La Liasse.

L'archive des billets de l'Improvisiblog s'enrichit une fois par mois.

« Oui et… » : Exo d’impro !

Posted by Phloem sur 24 février 2009

Suite au post sur les différents degrés d’acceptation, voici quelques exercices permettant de travailler la capacité à se mettre d’emblée dans le « Oui et… », la réponse qui permet d’accepter la proposition faite par l’autre et de construire par-dessus en un minimum de temps. Car, le temps, en impro chronométrée (type match), est un des paramètres principaux imposant une contrainte motrice. En clair, quand l’impro est chronométrée, si on veut avoir le temps de construire une histoire avec un début, un développement, une fin, il faut aller vite. Le temps limité est le moteur de l’avancée rapide. Mais d’une manière plus générale, c’est aussi, je pense, une bonne ligne directrice dans sa propre vie : Pour pouvoir faire avec les évènements, il faut déjà les avoir accepter, les accepter dans leur entièreté pour avoir une réponse des mieux ajustées.

Donc on cultive son « Oui et… ».

Oui et…

C’est une impro avec contrainte (aussi appelé un « handle ») pour 2 comédien-nes. Il-les jouent l’impro en commençant toutes leurs répliques par « Oui et… » dit de façon claire et sonore. Le « Oui et … » est prononcé immédiatement après la proposition de l’autre, parfois avant même de savoir ce qu’on va effectivement dire. ça tourne l’esprit de manière à ce qu’il trouve une proposition adéquate, c’est-à-dire qui apporte une information nouvelle et spécifique (Bannir les généralités.)

C’est l’exercice basique, efficace, à faire sur le bout des doigts et, donc, un classique repris par de nombreux auteurs  (Et je l’ai pris présentement chez Christophe Tournier.)

L’histoire en file continue.

2 files de comédien-ne-s se font face. Le-la premier-e d’une file commence une histoire jusqu’à ce qu’il-le soit interrompu-e par le-la formateur-trice et aille en fin de file. Le-la premier-e de la file d’en face continue et ainsi de suite. Le-la formateur-trice peut désigner quelqu’un dans la file qui fera la chute/fin de l’histoire.

En tant qu’animateur-trice, veiller absolument à ce que cel-lui qui reprend l’histoire en main ne commence pas par un « Mais » ou un « Oui mais… ». Si c’est le cas, faire reprendre. Perso, j’interromps généralement dès qu’une nouvelle information est apportée et plutôt en milieu d’une phrase en interdisant que soient repris les mots de la dernière phrase. Le-la suivant-e doit terminer la phrase. Cela réduit les risques de « Oui mais… »( mais ne les annule pas non plus !)

Variante : Le-la premier-e de file s’arrête lorsque cel-lui de derrière lui met la main sur l’épaule. Cela n’apporte presque rien en ce qui concerne l’acceptation (sauf celle de céder la main, donc bon pour un travail sur le lâcher de lead), mais par contre, s’il est demandé  d’interrompre, comme je l’ai en tête moi, dès qu’un moteur est apporté, cela peut aussi faire un bon exercice de la capacité à définir un moteur.

Comme un mardi…

Dans la même veine que le précédent mais plus simple. En cercle, un-e comédien-ne commence une phrase, le-la suivant-e la complète et lance le début d’une autre phrase qui n’a rien à voir. Enchaîner les propositions rapidement.

Variantes : Imposer de faire rimer les 2 parties de phrase ou de construire une phrase qui ressemble à une morale d’histoire ou à un proverbe. Ces variantes ont l’avantage de détourner l’attention des participant-e-s du seul travail d’acceptation et le rendent moins ennuyeux qu’il peut l’être à la longue.

Propositions indécentes.

Les participant-e-s marchent dans l’espace. Le-la formateur-trice introduit peu à peu des propositions de posture accompagnées d’une réplique, le tout relié à un numéro.

Ex :

1) Au Garde à vous, dire « A vos ordres ! »

2) Accroupi, dire « Le Sioux est caché. »

3) Pointant du doigt et regardant l’horizon, dire « Je vais au bout du monde. »

A chaque fois que le-la formateur-trice dit un chiffre, les comédien-nes s’arrêtent sur place et ressortent la posture et la réplique, puis repartent. Quand il-les sont habitué-e-s, enchaîner les chiffres !

Variante : Pour une même proposition, changer d’émotion/sentiment à chaque fois qu’elle doit être sortie.

Voilà donc quelques exercices visant à faciliter une acceptation spontanée et naturelle des propositions d’ordre verbal. On pourrait en trouver d’autres pour les propositions non verbales. D’ailleurs, tiens ! Je tacherai d’en parler un de ces quatres !

Biblio et bases théoriques:

Tournier, Manuel d’improvisation théatrâle, Editions de l’eau vive, 2003

Le Grimoire du Théatre.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :