La Liasse.

L'archive des billets de l'Improvisiblog s'enrichit une fois par mois.

Archive for février 2009

Improvise en entreprise!

Posted by Phloem sur 27 février 2009

Voici un paragraphe issu d’un article de Marc Traverson, coach en communication et changement. Ancien journaliste au Point et, lui aussi, formé à l’approche ericksonienne de la communication et du changement,  il accompagne des dirigeants d’entreprise, des managers et des clients particuliers dans leur développement personnel et évolution professionnelle. Et, bien que ce ne soit pas du tout le sujet de son article, je n’aurais pas pu faire mieux pour expliquer succinctement l’intérêt que peut avoir l’impro en entreprise !

« Le temps de travail n’a pas pour les hommes et les femmes qu’une incidence économique. Les relations interpersonnelles qui se nouent dans le cours de la vie professionnelle font la solidité et la capacité d’adaptation d’un groupe au cours de son existence. On peut faire le pari que cette évidence sera un jour prochain à la base d’une prise en compte de la performance relationnelle. Au-delà de la compétence technique de ses membres, la force d’une équipe tient à la qualité de la relation entre eux, à la capacité d’échange et de décision collective. Tout ce qui contribue à « mettre sur le tapis » les problèmes au moment où ils surgissent, à faire de l’entreprise un lieu de la résolution en commun des situations difficiles, par la créativité et l’apport de chacun, renforce cette compétence. Les dispositifs qui autorisent l’expression véritable des collaborateurs de l’entreprise, sont autant de haubans et de filets de protection utiles pour renforcer la cohésion du groupe lorsque survient la tempête.  »

Biblio et bases théoriques:
Traverson  » Plaidoyerpour le coaching« , in Mieux-être.org, 11 mai 2008.

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Ké-blo !

Posted by Phloem sur 25 février 2009

71127763Il arrive souvent que l’improvisateur-trice débutant-e « se bloque » et n’avance plus. Cette expression me semble assez juste…Car lorsqu’il-le ne trouve pas, ce n’est pas qu’il-le est entré-e dans un état avancé de transe méditative…Non, pas vraiment… C’est plutôt qu’il-le se bloque. Il-le s’auto-bloque. Il intercepte l’idée qui lui était premièrement venue. Ce n’est donc pas qu’il-le ne trouve pas, mais qu’il-le a trouvé et que ce qu’il-le a trouvé sort de son champ de possible.

Dit d’une autre manière, un peu plus simple : Une des difficultés, c’est d’accepter de lâcher prise sur la situation.

En thérapie, on dit parfois que les problèmes surviennent pour le client lorsque son conscient veut faire quelque chose que son inconscient aurait mieux fait. Et bien, un des défis de l’impro au début, c’est d’apprendre à ne pas faire. A ne pas être cohérent. A ne pas prévoir. A ne pas se limiter. A ne pas trouver le fil logique.

Et, au contraire, pour l’instant, prendre le premier fil venu.

Ce qui a pour effet d’élargir le champ des possibles.

Une option utilisable pour obliger à prendre le premier fil venu, c’est de réduire le temps de normalisation, le temps que passe la personne à filtrer ses pensées pour les faire rentrer dans le moule de l’acceptable.

En poussant à l’urgence.

Exemple d’exercices :

Faire commencer une impro à 2, l’interrompre lorsque les 2 participant-es ont des postures particulières en leur demandant de se fixer. Faire redémarrer immédiatement une impro qui n’a rien à voir. Agir ainsi plusieurs fois de suite.

Faire danser les participants sur une musique ad hoc. Interrompre la musique en figeant les participants et faire démarrer immédiatement une impro avec une sélection de 2 à 4 personnes particulièrement originales dans leur posture.

Dans ces deux handles, bien insister sur le fait que la posture est le point de départ et qu’il s’agira de la justifier ou de s’en servir pour faire quelquechose et qu’il faut qu’il y ait le moins de temps morts possible au moment de l’interruption.

