La Liasse.

L'archive des billets de l'Improvisiblog s'enrichit une fois par mois.

Archive pour la catégorie ‘Refl’Action’

Gagneur : L’ivresse de l’altitude, ivresse des profondeurs. Partie 2

Publié par Phloem le 25 septembre 2011

Alors donc que faire quand on se sent tout le temps de sauver l’impro, le spectacle, voire sauver tout le monde entier de l’impro?

Considérer que l’autre, QUEL QUE SOIT SON NIVEAU, a sa place en jeu. Intégrer que sa formation, son expérience ne sont, ni meilleures, ni pires, juste différentes. Mettre en valeur ce qui est apporté. Il ne s’agit pas de tolérance mais d’acceptation. Et même d’enthousiasme.

Christophe Tournier parle d’ « Accompagner l’autre ».
Pour entraîner ça, il y a bien sûr l’exercice d’enthousiasme consistant, au cours d’une impro à 2, à recevoir avec une immense émotion positive chacune des propositions faites par l’autre.
Vous pouvez aussi relire l’article sur les règles du service, pour aller plus loin sur la différence entre l’aide et de le sauvetage et les raisons de préférer l’aide.

Il y a, par ailleurs les exercices de groupéité, qui redonnent à la personne un rôle important sans que celui-ci soit rattaché spécifiquement à elle :

-Les délégués : 2 personnes lancent tour à tour des arguments simples dans un débat qui ne l’est pas forcément. (Sujet délicat ou inepte…) A chaque fois, tout le reste du groupe se déplace, physiquement, derrière la personne qui vient de lancer un argument et vient la supporter par tous les moyens possibles.
Veiller à ce que le support ait le temps de se développer et de prendre sa place.
Veiller à ce que le groupe __supporte__ le risposteur et non pas descende l’autre en face.
Et faites passer chaque personne du groupe une fois au moins en riposteur.
On peut ensuite debriefer en faisant exprimer le sentiment de légitimité et de confiance en soi des riposteurs, créé par le groupe derrière.

-Réactions de groupe à 4 : 4 personnes sont assises ou proches physiquement. Une autre, extérieure, leur donne un lieu. Les 4 personnes doivent réagir toutes de manière identique à tout élément qui viendrait modifier le cours de l’histoire (paroles autorisées). Les autres peuvent venir sur scène ou faire des services. C’est aussi un gros exercice d’écoute. Qui permet de se décentrer de sa propre performance.

-Les photos-souvenir, où chacun fait un élément fixe d’un panorama.

-Conversation un mot à la fois : C’est un dialogue entre 2 personnages. Mais chaque personnage est joué par un groupe de quelques personnes. Les phrases des personnages sont construites par les personnes du groupe qui, sans concertation,  ajoutent, tour à tour (ordre défini) un mot à la phrase. Celle qui considère que la phrase est finie mettra sur son mot l’intonation qu’elle considère bonne ( ?- !-.-…). Avant de tenter la conversation, il est possible de commencer par le monologue….

Certains joueurs ne passent jamais par ce stade et c’est tant mieux ! Mais pas mal d’autres y restent un long moment, ce qui n’empêche pas de passer professionnel. Au contraire même… Je pense que ce défaut aurait tendance à pousser à la professionnalisation. Car mal auto-perçu, il peut être considéré comme un signe de professionnalisme…

Bon, et là, c’est pas de pot, si vous êtes effectivement dans un fonctionnement de gagneur, il y a fort à parier que vous considériez que ce message ne vous concerne pas actuellement, ni à aucun moment du passé… Mais après, c’est à vous de gérez la manière de recevoir tout ça :-) Je peux me tromper.

A titre perso, j’ai pas mal évolué sur ce comportement. Mais c’est vrai que dans des moments de fatigue, ça peut  me reprendre… C’est pas encore totalement automatisé…Comme je le dit de temps en temps à mes clients : « J’ai pas dit que c’était facile, j’ai dit que c’était important ! »

Biblio-sitographie:
-Mon ami Wiki sur l’analyse transactionnelle
-Un blog d’analyse transactionnelle
-Tournier, Manuel d’improvisation théatrâle, Editions de l’eau vive, 2003
-Cours de C.Baumann et M.Mätzler, de LesArts

Publié dans Exercices, Impro et AT, Refl'Action | Laisser un Commentaire »

Publié par Phloem le 15 septembre 2011

J’ai récemment fait l’expérience du point auquel je pouvais être désagréable en impro il y a à peine plus d’un an… C’est quand même beaucoup plus facile de réfléchir à un truc a posteriori…Surtout quand c’est un truc pas top…

Vous est-il déjà arrivé de vous sentir bon en impro ?

Vous est-il déjà arrivé de vous sentir très bon ?

Particulièrement bon ?

Tellement bon que, peu importent les thèmes, les catégories, vous savez que vous vous en tirerez ?

Et même si bon que vous avez la capacité de « prendre en charge » l’impro… Faire avancer dans la trame de l’histoire, faire les personnages, voire même devancer les services, émailler le tout de bons mots, faire la fin…

Si ce n’est pas le cas, ce post vous permettra seulement de comprendre pourquoi vous pouvez ressentir de la violence à jouer avec des gens qui, pourtant, ne font « que » bien jouer. Quoique « bien » ne soit pas, du coup, le mot le plus adapté…Disons alors « Jouer de manière techniquement avancée.»

Si par contre vous turbinez à fond pour sauvez l’impro et avez tendance à trépigner lorsque votre coach vous oblige à ne pas rentrer sur une impro qui, évidemment, rame. Alors, bingo, vous êtes gagneur.

Ce qui n’est pas brillant.

Enfin si…Vous avez du niveau. C’est bien. C’est beaucoup mieux que bon nombre d’improvisateurs-trices de votre (ou des autres) équipe(s). Mais le problème, c’est que vous le savez…

En analyse transactionnelle, on parle parfois des [[ http://fr.wikipedia.org/wiki/Analyse_transactionnelle#Les_positions_de_vie|positions de vie]], il s’agit de croisement entre la perception de la valeur relative que l’on s’accorde et que l’on accorde à(ux) l’autre(s). Il y a quatre positions possibles :

1- Nous sommes tous les deux valables (OK+/OK+) : Posture de gagnant

2- Je suis valable, tu ne l’est pas (OK+/OK-). Posture de gagneur.

3- Je ne suis pas valable et toi tu l’es (OK-/OK+). Posture d’infériorité

4- Nous ne sommes valables ni l’un ni l’autre (OK-/OK-). Posture de renoncement…un brin suicidaire…

 

Je vais surtout m’intéresser à la 1 et à la 2. Car l’idée n’est pas de parler des gens qui en sont à leur première année d’impro (qui adorent la 3…) mais de vous, qui, honnêtement, ne vous classez plus dans les débutants.

Ainsi, le besoin d’omniprésence, le sentiment d’être un élément clef du groupe en scène, le sentiment de ne pas jouer avec des personnes de votre niveau, dénote que vous fonctionnez un brin en gagneur. Les regards de travers des autres joueurs en sont aussi un bon indicateur…

En quoi est-ce une réserve de puissance pour votre jeu que de passer de gagneur à gagnant ? Et pourquoi ces regards de travers ???

Et bien ça tient dans les 2 phrases courtes qu’on utilise pour expliquer ces 2 positions de vie :

-Gagnant :  «Allons-y ensemble.»

-Gagneur : «Vas-t-en.»

Bien sûr ce n’est pas toujours énoncé de cette manière. Ce qui peut être très violent néanmoins. Quelques exemples récents de synonyme de « Vas-t-en »/ « Allez-vous-en » :

Un joueur a qui on donne le tour pour rentrer sur une mixte, participe et accepte tout le caucus et finalement, sans prévenir quiconque, commence une impro avec un caucus qui n’a rien à voir. Une joueuse qui fait tous les personnages secondaires de l’impro alors que les autres tentent aussi d’en faire. Un joueur sur le banc qui se plaint au coach en s’énervant contre une action en train d’être posée ou un joueur en jeu.

Trop avancés pour  dire des « Non » ou des « Oui mais » mais qui, sans les dire, les traduisent en action, émotions, inerties ou rétropédalages.(Quoique…Une joueuse qui en « tacle » un autre en lui répondant qu’elle ne le connais pas, juste après une belle déclaration d’amour…C’est un refus déguisé derrière un cheveu… Il y a plein de manière de faire des « Action-Oui mais »)

Ça peut vite devenir insupportable. D’autant qu’en match, ce sont ceux-là qui vont attirer les faveurs du public. Ça peut agacer…

Et ensuite ces bons techniciens  -J’insiste là-dessus, ce sont des personnes avec des vraies compétences et qualité d’impro. C’est d’autant plus difficile de s’adresser à eux/elles – ces bons techniciens ne comprennent pas pourquoi, on les snobe, on les trouve désagréables, les blackliste… Mais ce n’est, en fait, qu’un retour de violence.

Alors que faire ?
Potions, onguents, pilules et autres suggestions de remèdes dans le prochain article.

Publié dans Impro et AT, Refl'Action | Laisser un Commentaire »

De l’intérêt de colorer…

Publié par Phloem le 16 août 2011

Pour commencer cet article, je vais reprendre le début d’un autre, plus ancien, qui traitait de structure du récit.

“Dans exercice appelé « Avance! Colore! », donné par Christophe Tournier et repris de Keith Johnston, une personne conte une histoire selon les indications d’une seconde. Cette seconde a le choix entre « Avance! » et « Colore! » puis dans un second temps « Rappelle! ». « Avance! » et « Rappelle! » enjoignent respectivement à avancer dans l’histoire, dérouler son fil et à réintroduire dans le fil de l’histoire un élément déjà cité auparavant. Johnston utilise les termes « Connect » et « Re-incorporate », que je trouve moins ludiques mais plus signifiants… Colorer par contre, c’est décrire et donner des détails sur la situation en même temps que ça ouvre des pistes. C’est très  » visuel  » comme référence, colorer…On pourrait aussi dire  » Texture ! « ,  » Épaissis ! »,  » Matérialise ! « …
Ces 3 choix, avancer, colorer, ré-incorporer, me semblent les outils de base de la construction d’une histoire. Les leviers à utiliser pour modeler l’histoire.”

Ce billet de blog de Martin Vidberg, BDiste de plus en plus de renom illustre bien l’intérêt de la coloration. Pour économiser de la place et faire en sorte que son histoire tienne en 3 planches, il fait des ellipses en passant sous silence les phases de “coloration”. Et coïncidence étonnante, les planches ne sont pas colorées non plus Noir et blanc strict! Constat :  C’est effectivement drôle. Ne faire que avancer paraît très artificiel et donne donc à sourire car “l’épopée” parait un brin facile. (J’ai un petit faible pour  “J’ai entendu ta plainte jeune aventurier, je vais te former, j’ai été moi-même chevalier de l’ordre blanc. Prend cette épéé. Ainsi s’achève ta formation.” Une phrase  apportant une info constructive par proposition! ça c’est de l’efficacité!)

Cela donne des corollaires :

  • Une manière d’être drôle peut être de ne faire que avancer. C’est d’ailleurs un des ressorts du comique dans la catégorie “Peau de chagrin”/”Dégressive”.
  • Si vous voulez tenir dans la durée, la coloration est indispensable. Si vous ne faites que avancer, en 3 planches vous avez éclusé un sujet qui pourrait tenir en 30.
  • Et conclusion plus particulière à ce cas précis, sans coloration, de nombreuses histoires “Contes et légendes” semblent des clichés sur patte…

En impro, on parle peu de la coloration, je trouve et, souvent, de “l’avancée”… Construire est une préoccupation largement répandue. Peut-être parce que cela a été très théorisé… Peut-être aussi parce que cela ne vient pas tout seul au début… Autant on peut faire des personnages très typés avec peu d’expérience, autant mener une histoire avec un début, un milieu et une fin cohérentes demande un peu de bouteille.
Et c’est peut-être aussi le piège de la coloration… Ce n’est pas parce que les bases arrivent vite que ça ne demande pas de boulot…

Mais bizarrement, pour la construction, comme pour la coloration, le boulot est le même : Il s’agit d’apprendre à canaliser son flux d’inspiration pour lui donner une cohérence.

Ce qui implique soit, en premier de créer le flux (Travail de la spontanéité), de l’épaissir et d’y faire des choix (Travail de la culture). La version créative de l’apprentissage. Celle de l’impro théatrale bien souvent.
Soit de commencer par faire lentement des choses cohérentes pour automatiser ensuite.  La version réfléchie de l’apprentissage. Celle que je pratique en impro au piano.
La version réfléchie permet de faire des choses léchées. La version créative permet de faire des choses nouvelles.

Il y a sans doute un équilibre à trouver entre les 2.

C’est pour ça que je préconise, de temps en temps, des exercices où un comedien peut “figer” le temps pour prendre le temps de sculpter son intervention à venir, son personnage ou sa phrase… Car l’exercice n’est pas le spectacle, et on peut y prendre son temps.

Voici, dans cette idée, une proposition d’exercice. Faites moi part de vos commentaires à son sujet.

Il s’agit de séparer les rôles de comédien-auteur-metteur en scène habituellement tous tenus par tous les improvisateurs en même temps.
Les comédiens y sont remis à leur seul place de comédiens. Ils jouent ce qu’on leur propose de jouer. A l’instant où ils considèrent qu’ils ont atteint la fin des d’indications, ils se figent. Pour eux, c’est acceptation-jeu d’acteur-cohérence-écoute.
Lorsque les comédiens s’arrêtent, l’auteur, sur le banc explique l’avancée suivante, de manière très généraliste. (“Tu rentres chez toi et trouves ta maison vide.”) Pour lui, c’est construction donc.
Le metteur en scène précise la coloration (Sur le chemin du retour, tu est très joyeux dans la voiture,  mais tu ne dis rien et tu nous laisse le temps de profiter de ton état, tu conduis de manière réaliste, avec des stop, des carrefours, des choix de direction. Tu ne soupçonnes rien. Ta maison est une maison de banlieue, un pavillon comme tous ceux de tes voisins. Et en faite, ta maison est vide dans le sens où tes enfants ne sont pas là alors qu’il devraient. Tu les cherches. La peur monte doucement.) Pour lui c’est coloration, spécificité et cohérence.
Les comédiens jouent la proposition et finissent de rajouter des détails, dans l’espace mince qu’il leur reste, en respectant l’ambiance qui semble avoir été voulu par les 2 directeurs. Ils ne cherchent pas à être originaux ou surprendre, mais plutôt à se mettre sur la ligne qu’on leur a proposé et aller dans ce sens. Jusqu’à ce qu’ils se figent de nouveau.
Prendre son temps au départ puis accélérer un peu après quand le fonctionnement de l’exercice est intégré.
Et bien sûr, s’exercer à tout.
Comme d’habitude

Publié dans Atelier, Exercices, Refl'Action, Spectacle | Laisser un Commentaire »

Mummenschantz, le jeu du masque, poussé au loin…

Publié par Phloem le 8 mai 2011

Mummenschantz est un groupe qui, depuis 1972 fait du théâtre-objet. C’est un peu réducteur de dire ça…

En fait, il s’agit, initialement de 3 personnes qui voulaient tout simplement créer une nouvelle forme de théâtre, qui dépasserait les limites des cultures.
Leurs spectacles sont donc très visuels. Ils font appels à de nombreux personnages que l’on pourrait semble-t-il regrouper dans 3 catégories.

  • Les masques changeant (ci-dessous)

  • Les masque intégraux ou semi-intégraux.
  • Les têtes sculptées.

Il y a 7 troupes Mummenschantz de 3 personnes qui circulent en permanence dans le monde… Ce qui fait qu’ils donnent parfois l’impression d’être partout en même temps…

Et une chose me parait certaine, ce sont des maîtres du jeu masqué, il y a beaucoup de choses à modéliser de leur jeu…

Publié dans Liens d'impro ou de loin, Refl'Action, Spectacle | Laisser un Commentaire »

Te regarder, c’est me voir…

Publié par Phloem le 17 avril 2011

Marc Fernandes, un de mes premiers formateurs en impro, m’a un jour dit “Une faute ça se commet à 2.”
J’ai depuis extrapolé cette phrase à la thérapie et je l’ai toujours en tête lorsque j’arbitre.
Mais aujourd’hui, je vais faire un message en revenant au fondamental en m’adressant au joueur. Le ton sera un peu professoral mais tant pis.

Une faute se commet à deux.
Cela signifie qu’une faute en improvisation est le fait de plusieurs personnes.
Cela semble évident pour les retards de jeux ou les confusions généralisées pendant une impro mais c’est aussi le cas quelques autres qui semblent plus personnalisées de prime abord..

J’ai eu l’illustration de cela, récemment lorsque 2 équipes au cours d’un match se sont trouvées mutuellement rudes…

(Rude, pour les personnes qui ne sauraient pas encore (les chanceuses!), c’est un comportement où on a tendance à imposer ses idées. Cela peut se traduire de bien des façons : Définir le personnage de l’autre avant qu’il ait eu le temps de le faire, refuser des propositions, donner des ordres à l’autre.)

En discutant avec avec un des joueurs, je l’ai ainsi entendu dire “Il ne m’a même pas laissé le temps de dire qu’on était dans un cabaret et il m’a carrément imposé son supermarché!” Ce à quoi, je peux répondre “Ah…Oui…Tu aurais préféré que ce soit lui qui abandonne son idée de supermarché..?”

Ainsi la rudesse, n’est elle pas ressentie du fait d’un manque de flexibilité ou de générosité…?
Le manque d’écoute n’est il pas un le reflet d’un manque d’incisivité, d’un abandon d’idée ou encore d’un manque de clarté ou de précision?
Une intervention n’a-t-elle l’opportunité d’être un cabotinage que si l’information qu’elle apporte n’est pas intégrée?

De cette dualité qui définit, en creux, d’autres carences, j’ai déduis une chose simple : Ma perception du jeu de mon partenaire m’informe sur ma propre philosophie de jeu, voire mon propre jeu.

Si vous ressentez que l’autre a un comportement de jeu gênant, cherchez-en la cause dans votre propre fonctionnement. Vous y trouverez une pistes d’amélioration.

Comme disait l’épouse de Guillaume Tell, “L’archer est un modèle pour le sage : Quand il a manqué le centre de la cible, il en cherche la cause en à lui-même”

Et toc!

Publié dans Atelier, Debriefing, Le match, Refl'Action, Spectacle | Laisser un Commentaire »

En jeu!

Publié par Phloem le 13 février 2011

De temps en temps, je dois annuler un de mes cours…
Et certains de mes élèves ont pris l’habitude de se retrouver quand même et de passer la soirée ensemble. Souvent, il-le-s jouent.
Ils jouent à un jeu qui me semble un bon entraînement à l’impro!!!
Et qui n’a pas besoin de beaucoup de matériel pour être reproduit à peu de frais!
Décidément, il-le-s n’ont que des qualités ces élèves…

A l’heure où la LMI sort le jeu du match d’impro pour jouer au match d’impro à la maison, je vais donc faire un petit post à son opposé : Jouer à des jeux de société en atelier…

La star des jeux chez mes élèves, c’est  Time’s up.

Le principe est simple, ça se passe en 3 manches.
Au début, chacun-e note sur un papier le nom d’une personne fictive ou réelle connue.
On mélange les papiers et on forme des binômes ou des trinômes.
Ensuite, à chaque manche le principe est simple : En une minute, il faut faire deviner à ses partenaire de jeu le maximum de noms de la pile. On a le droit de passer les nom qu’on trouver difficile. Pendant ce temps les autres équipes surveillent la minute qui s’écoule. Ensuite une autre équipe joue. La manche se termine quand tous les noms ont été devinés. Chaque équipe est susceptible de passer plusieurs fois

Lors de la première manche, pour se faire deviner, on a le droit de parler et de faire appel à toutes les ruses de langage (Sauf dire le nom, of course…), les autres ont droit à toutes les réponses qu’il-le-s veulent.
Lors de la deuxième manche, on a le droit de dire un seul mot et les autres n’ont qu’une seule réponse. Attention les autres équipe veillent et font passer lorsque ça rate!
Lors de la 3e manche, rebelote, une seule réponse possible mais là, on mime.

Beaucoup moins facile que ça en a l’air…

Moi, dans la série jeu adaptable en atelier, j’aime beaucoup Tic-Tac-Boummm!

A chaque manche, une personne sort du cercle. Elle se bouche les oreilles. Celle-ci regarde une horloge et décide d’un temps compris entre 5 secondes et une minute. Pendant tout ce temps elle dit Tic-Tac d’une manière un peu sadique. A la fin du temps qu’elle a elle-même déterminé, elle dit fortement ” Boum ! “.

Les autres sont en cercle et se passent un témoin (Une balle par exemple.). Un dé est tiré en début de manche. On ne peut passer le témoin que si on a dit un mot. On dit un mot qui commence (Dé 1 ou 2), contient (Dé 3 ou 4) ou finit (Dé 5 ou 6) par une syllabe piochée (J’en ai préparé une petite cinquantaine, c’est très suffisant !!!) au début de la manche  de jeu. C’est la même syllabe pendant toute la manche, qui peut durer plusieurs tours de cercle.
Le perdant est celui qui a le témoin lors du ” boum “. ça peut-être cette personne qui sort du cercle et fait le décompte. Ou alors, c’est chacun-e son tour.

Avec le même principe de décompte de temps aléatoire et de passage de témoin, il y a Patate Party. Là, il s’agit plus simplement de faire une association d’idée sur le mot donné précédemment.
Le principe du décompte aléatoire par une personne peut être exporté sur plein d’exercices et ajoute un petit enjeu souvent apprécié. ça permet de travailler la “mise sous pression” et le fait de conserver ses moyens malgré elle.

Pour bosser sur le langage, il y a aussi le Taboo. Mais là, il vaut mieux avoir la boîte. Comme pour le Jungle Speed (Super pour la rapidité et l’ écoute. En un mot, pour percuter.)
ça coûte un peu cher mais les 24, 25, 26 décembre, souvent c’est 50% sur tout le rayon jeux et jouet au supermarché. Faut y penser mais quand c’est le moment : Tayaut!

