La Liasse.

L’archive des billets de l’Improvisiblog.

Archive de la catégorie «Uncategorized»

” Qu’est-ce que contient un échauffement ..? “

Posté par Benjamin le 25 mars 2009

On m’a posé cette question lors d’un travail sur le coaching en match. En effet, je considère qu’en match, une des fonctions des coaches est de faire s’échauffer leurs équipes…

L’échauffement peut avoir plusieurs fonctions selon l’angle sous lequel on le regarde :
Du point de vue du-de la comédien-nes, il s’agit de…s’échauffer (!) C’est à dire se préparer à donner le meilleur de soi sur scène.
Il s’agit donc d’allumer le gaz sous la casserole tout en évitant de faire évaporer toute l’eau à l’intérieur…Monter en puissance sans se fatiguer.
Pour ce faire, on peut choisir des exercices en se laissant guider par quelques indispensables de l’impro.
#La Concentration : Libérer l’esprit des info du reste de la journée.
#L’ Ecoute : S’ouvrir aux info apportées par les autres.
#L’Inspiration-La Spontanéité : S’ouvrir aux info apportées par soi-même.
#L’Energie : Se donner la pêche nécessaire pour construire avec les info.

>J’ai tendance à proposer des exercices d’échauffement plus ou moins dans cet ordre. (Avec des fois, une inversion entre Ecoute et Spontanéité.) car, ça me parait logique.
>Pour les exo de montée en énergie : Idéalement les faire au plus près possible du spectacle, moins de 10-15′ avant le début, pour pas que l’énergie retombe.

Du point de vue du spectacle et du jeu : L’échauffement, c’est une petite première manche, d’ors et déjà le début de la rencontre entre des personnes qui ne se connaissent pas forcément. Il s’agit de prendre le temps de créer la connivence entre les équipe (voire la confiance si possible.), sinon ce temps sera pris sur le début du spectacle (avec un rendu plus ou moins intéressant pour le public…)

Donc idéalement tout l’échauffement se fait avec l’ensemble des comédiens et comédiennes du spectacle et les exercice sont axés sur la confiance et l’esprit de jeu.

Quelques exo pour l’échauffement  dans les post à venir?bv000020

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire »

Exercices d’impro pour s’entraîner à accepter les propositions non verbales (ou presque.)

Posté par Benjamin le 16 mars 2009

Comme promis, voici quelques exercices permettant de s’entraîner à l’acceptation de propositions non-verbales… Faire du “Oui et…” mais sans le dire quoi…

-Le miroir.
2 personnes A et B se font face. A commence à bouger lentement. B doit reproduire les mouvements à l’identique en miroir. Puis après quelques minutes, B fait également des propositions que A doit suivre tout en continuant d’en faire. A fait ensuite de moins en moins de propositions jusqu’à ce que B guide entièrement. Idéalement, en observant extérieurement, on doit être incapable de déterminer à quel moment de l’exercice on est.
Cet exercice permet également de travailler la vision périphérique (très utile pour élargir son champs d’ “écoute visuelle.” )

-Les batons. : Voir l’article correspondant…

-Hypnotisme colombien.
Celui-ci est un peu une synthèse des 2 précédents…A fait bouger B au doigt et à l’œil ! Littéralement ! B suit du regard et du corps le doigt que A déplace comme bon lui semble.

-Le sculpteur.
Une personne est le-la sculpteur-trice, l’autre est la glaise à modeler. La glaise doit se laisser déplacer par le-la sculpteur-trice jusqu’à ce que cel-lui -ci soit satisfait-e de sa pièce.
Variante : Introduire un modèle qui fait une proposition de position que le sculpteur doit copier dans la glaise.
Cet exercice permet de travailler aussi la proximité physique entre les comédien-nes.

-L’aveugle.
Dans la salle, A guide totalement silencieusement B qui a les yeux fermés, en prenant soin de lui faire éviter les autres binômes et les éventuels obstacles. Pour cela, ils établissent un code au préalable (A tient-il B par les hanches ? Par une épaule ? Les 2 épaules ? Quel est le signe pour dire ” stop ” ?) Pour le rassurer B peut maintenir les mains levées en protection. (Perso, je ne le propose jamais mais l’autorise si on me le demande.) Après une minute de guidance, A fait accélérer B. Puis au bout de 2 minutes les rôles sont inversés.
Cet exercice permet de travailler aussi la confiance entre les comédien-nes. Pour aller plus dans ce sens, refaire, de temps en temps, cet exercice en variant les binômes.