Par l’urgence, on oblige à laisser faire celui qui sait déjà improviser, puisque c’est ce qu’il fait en permanence face aux situations nouvelles, l’inconscient.

La spontanéité n’est plus alors une qualité à acquérir ou à faire grandir mais une caractéristique déjà incluse à la base qu’il s’agit de dé-couvrir en la décortiquant des envies du conscient bien intentionné mais mal placé.

« Lorsque tu fermes ta main, elle peut contenir un peu de sable. Lorsque tu ouvres la main en t’endormant, elle contient tout le sable du désert. »

Proverbe persan (Ces proverbes de sagesse antique semblent toujours persans ou asiatiques de toute manière…Il n’y avait pas de sages gaulois ou wisigoths ? Y’a-t-il un sage auvergnat dans la salle ???)


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« Oui et… » : Exo d’impro !

Posted by Phloem sur 24 février 2009

Suite au post sur les différents degrés d’acceptation, voici quelques exercices permettant de travailler la capacité à se mettre d’emblée dans le « Oui et… », la réponse qui permet d’accepter la proposition faite par l’autre et de construire par-dessus en un minimum de temps. Car, le temps, en impro chronométrée (type match), est un des paramètres principaux imposant une contrainte motrice. En clair, quand l’impro est chronométrée, si on veut avoir le temps de construire une histoire avec un début, un développement, une fin, il faut aller vite. Le temps limité est le moteur de l’avancée rapide. Mais d’une manière plus générale, c’est aussi, je pense, une bonne ligne directrice dans sa propre vie : Pour pouvoir faire avec les évènements, il faut déjà les avoir accepter, les accepter dans leur entièreté pour avoir une réponse des mieux ajustées.

Donc on cultive son « Oui et… ».

Oui et…

C’est une impro avec contrainte (aussi appelé un « handle ») pour 2 comédien-nes. Il-les jouent l’impro en commençant toutes leurs répliques par « Oui et… » dit de façon claire et sonore. Le « Oui et … » est prononcé immédiatement après la proposition de l’autre, parfois avant même de savoir ce qu’on va effectivement dire. ça tourne l’esprit de manière à ce qu’il trouve une proposition adéquate, c’est-à-dire qui apporte une information nouvelle et spécifique (Bannir les généralités.)

C’est l’exercice basique, efficace, à faire sur le bout des doigts et, donc, un classique repris par de nombreux auteurs  (Et je l’ai pris présentement chez Christophe Tournier.)

L’histoire en file continue.

2 files de comédien-ne-s se font face. Le-la premier-e d’une file commence une histoire jusqu’à ce qu’il-le soit interrompu-e par le-la formateur-trice et aille en fin de file. Le-la premier-e de la file d’en face continue et ainsi de suite. Le-la formateur-trice peut désigner quelqu’un dans la file qui fera la chute/fin de l’histoire.

En tant qu’animateur-trice, veiller absolument à ce que cel-lui qui reprend l’histoire en main ne commence pas par un « Mais » ou un « Oui mais… ». Si c’est le cas, faire reprendre. Perso, j’interromps généralement dès qu’une nouvelle information est apportée et plutôt en milieu d’une phrase en interdisant que soient repris les mots de la dernière phrase. Le-la suivant-e doit terminer la phrase. Cela réduit les risques de « Oui mais… »( mais ne les annule pas non plus !)

Variante : Le-la premier-e de file s’arrête lorsque cel-lui de derrière lui met la main sur l’épaule. Cela n’apporte presque rien en ce qui concerne l’acceptation (sauf celle de céder la main, donc bon pour un travail sur le lâcher de lead), mais par contre, s’il est demandé  d’interrompre, comme je l’ai en tête moi, dès qu’un moteur est apporté, cela peut aussi faire un bon exercice de la capacité à définir un moteur.

Comme un mardi…

Dans la même veine que le précédent mais plus simple. En cercle, un-e comédien-ne commence une phrase, le-la suivant-e la complète et lance le début d’une autre phrase qui n’a rien à voir. Enchaîner les propositions rapidement.