Publié dans Atelier, Exercices, Refl'Action | Laisser un Commentaire »

Le statut du Conteur.

Publié par Phloem le 5 janvier 2011

Comme vous le constatez, je publie peu ces temps…C’est juste que j’ai beaucoup de travail par ailleurs… Et quelque chose me dit qu’avec la saison des spectacles qui s’annonce, je ne vais pas aller vers plus de publication… J’essaierai néanmoins…

Voici un sujet que je fais remonter, spécialement pour le gens de l’Impropub de Grenoble pour qui je vais aller assurer un cycle de stages sur le conteur et le conte !

J’ai été sensibilisé au conte et à la fonction de conteur lors du passage de Atavi-G Amadegnato à Grenoble, en 2004. Mr Amadegnato est togolais. Ce qui me fait penser que j’ai une conception africaine du conteur.
Mais j’ai aussi l’impression qu’il y des choses transversales qu’on retrouve chez beaucoup de conteurs et conteuses. Voici un condensé de ces choses. C’est une vision parmi d’autres… Je pense que c’est à chacun de bâtir son propre personnage en adéquation avec son sentiment, pour sonner au plus juste…

  • Cell-ui qui conte règne sur le temps et l’espace qui lui est confié.

Statut de personnage légèrement dominant. Présence, aisance, maîtrise.
Sa voix est posée, ventrale.
Il-le est ancré au sol. Ses bras sont toniques, pas en force mais en puissance contenue.
Son regard est intense, dirigé. Il-le vise les regards des autres
La scène est son espace.Il-le s’y installe de manière à voir tout le monde. Et le public est entre ses mains…

  • Cell-ui qui conte a une connaissance certaine (ou sait mentir très bien !)

C’est sa connaissance qui lui autorise d’être dominant-e. Il-le Sait.
S’il ment, tout ce qu’il dit « est vrai ».
Tout ce qu’il fait ou dit, il l’a déjà vu ou entendu.
Tout ce qu’il-le dit est ce qui devait être dit.

  • Cel-lui qui conte recycle.

Il-le sait sait s’imprégner de la culture locale.
Il-le utilise les ritournelles, les jeux d’enfants du passé, les remet à son goût, au goût de l’histoire et les intègre.
De cette manière, il-le se sert de ces éléments autant qu’il les fait réapparaître mais aussi les fait évoluer.

  • Cel-lui qui conte ambiance ses histoires.

Il-le utilise son corps pour produire les sons, les musiques qu’il lui faut.
Il-le peut adopter des personnages en prenant tous les traits.
Il-le alterne entre son propre personnage et ceux de l’histoire.
Les gestes, peu nombreux mais signifiants et précis précèdent la parole.

  • Cel-lui qui conte transmet.

Il-le maîtrise son débit de parole.
Le rythme de ses paroles est celui de l’histoire.
Il-le fait très souvent silence.
Les virgules sont des points et les points sont des respirations.

Des mots, des images, du sensationnel ; Des changements de rythmes, de personnages ; De l’émotionnel ; Utilisation d’étaies d’éléments connus ; Statut dominant…  Du coup, ce n’est pas sans rappeler des notions de PNL et de communication ericksonienne tout ça, non ? (D’ailleurs -petite mise à jour-, je commence à donner des stages d’impro pour les thérapeutes ericksonien-nes… Impro for hypnotizers que ça s’appelle…)
Le conte ayant longtemps été un outil de transmission et d’éducation, pas étonnant qu’au cours du temps, les ressorts permettant une communication plus efficace aient été trouvés…
Et pas étonnant non plus que « le storytelling » aient été repris à leur compte par les politiciens.

Biblio et pistes de réflexion:

Publié dans Des Ménagements, Formules de Cabaret, Impro et PNL/NLP, Le conte improvisé, Spectacle | Laisser un Commentaire »

Rencontres de l’Instant : Réflexion sur les performances croisées entre impro musicale et théâtrale

Publié par Phloem le 26 mai 2010

Il y a peu, j’ai participé aux Rencontres de l’Instant.
Je n’y avais jamais participé et c’était très flou, pour moi, ce que ça pouvait donner…
L’idée générale : « On met des gens ensembles et il-le-s font des trucs. »
Un rien léger comme description…
Et j’ai pas mal flippé, avouons-le sur ce à quoi allait ressembler ce festival…
Un peu peur du grand n’importe quoi, avec 3 jours de « toujours la même chose »
Et bien non !

Il y avait des gens de tous horizons artistiques mais la constante c’était qu’il-le-s avaient toustes un niveau de capacités improvisatoires confirmé.

Peinture, modelage, chant, instruments du monde, électriques, électroniques, danse, théâtre,…

Des groupes décidés par l’organisation à l’avance. Des gens qui font connaissance juste avant le spectacle. Une heure de scène avec un titre global à la scène : Aviskada, Les Répliquants, Plume de Licorne et Œil de Lynx, Circle Axing, Eyjafjöll, Histoire d’entendre… Voilà la recette de ces cocktails qui ont donné des ambiances, des histoires, des moments de sensation et d’émotion très varié-e-s.
Un grand plaisir et une grande découverte pour moi.

