile à utiliser en impro à mon avis…

Je vais faire un peu à l’envers mais je pense que, in fine, ça sera plus efficace.
D’abord je vais vous dire comment vous en servir en impro et ensuite vous donner les plus utilisables que je connaisse.

Ça s’utilise comme n’importe quelle base de personnage.
Voilà ! : )
C’est un peu  comme partir d’une émotion ou d’une action.
Il suffit de l’endosser et de le jouer.
Comme quand on construit un personnage à partir d’une qualité ou d’un défaut.
(D’ailleurs, suivant le contexte social, certains des métaprogrammes peuvent être considérés comme tels.)
On commence avec cet aspect de la personnalité du personnage puis on tire le fil jusqu’à construire un personnage plus complexe.
Ceci étant dit voici quelques métaprogrammes utiles.

Concernant la manière de percevoir des informations/le Monde :

  • Global (Considérer les choses dans leur ensemble. Faire les choses en gros.) / Spécifique ( S’attacher aux moindres détails. Faire dans le perfectionnisme.)
  • Tri sur soi (S’intéresser à soi d’abord) / Tri sur l’autre. (S’intéresser aux autres.)

Concernant la manière de classer et évaluer les informations :

  • Crible de rassemblement Identique (Cherche à associer par identicité et donc cherche les ressemblances des choses.) /  Crible de rassemblement  Différent (Cherche à séparer en différenciant et donc cherche les qualités propres et les distinctions.) Les 2 reviennent à faire des groupes mais de 2 manières différentes…
  • Positif (Optimiste)/Négatif (Pessimiste)
  • Référence au temps : Passé (Avoir une période historique idéale (ex : être fan des années 70 pour tout.),  » c’était mieux avant « , faire souvent référence à ses souvenirs.) / Présent ( Profiter de l’instant, reproduire les même erreurs, ne pas anticiper, ne pas voir plus loin que le bout de son nez , être pleinement conscient de ce qui se passe autour.) / Futur (Aller de l’avant, penser que tout est encore possible, s’intéresser à la pointe des technologies de pointe, considérer le passé comme ringard.)

Concernant les motivations et actions :

  • Formes de pensée : les mots utilisés par la personne pour justifier ses actes :

Je dois/Je devrais/Il faut/Je veux/Je peux/J’ai besoin/ J’aimerais/ Je décide/ Je vais
Imaginez un personnage qui motive chacune de ses actions avec une telle expression, vous verrez que ce personnage aura un type de caractère bien particulier.

  • Motivation : Etre/Avoir/Faire.

Particulièrement utile lorsqu’on recherche le  » Pourquoi   » d’une situation qu’on a créé. In fine, la motivation se résume selon un de ces trois axes : Etre (beau ? aimé ? riche ?… ?), Avoir ( du succès ? un chat ? un sentiment de sécurité ? … ?), Faire (une surprise ? de son mieux ? un gâteau ?… ?).

  • Recherche/ Evitement : Le personnage veut-il aller vers quelque chose ou en fuir une autre ? (Parfois ce sont les deux…Fuir la marâtre et aller chercher à manger.)
  • Référence interne (Le personnage décide en fonction de son propre avis, forte confiance, tétu…)/ Référence externe (L’avis des autres compte beaucoup, à l’écoute, influençable…)
  • Proactif (Cré l’évènement et l’action.)/Actif (Réagit à l’action)/ Passif (Spectateur de l’action et du reste).
  • Affiliation : Social (fait partie d’un groupe d’humain.) / Asocial (Un brin ermite.)
  • Procédurier (Doit suivre un recette, un mode d’emploi, un mode opératoire très précis, étape par étape.) / Créatif (Essaye, invente sa manière de faire.)

Les métaprogrammes sont souvent polaires, binaires, très tranchés. Dans la vie, c’est en fait très nuancé, on peut être sur un mode dans une situation et sur l’opposé dans une autre. Mais pour l’impro, bien souvent, on ne va pas faire dans la nuance, ce qui permettra de donner des personnages francs et résolus.

Dans le fond, ça n’apporte pas une grande nouveauté dans le mode de création de personnage. Les métaprogrammes, ce sont quelques nouvelles entrées et des manières plus efficaces de nommer certaines déjà connues…
Rien de plus, à mes yeux, mais c’est déjà ça. :)

Biblio et bases théoriques:

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