Variantes : Imposer de faire rimer les 2 parties de phrase ou de construire une phrase qui ressemble à une morale d’histoire ou à un proverbe. Ces variantes ont l’avantage de détourner l’attention des participant-e-s du seul travail d’acceptation et le rendent moins ennuyeux qu’il peut l’être à la longue.

Propositions indécentes.

Les participant-e-s marchent dans l’espace. Le-la formateur-trice introduit peu à peu des propositions de posture accompagnées d’une réplique, le tout relié à un numéro.

Ex :

1) Au Garde à vous, dire « A vos ordres ! »

2) Accroupi, dire « Le Sioux est caché. »

3) Pointant du doigt et regardant l’horizon, dire « Je vais au bout du monde. »

A chaque fois que le-la formateur-trice dit un chiffre, les comédien-nes s’arrêtent sur place et ressortent la posture et la réplique, puis repartent. Quand il-les sont habitué-e-s, enchaîner les chiffres !

Variante : Pour une même proposition, changer d’émotion/sentiment à chaque fois qu’elle doit être sortie.

Voilà donc quelques exercices visant à faciliter une acceptation spontanée et naturelle des propositions d’ordre verbal. On pourrait en trouver d’autres pour les propositions non verbales. D’ailleurs, tiens ! Je tacherai d’en parler un de ces quatres !

Biblio et bases théoriques:

Tournier, Manuel d’improvisation théatrâle, Editions de l’eau vive, 2003

Le Grimoire du Théatre.

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Le Feed-Back

Posted by Phloem sur 5 février 2009

Se préparer :

Importance du climat de confiance et de respect mutuel. : Créer une bonne relation est un préalable indispensable avant de délivrer des informations. Mettez en place un climat de respect et confiance réciproques.
– Intention positive à l’égard de la personne recevant votre feedback signifie que vous souhaitez lui donner des informations utiles et surtout exploitables. Bienveillance.

Le délivrer :
Première couche de pain : Du positif précis et contextuel (Tu as bien tenu l’accent tout le long. C’est super de t’être souvenu que tu avais posé une tasse ici et d’y être revenu  sur la fin de l’impro, ça m’a donné la sensation que tu maîtrisais le décor.)

Couche du milieu : Ce qui peut être amélioré et si possible en donnant des pistes d’amélioration. (Par contre, tu aurais peut-être pu passer moins de temps à lui poser des questions car ça m’a donné l’impression que l’impro piétinait.)
Dernière couche : On dit ce qui est bien dans l’ensemble en prenant du recul, plus de perspectives (heureuses). (Je te sens à l’aise avec les personnages étrangers. L’impro était agréable à regarder car…

le-mc-feedback-redim

Des informations, plutôt que des appréciations. : Un feedback pour être utile doit être informatif. Les appréciations comme « Bravo, c’est bien » ou « Très intéressant! » sont sympathiques (et nécessaires!) mais ne disent pas en quoi la personne a bien fait et ne dit rien sur les pistes d’amélioration. Qu’est ce qui vous donne l’impression que « C’est bien ? »

Un bon feedback est limité.
Trop d’informations tuent l’information, c’est le problème de la dilution.
De plus, s’il y a trop de choses à dire (en amélioration à apporter) c’est qu’il y a un problème de cadrage, de positionnement : Le vrai truc à améliorer se trouve à un niveau au dessus, plus vaste.

Un bon feedback se fait au bon moment, au bon endroit.
Il faut que la personne puisse vous écouter dans de bonnes conditions et que soyez vous-même disponible, c’est un moment important, facteur d’améliorations et de compréhension réciproque.

Soyez clair, précis, compréhensible : Vérifier régulièrement que votre interlocuteur-trice a bien compris ce que vous avez dit.

Des pistes de progrès
: Un bon feedback doit proposer des pistes de progrès. Proposez, plus qu’imposez. En imposant vous créez des zones de résistance. Préfèrez que les personnes qui travaillent avec vous participent, proposent, suggèrent.