Et aussi une réflexion sur les performances croisées entre impro musicale et théatrale…

Lors de la première performance à laquelle j’ai participé aux Rencontres de l’Instant, je me suis retrouvé face à une difficulté inattendue.
Il y avait 7 personnes sur scène. Dont 4 à la musique et 2 à la danse. (Cherchez le 7e :-) )
J’ai donc fait une histoire de 45 minutes car c’était le temps qui nous était imparti.
A la fin de l’histoire, les musiciens ont continué à jouer. Pendant une demi-heure !
Tant et si bien que j’ai redonné de la voix, ne sachant plus trop ce qu’on attendait de moi… Et j’ai fait un truc, un brin décousu, avec des phrases sans énormément d’articulation entre elles. Avec beaucoup de pauses.
Or, il semble que mes partenaires musicaux aient préféré cela à la belle histoire bien construite du départ.

Ce n’est que le lendemain que j’ai compris pourquoi.

Pour les personnes avec lesquelles j’étais, la construction n’était pas une préoccupation du tout… Car la construction sur l’instant et dans la longueur, d’un ensemble cohérent mais sans avoir de canevas/motif préalable semble, en musique, très rare. En gros, se mettre à 4 musicos pour complètement improviser un morceau de musique structuré, ça semble difficile. Alors qu’improviser une histoire qui pourrait être écrite, pour des théatreux, ça me semble bien plus fréquent.

En conséquence, le musiciens avec lesquels j’étaient, mais aussi ceux que j’ai pu voir à d’autres moments ce week-end, et quand j’y repense, ceux de sessions de jazz près de chez moi, cherchent à créer une ligne globale, sur laquelle, de temps en temps, l’un d’entre eux-lles va se détacher et faire un solo impromptu ne tenant plus trop compte des autres. Cette ligne globale pouvant être improvisée (C’était le cas lors des Rencontres.) ou bien être un motif pré-écrit (C’est souvent le cas en jazz.). Et le solo se retrouve ainsi comme une perle sur le fil mélodique personnel. Fil qui se tresse avec ceux des autres, portant leur propre solo.

Et dans ce tableau du vendredi, où le théâtreux, c’est-à-dire moi, était en minorité, je pense avoir été considéré par les autres comme un musicien… Et ils s’attendaient à ce que je me  taise plus souvent… Afin de pouvoir faire leurs solos eux aussi.

Mais  moi, j’avais un autre point de vue, celui du théâtre. Et dans mon cas particulier, la construction et donc l’histoire et sa cohérence passent avant tout. Il ne s’agit pas de faire une somme de petits moments brillants, comme des jeux de mots ou des images poétiques enfilé-e-s sur un fil mais de faire une globalité. Un seul fil d’or.

Ce qui implique que, si dans les 5 premières minutes, je commence une histoire sur un rythme tel qu’elle durera 45 minutes, je ne peux pas abandonner comme ça, l’impro pendant un temps indéterminé, le temps que chacun fasse son solo…Le temps tourne et l’histoire doit avancer…pour pouvoir terminer !!! Début, milieu, Fin…

Ce sont donc 2 conceptions qui se sont rencontrées…

-Une idée où chacun va, tour à tour ajouter un élément tout en soutenant l’apport des autres quand c’est le temps, comme une tresse avec une ou 2 perles sur chaque fil.

-Et une idée ou tout le monde tend à participer à une tresse, dont un seul est ciselé d’or sur toute sa longueur.

2 conceptions juste différentes, chacune adaptée à un contexte.

Alors il a fallut partir sur des histoires bien plus courtes, coupées en morceaux de 2 à 3 minutes, toutes les 10 minutes ou encore plus ventilée et distillée, une phrase par minute ou toutes les 2 minutes. Ce que j’ai fait le dimanche et qui a été bien plus apprécié par mes partenaires de jeux, qui ont eu le sentiment de pouvoir bien plus exister.

Mais il a fallut, par ailleurs occuper ce temps de silence.

Car l’autre difficulté de cet exercice multi-disciplinaire, c’est que, en théâtre d’impro, on est formé à faire la trame narrative, les personnages, les décors les bruitages, les mimes et l’ambiance.

Que reste-t-il alors à faire lorsque des personnes en danse se chargent du mouvement, des personnes en musique se chargent potentiellement des bruitages et musiques et qu’il y a une dizaine de personnes sur une petite scène sans qu’aucune ne doivent trop attirer l’attention sur elle ?

Peu. Des émotions, de la poésie de mot, la trame narrative (qui ne doit pas être trop élaborée, voir plus haut…). Alors, j’ai dansé, posé, regardé le public intensément.
Pris mon temps en quelque sorte.
Et finalement, l’expérience fut agréable, belle, un rien hypn0tique, ouvrante. Ouvrante, beaucoup.

Rien à voir avec tout ce que j’avais fait auparavant…

Et, une fois la bonne place trouvée, ça m’a fort donné envie de recommencer…

Publié dans Des Ménagements, Refl'Action, Spectacle | Laisser un Commentaire »

Règles de l’aide, règles du service.

Publié par Phloem le 1 mai 2010

En consultation, je raconte souvent cette anecdote-blague:
Un homme se promène dans la rue. Soudain, il aperçoit une vieille dame et un jeune homme qui se battent. Des éclats de voix arrivent jusqu’à lui.
“Mais lâchez-moi jeune homme!” ” Donnez moi ce porte monnaie, vieille bique!”
Il n’en faut pas plus pour qu’il comprenne le drame qui se joue et intervienne.
Il cours et se jette de toutes ses forces sur le gars qui secoue la vieille. Le gars tombe à terre, complètement sonné. Notre héros du jour ramasse la petite bourse, tombée lors du choc et la rend à la dame.
La petite vieille se confond en remerciement et repart pour son important rendez-vous pour le dépistage du cancer du sein.
Il appelle la police qui vient cueillir le garçon.
Et après avoir entendu celui-ci dès qu’il a repris ses esprits, les policiers arrêtent notre “héros”, l’accusant de complicité avec la célèbre Vieille Détrousseuses des arrêts de bus.