-Les machines.
Le-la meneur-neuse d’atelier propose une machine que le groupe doit figurer peu à peu. Chacun-e doit alors, à tour de rôle, proposer un geste et un son répétitif se greffant sur ce qui a déjà été proposé.  Une fois que tout le monde est en jeu, avec les rythmes correctement calés les uns sur les autres, on peut faire accélérer ou décélérer la machine jusqu’à l’explosion (augmentation de l’énergie du groupe.) ou l’arrêt. (Concentration).
Ex : La machine à lancer les poules. (Machine à faire quelquechose.) L’horloge. (Machine réelle.) La machine à coudre et recoudre. (Machine semi-réelle.) Le Biglotron. (Machine dont le but est déterminé par les comédien-nes.) Le corps humain. (Machine-Métaphore.), …

- L’appartement.
Handle où les comédien-nes du groupe figurent tour à tour un passage dans un appartement. Chacun-e doit apporter ou révéler un élément dans cet appartement par son jeu (Ex : A : Ouvrir la porte d’un placard, B : Apporter les courses , C : Ouvrir un tiroir…) et jouer avec tous les éléments précédemment apportés par les autres ( Suite de l’Ex : A : Rien de plus !  B : Ranger les courses et fermer le placard. C : Ouvrir le placard, prendre une boîte de conserve dans les courses, Ouvrir un tiroir  pour prendre un ouvre- boîte et sortir avec la boîte et l’ouvre boîte. D : Se prendre les pieds dans le tapis, se cogner dans le tiroir ouvert et répandre les courses sur sa tête en se raccrochant au placard. Etc….) Il n’est pas forcément besoin d’agir très originalement avec ce qui a été posé avant. L’objectif est de s’en servir un peu au moins et avec cohérence si possible. Attention cet exercice est a réserver aux groupes limités je pense (12, c’est déjà beaucoup !)

-Doublage.
Handle où 2 comédien-nes improvisent silencieusement mais en bougeant les lèvres alors que 2 autres, sur les bas-côtés improvisent les voix et paroles.

Et à coup sur, il y en a d’autres ! N’hésitez pas à en faire part !

Biblio et bases théoriques:
-Tournier, Manuel d’improvisation théatrâle, Editions de l’eau vive, 2003
-Atkins, Improv ! A handbook for actors, Heinemann, 1994
-Lesieur & Schnoering. ” Vers une écoute consciente au quotidien. ” in Approche Centrée sur la Personne, 2008.

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire »

Ké-blo !

Posté par Benjamin le 25 février 2009

71127763Il arrive souvent que l’improvisateur-trice débutant-e « se bloque » et n’avance plus. Cette expression me semble assez juste…Car lorsqu’il-le ne trouve pas, ce n’est pas qu’il-le est entré-e dans un état avancé de transe méditative…Non, pas vraiment… C’est plutôt qu’il-le se bloque. Il-le s’auto-bloque. Il intercepte l’idée qui lui était premièrement venue. Ce n’est donc pas qu’il-le ne trouve pas, mais qu’il-le a trouvé et que ce qu’il-le a trouvé sort de son champ de possible.

Dit d’une autre manière, un peu plus simple : Une des difficultés, c’est d’accepter de lâcher prise sur la situation.

En thérapie, on dit parfois que les problèmes surviennent pour le client lorsque son conscient veut faire quelque chose que son inconscient aurait mieux fait. Et bien, un des défis de l’impro au début, c’est d’apprendre à ne pas faire. A ne pas être cohérent. A ne pas prévoir. A ne pas se limiter. A ne pas trouver le fil logique.

Et, au contraire, pour l’instant, prendre le premier fil venu.

Ce qui a pour effet d’élargir le champ des possibles.

Une option utilisable pour obliger à prendre le premier fil venu, c’est de réduire le temps de normalisation, le temps que passe la personne à filtrer ses pensées pour les faire rentrer dans le moule de l’acceptable.

En poussant à l’urgence.

Exemple d’exercices :

-Faire commencer une impro à 2, l’interrompre lorsque les 2 participant-es ont des postures particulières en leur demandant de se fixer. Faire redémarrer immédiatement une impro qui n’a rien à voir. Agir ainsi plusieurs fois de suite.

-Faire danser les participants sur une musique ad hoc. Interrompre la musique en figeant les participants et faire démarrer immédiatement une impro avec une sélection de 2 à 4 personnes particulièrement originales dans leur posture.

Dans ces deux handles, bien insister sur le fait que la posture est le point de départ et qu’il s’agira de la justifier ou de s’en servir pour faire quelquechose et qu’il faut qu’il y ait le moins de temps morts possible au moment de l’interruption.

Par l’urgence, on oblige à laisser faire celui qui sait déjà improviser, puisque c’est ce qu’il fait en permanence face aux situations nouvelles, l’inconscient.

La spontanéité n’est plus alors une qualité à acquérir ou à faire grandir mais une caractéristique déjà incluse à la base qu’il s’agit de dé-couvrir en la décortiquant des envies du conscient bien intentionné mais mal placé.

« Lorsque tu fermes ta main, elle peut contenir un peu de sable. Lorsque tu ouvres la main en t’endormant, elle contient tout le sable du désert. »

Proverbe persan (Ces proverbes de sagesse antique semblent toujours persans ou asiatiques de toute manière…Il n’y avait pas de sages gaulois ou wisigoths ? Y’a-t-il un sage auvergnat dans la salle ???)