Le recevoir :

Ça tient en 2 mots : Fermez-la ! Vous écoutez et acquiescez sagement. La personne qui vous fait son retour a l’intention de vous faire progresser, éviter de lui barrez la route avec des « Oui mais… » ou des « En fait, je croyais que… ». Ce que dit la personne découle de son ressenti, de ses impressions, de son expérience. Quoiqu’elle dise, oui, c’est discutable. Et d’ailleurs, vous êtes libre de prendre seulement ce que vous voulez de ce qu’elle dit. Mais discuter avec elle reviendra très souvent à une discussion stérile où vous tenterez de vous justifier et, fait plus dommageable, en profiterez inconsciemment pour éviter de vous coltiner aux points à améliorer dans votre pratique en perdant du temps. Or l’amélioration c’est justement l’objectif du feedback. On vous prépare un sandwich de qualité, savourez-le et évitez de parler la bouche pleine.


Biblio et bases théoriques:
-Cet article est très inspiré par le cours de Technicien de l’IFHE .

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Ni Oui, ni Non…

Posted by Phloem sur 1 février 2009

Face à une nouvelle proposition d’un partenaire, il y a plusieurs façons de répondre :


a)Oui, b)Oui et c) Oui mais d) Non, e)Non et… f) Non mais.


Petit exercice de votre coté de l’écran : Classez les du plus ouvert ou plus fermé en ce qui concerne la construction et l’échange entre les partenaires de jeu…

C’est fini?

OK.

Alors, avez vous mis tous les « Oui » d’un coté et les « Non » de l’autre?

Alors, c’est raté…

Du moins, c’est ce que je pense.
Pour comprendre, voici une petite synthèse de ce qui se cache derrière chaque réaction.

-Oui : Acceptation pleine et complète de ce qu’il est advenu. L’avancée dans l’histoire repose néanmoins sur la personne d’en face.
Ex : A: Allons au marché! B: Bonne idée!

-Oui et : Acceptation complète doublée d’une proposition de suite à donner.
Ex: A : Allons au marché! B:Je t’accompagne, nous pourrons ainsi faire les courses pour ton repas d’affaire.

-Oui mais : Acceptation de surface. En fait, c’est un refus complet doublée d’une justification de ce refus. Non seulement la proposition faite ne sera pas jouée mais en plus on utilise du temps afin d’expliquer pourquoi.
Ex: A:Allons au marché! B: Bonne idée, hélas, tu sais combien que je suis fatigué.

-Non : Refus simple de l’avancée posée. Aucune précision n’étant donné pour expliquer le refus, le partenaire reste cependant libre de refaire une proposition
proche.
Ex: A: Allons au marché! B:Je déteste le marché…A: Alors allons à l’épicerie !

-Non et : Refus verrouillé. Passage à un autre sujet. La proposition qui suit peut faire avancer dans l’histoire mais par une prise de contrôle assez peu élégante.
Ex : A: Allons au marché! B : Ce matin, j’ai prévu de prendre un bain chaud et la baignoire vient d’être enfin remplie.

-Non mais : Refus de la proposition exacte et proposition d’avancée dans le même domaine mais différente sur les détails.
Ex : A : Allons au marché! B : Je déteste le marché, allons plutôt à chez notre épicier.

Finalement, pour la construction et l’échange, par ordre décroissant, j’ai plutôt l’impression que c’est:


b)Oui et; a)Oui; f) Non mais; d) Non; c) Oui mais;  e)Non et…


Le « Oui mais » est un piège dont le ressort peut être mis en évidence assez vite : Demandez à 2 personnes de jouer une impro en commençant toujours leur répliques par « Oui mais… ». Notez le nombre de répliques avant que le ton monte…Puis encore le nombre avant la franche engueulade…
Et pour une franche démonstration, faites l’expérience dans la vie quotidienne avec une personne de votre entourage.
Attention au retour de flamme dans ce cas-là!!!
En impro, comme dans le reste de votre vie, dire « Oui mais… » c’est refuser sans oser le faire.
Et là, certain-es diront : »Oui, mais pas toujours! »
CQFD.

Donc, bientôt, des exercices pour travailler son « Oui et… » !


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