Si je vous raconte cette blague c’est qu’un des gros recadrages que j’ai subi en reprenant des cours débutants peut se résumer ainsi :  “Tu n’es pas indispensable. Tu n’as pas à sauver l’impro. Et d’ailleurs qui es-tu pour dire qu’elle a besoin d’être sauvée?”

TILT! Connexion dans mon esprit égaré…Mais c’est bien sûr!
Encore une fois, un principe relationnel s’appliquait  à l’impro…

Le principe en question :  Celui qui fait que votre intervention auprès de quelqu’un sera une aide plutôt qu’un sauvetage…
Car si l’aide peut-être bienvenue et saluée, le sauvetage peut faire de vous, et bien malgré vous, un-e persécuteur-trice puis une victime… Relisez la blague… Dans le genre, et plus connu, il y a aussi Jésus Christ, qui a mal fini…

Voici donc les règles de l’aide

  • La demande d’aide doit être clairement verbalisée ;
  • Elle doit être cadrée dans le temps et dans son contenu (« Voilà ce que je peux faire pour toi…jusqu’à… »)
  • L’aidant-e ne doit jamais faire plus de 50 % du chemin et doit vérifier que la personne aidée a fait sa part
  • L’aide doit toujours avoir pour but de rendre l’autre autonome (mieux vaut lui apprendre à pêcher que lui donner du poisson).
  • Cette aide doit comporter une contrepartie afin que l’autre ne se sente pas en dette

Transposons à l’impro…
Pour cela, remplaçons le mot “Aide” par le mot “Service” et voyons ce que ça donne…

-La demande de service doit être clairement verbalisée.
Bon, on commence déjà par une partie difficile. Mais cela correspond en plein au type de service qu’on nomme “l’appel” (“Passons au salon pour patienter, ma fille va arriver d’une minute à l’autre…”). A défaut d’appel clair, utiliser un élément évoqué auparavant dans l’histoire par le-la leader, pourra adoucir le service et renforcer la cohérence en créant une connexion dans la structure de l’histoire. (Coup de téléphone d’un plombier qui avait été évoqué 2 minutes avant dans une description.) Le service “Coup de théâtre” est à l’opposé. Sauf si c’est dans le style de l’impro (Vaudeville, Séries des années 2000,…), c’est souvent peu apprécié. Le summum étant le service “Balayage” (“Bon, les dingues on se calme, c’est l’heure de la piqûre”, dans une impro, un peu confuse certe, mais qui n’a rien à voir avec le monde de la psychiatrie!)
Le travail de connaissance du groupe avec lequel on improvise est important, parfois, il y des demandes de service non-verbales mais réelles. Et tout le monde n’a pas les mêmes signes extérieurs de panique/sécheresse/solitude intérieure. S’élancer sur une impro juste parce qu’on trouve qu’elle ne va pas assez vite peut venir briser un moment d’émotion…

-Le service doit être cadré dans le temps et dans le contenu.
Sont visés ici, les gens qui prennent, sans raison, 45 secondes pour apporter la nouvelle information… Ceux à qui le public, les joueurs, et même les personnages ont envie de dire “Venez en au fait” (ou plus trivialement ” Accouche!!!!!!!!”) Et puis aussi ceux qui ne sortent pas de scène ensuite…
Pour reprendre Finpoil, sachez sortir.

Pour le contenu, haro sur le cabotinage! Servir pour ne rien apporter… Merci! Au rayon des se(r)vices divers et (a)variés, remettons ici le “balayage” ou encore le service “ça vaut rien”, consistant en la destruction simple de la dernière proposition.( La roue crève, soudain une fée surgit et répare la roue.)

-Le-La serveur-e ne doit jamais faire plus de 50 % du boulot (et doit vérifier que le leader a fait sa part.)
Le “ça vaut rien” en est le parfait contre-exemple.
Vouloir absolument que l’histoire prenne la tournure qu’on amène, c’est de la rudesse.
A l’inverse, le leader doit incorporer le service à son jeu, sinon, c’est un refus.
Chacun sa part, donnant-donnant… Ce paragraphe va tout particulièrement bien avec le suivant :

-Le service doit avoir pour but de rendre l’autre autonome.
Un-e serveur-e qui se rend indispensable à l’histoire… C’est un-e leader-e. Ce qui correspond au service “Vol de lead.”
Pour éviter de vous rendre indispensable, apportez du grain au moulin, pas de la farine. Évitez de prendre en charge l’autre ou de prendre trop de décisions qui vont courber l’histoire. Donc…Ne faites pas plus de la moitié du boulot et laisser au-à la leader-e la liberté de faire ce qu’il-le veut de ce que vous lui apportez…

-Ce service doit comporter une contrepartie afin que l’autre ne se sente pas en dette (et vous “bien brave”…)
Alternez les rôles. Ne vous posez pas systématiquement en leader-e ou en serveur-e. Que vous puissiez bénéficier aussi des services des autres et vice-versa. Que vous contribuiez à mettre en valeur les autres, leurs idées, leurs compétences et vice- versa. Ou alors, faites vous payer… C’est sur cela que repose le secteur tertiaire et l’économie de service… Mais  en impro, alternez les rôles est quand même la solution la plus durable. (Vous en connaissez beaucoup des groupes d’impro où on accepte que ce soit toujours les même qui incarne les héros-héroïnes ?) Faire attention à cette alternance est un des rôles du-de la coach en match d’impro. Il-le s’aide pour cela de la feuille qu’il-le rempli à chaque impro.