Publié dans Atelier, Exercices, Impro et PNL/NLP, Refl'Action, Uncategorized | 2 Commentaires »

“Oui et…” : Exo d’impro !

Posté par Benjamin le 24 février 2009

Suite au post sur les différents degrés d’acceptation, voici quelques exercices permettant de travailler la capacité à se mettre d’emblée dans le « Oui et… », la réponse qui permet d’accepter la proposition faite par l’autre et de construire par-dessus en un minimum de temps. Car, le temps, en impro chronométrée (type match), est un des paramètres principaux imposant une contrainte motrice. En clair, quand l’impro est chronométrée, si on veut avoir le temps de construire une histoire avec un début, un développement, une fin, il faut aller vite. Le temps limité est le moteur de l’avancée rapide. Mais d’une manière plus générale, c’est aussi, je pense, une bonne ligne directrice dans sa propre vie : Pour pouvoir faire avec les évènements, il faut déjà les avoir accepter, les accepter dans leur entièreté pour avoir une réponse des mieux ajustées.

Donc on cultive son « Oui et… ».

-Oui et…

C’est une impro avec contrainte (aussi appelé un « handle ») pour 2 comédien-nes. Il-les jouent l’impro en commençant toutes leurs répliques par « Oui et… » dit de façon claire et sonore. Le « Oui et … » est prononcé immédiatement après la proposition de l’autre, parfois avant même de savoir ce qu’on va effectivement dire. ça tourne l’esprit de manière à ce qu’il trouve une proposition adéquate, c’est-à-dire qui apporte une information nouvelle et spécifique (Bannir les généralités.)

C’est l’exercice basique, efficace, à faire sur le bout des doigts et, donc, un classique repris par de nombreux auteurs  (Et je l’ai pris présentement chez Christophe Tournier.)

-L’histoire en file continue.

2 files de comédien-ne-s se font face. Le-la premier-e d’une file commence une histoire jusqu’à ce qu’il-le soit interrompu-e par le-la formateur-trice et aille en fin de file. Le-la premier-e de la file d’en face continue et ainsi de suite. Le-la formateur-trice peut désigner quelqu’un dans la file qui fera la chute/fin de l’histoire.

En tant qu’animateur-trice, veiller absolument à ce que cel-lui qui reprend l’histoire en main ne commence pas par un « Mais » ou un « Oui mais… ». Si c’est le cas, faire reprendre. Perso, j’interromps généralement dès qu’une nouvelle information est apportée et plutôt en milieu d’une phrase en interdisant que soient repris les mots de la dernière phrase. Le-la suivant-e doit terminer la phrase. Cela réduit les risques de « Oui mais… »( mais ne les annule pas non plus !)

Variante : Le-la premier-e de file s’arrête lorsque cel-lui de derrière lui met la main sur l’épaule. Cela n’apporte presque rien en ce qui concerne l’acceptation (sauf celle de céder la main, donc bon pour un travail sur le lâcher de lead), mais par contre, s’il est demandé  d’interrompre, comme je l’ai en tête moi, dès qu’un moteur est apporté, cela peut aussi faire un bon exercice de la capacité à définir un moteur.

-Comme un mardi…

Dans la même veine que le précédent mais plus simple. En cercle, un-e comédien-ne commence une phrase, le-la suivant-e la complète et lance le début d’une autre phrase qui n’a rien à voir. Enchaîner les propositions rapidement.

Variantes : Imposer de faire rimer les 2 parties de phrase ou de construire une phrase qui ressemble à une morale d’histoire ou à un proverbe. Ces variantes ont l’avantage de détourner l’attention des participant-e-s du seul travail d’acceptation et le rendent moins ennuyeux qu’il peut l’être à la longue.

-Propositions indécentes.

Les participant-e-s marchent dans l’espace. Le-la formateur-trice introduit peu à peu des propositions de posture accompagnées d’une réplique, le tout relié à un numéro.

Ex :

1) Au Garde à vous, dire « A vos ordres ! »

2) Accroupi, dire « Le Sioux est caché. »

3) Pointant du doigt et regardant l’horizon, dire « Je vais au bout du monde. »

A chaque fois que le-la formateur-trice dit un chiffre, les comédien-nes s’arrêtent sur place et ressortent la posture et la réplique, puis repartent. Quand il-les sont habitué-e-s, enchaîner les chiffres !

Variante : Pour une même proposition, changer d’émotion/sentiment à chaque fois qu’elle doit être sortie.

Voilà donc quelques exercices visant à faciliter une acceptation spontanée et naturelle des propositions d’ordre verbal. On pourrait en trouver d’autres pour les propositions non verbales. D’ailleurs, tiens ! Je tacherai d’en parler un de ces quatres !

Biblio et bases théoriques:

-Tournier, Manuel d’improvisation théatrâle, Editions de l’eau vive, 2003

- Le Grimoire du Théatre.

Publié dans Atelier, Exercices, Uncategorized | Laisser un commentaire »