Utilisées au quotidien, en famille, avec les amis et les collègues, les règles régissant l’aide permettent d’éviter de tomber dans le sauvetage et sont des verrous de sauvegarde de relations saines. En impro, elles me paraissent être de bonne garantes de la qualité des services et d’un esprit de jeu généreux.
Alors désormais ma blague aura aussi sa place dans mes ateliers…

Biblio et pistes de réflexion:

Publié dans Atelier, Impro et PNL/NLP, Refl'Action | Laisser un Commentaire »

Structuration de récits…

Publié par Phloem le 1 avril 2010

Dans exercice appelé “Avance! Colore!”, donné par Christophe Tournier et repris de Keith Johnston, une personne conte une histoire selon les indications d’une seconde. Cette seconde a le choix entre “Avance!” et “Colore!” puis dans un second temps “Rappelle!”. “Avance!” et “Rappelle!” enjoignent respectivement à avancer dans l’histoire, dérouler son fil et à réintroduire dans le fil de l’histoire un élément déjà cité auparavant. Johnston utilise les termes “Connect” et “Re-incorporate”, que je trouve moins ludiques mais plus signifiants… Colorer par contre, c’est décrire et donner des détails sur la situation en même temps que ça ouvre des pistes. C’est très ” visuel ” comme référence, colorer…On pourrait aussi dire ” Texture ! “, ” Épaissis !”, ” Matérialise ! “…
Ces 3 choix, avancer, colorer, ré-incorporer, me semblent les outils de base de la construction d’une histoire. Les leviers à utiliser pour modeler l’histoire.

Le niveau d’organisation du dessus me parait être la structure du récit. La structure, pour moi, c’est la manière dont on agence les 3 leviers.
Des structures, il y en a pas mal…

La plus courante est la structure linéaire. On avance, on colore, on avance, on colore, on réincorpore de temps en temps mais le récit suit globalement un seul chemin principal qui toujours va de l’avant. L’exemple type sont les séries télé d’avant 2000. C’est flagrant dans une série policière où l’épisode avance au rythme de l’avancée (!) dans l’enquête.

Lorsque, suivant une structure de base linéaire, l’histoire termine sur son propre point de départ, la structure est circulaire. Le cas est visible dans une série comme “Sliders, les mondes parallèles” ou “Code Quantum” où les personnages principaux arrivent dans un nouveau monde à apprivoiser, avec une mission à accomplir et le quitte pour se retrouver dans un autre à la fin de chaque épisode. Et tout est à refaire. Dans ces séries, le bouclage est grossier mais a le mérite d’être illustratif. Dans le film “L’Effet Papillon“, le héros peut modifier des éléments du passé pour modifier le présent (avec des différence d’avancée et de coloration, c’est tout l’argument du film…). La structure globale du film est plutôt en marguerite ou en framboise. C’est surtout le cas des séries ci-dessus si on les regarde dans leur ensemble plutôt que épisode par épisode.

La vrai boucle est assez rare car souvent, le personnage évolue entre le début et la fin. Par exemple Candide revient chez lui, mais avec plus d’expérience. La boucle est devenue un début de spirale en ouverture. Dans certaines nouvelles de Tchekhov, la spirale est en fermeture, le personnage se retrouvant au final dans la même situation qu’au départ mais en pire (Vivant dans l’ennui, vieux ET pauvre.)

Enfin, mais pas des moindre, la cathédrale. Plusieurs lignes de récits, initialement séparées deviennent peu à peu connectées puis même rassemblées. Tous les romans de Bernard Werber que j’ai lu sont construits sur ce schéma. C’en est sans doute le précurseur. Et, en tout cas, il a poussé cela très loin.  Lignes narratives issues d’univers différents, ligne purement descriptive, avec globalement un nombre de lignes qui tient parfois sur 2 mains et des cathédrales imbriquées! Pour continuer dans les séries, la saison 1 de “Heroes” est en un très bon exemple. (Attention, le lien vers wikipedia peut déflorer des choses importantes de la série…) La série a été tournée par plusieurs équipes en parallèle qui ne se sont presque jamais rencontrées. Et ce n’est qu’au dernier épisode qu’on saisit le rôle de chacun. Cette série est d’ailleurs assez incroyable de richesse en structures quand on l’observe dans son ensemble ainsi que épisode par épisode. Cela est notamment dû aux spécificités des personnages (Personnalité multiples, voyageant dans le temps et l’espace entre autres, vision du futur…). Mais en ce qui concerne la cathédrale, le grand architecte, c’est Werber (OK, elle était facile…).

Le contraire de la cathédrale, l’arbre, un seul début pour plusieurs fins possibles, est une structure que l’on retrouve dans les “livres dont vous êtes le héros.”. Bien que souvent, là-dessous se cache une structure linéaire : Soit vos choix amènent votre personnage à la fin que l’auteur a décidé pour vous, soit votre personnage meurt. Ce n’est pas toujours aussi frustrant mais le nombre de fins, au regard du nombre de choix effectués au cours de la lecture, est assez réduit… Certains jeux vidéo de stratégie peuvent, je pense, concourir dans cette catégorie. Et puis, il y a les fins alternatives proposées en bonus de film en DVD. ( “L’Effet Papillon“…)

En impro, la structure peut-être décidée en caucus, lors d’impro de type comparé. Elles sont toutes jouables mais attention cependant au différences de code qu’amènent les structures cathédrales et arbres… Vos compétences d’auto-mise en scène doivent aussi être mobilisées là dessus…

Bibliographie et bases théoriques :

Publié dans Atelier, Le conte improvisé, Refl'Action | Laisser un Commentaire »

 
Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.