La Liasse.

L’archive des billets de l’Improvisiblog.

Archive de la catégorie «Exercices»

Gestion de l’erreur et non compétitivité.

Posté par Benjamin le 5 juillet 2009

Erreur n’est pas faute, tous les inspecteurs de l’Education Nationale et autres didacticiens vous le diront…L’erreur est inévitable dans les apprentissages. En entraînement, elle est particulièrement bénéfique en cela qu’elle permet de réduire les chances qu’elle se reproduise en situation de spectacle.
Mais faire ces constats, n’aide pas vraiment à trouver des solutions pour arriver à la gérer…

Que faire face à quelqu’un qui loupe un exo ?
Dans un contexte de formation où la coopération doit être mise en avant, dans un esprit d’équipe et de plaisir de pratiquer, que faire ?
Comment faire en sorte que l’erreur soit prise en compte sans pour autant instaurer une compétition qui nuirait au groupe ?

Ces derniers mois, j’ai découvert différentes consigne-réactions face à l’erreur dans le cas des exercices en groupe type ” Mot lancé “, en groupe, formant un cercle.

  • La manière qui revient (trop) souvent, c’est ” Tu rates, Tu sors du cercle.”

»>La personne qui aurait le plus besoin de l’exo est la première à s’en retrouver privée et se retrouve mise à l’écart.  Issu du modèle de pédagogie transmissive, ça me parait le top de la compétition…. Faire une erreur est une faute qui entraîne une punition. Vous aurez compris que, même si c’est la première que j’ai découverte, elle ne me convient pas du tout.

  • Avoir, dès le départ, 2 (ou plus) cercles d’exercice qui ont, soit les mêmes consignes, soit des consignes différentes. Passage dans le cercle d’à côté quand on trébuche.

»>Il y a encore exclusion du groupe mais, au moins, dans l’exclusion, l’exercice continue.
En cas d’exercices différents dans les 2 cercles, il faut faire attention alors à avoir des difficultés similaires, sinon un cercle va se vider… Sinon, à vous de trouver 2 consignes sur un même type d’exercice, un cercle étant considéré comme le groupe avancé, et l’autre celui où on se prépare pour être dans l’avancé.
Par exemple faire 3 cercles : 2 Simples, 1 avec un mot lancé en association d’idée et 1 avec un mot lancé en rime. Et 1 Complexe alliant les 2 autres consignes : Mot lancé associé-rimé en même temps ou encore, chacun devant donner 2 mot d’affilé, un associé à celui du joueur précédent puis un rimé avec celui qu’on vient soit même de donner. Redescente dans un des 2 autres cercles en fonction de ce sur quoi on trébuche. On commence à entrer dans la pédagogie différenciée, non?  Ah, oui, ne pas craindre les cercles de 2 ou de 3 personnes seulement, ça fait bosser plus.

  • En cas de non réponse ou de bourde manifeste, le suivant prend le relais naturellement. On insiste sur l’idée que tout continue normalement, inutile de se flageller.

»>Quelqu’un qui a besoin de l’exercice peut se retrouver à passer son tour systématiquement. Mais cela met au centre l’idée que personne n’est infaillible et que la réussite est une réussite de groupe, qu’on peut compter sur les autres. Part du principe que ” marquer le coup ” ne sert à rien et que ce qui compte c’est que le spectacle continue. Contribue particulièrement à faire diminuer la pression  que le-la participant-e se met…
Etonnant de se rendre compte à quel point il est difficile pour certain-e de ne pas montrer de signe d’affliction après une erreur…Question d’éducation ?
NB : Mode de gestion plus facile à mettre en place lorsque l’exercice suit un rythme (dans le cas du mot lancé précisément ou dans d’autres exercices basés sur le fait de compter.)

  • Le-la meneur-neuse désigne, à sa seule et très pointilleuse appréciation, la personne qu’il-le considère comme ne répondant pas adéquatement à la consigne et lui dis  ” Tu cours ! ” Cette personne fait alors le tour du cercle en courant puis revient à sa place. L’exercice se poursuit pendant ce temps.

»>Mise à l’écart mais retour très rapide dans l’exo. Sanction qui a un poids (c’est casse-pied de tourner en rond, surtout à répétition !!!) relatif mais qui a son utilité technique (ça échauffe de courir.) Et puis, c’est aussi un jeu autour de la faillibilité du formateur car on peut être condamné-e à courir même si l’erreur est discutable. Cela permet aussi de percevoir que l’erreur est toujours discutable…Car en impro, les ” règles ” n’existent que pour qu’on puisse ensuite s’en défaire pour s’adapter à la situation… Et puis, le formateur peut aussi se faire éjecter temporairement lorsqu’il se trompe dans l’exercice, n’est ce pas merveilleux ?

La variante de Keith Johnstone et Patti Stiles, rapportée par Bulle Carrée sur Le Caucus, me parait le degré du dessus puisque le-la meneur-euse ne dis pas ” Tu cours ” mais ” Meurs ! ” et ” le-la mort-e ” prend la place du meneur dans le rôle du ” tueur “. ça me parait un cran au dessus dans l’aspect violent que peut avoir le relevé de l’erreur. Je ne suis pas sûr que ça soit utile. L’effet “  A la fin, un joueur qui se trompe en vient à crier ” Meurs! ” en même temps que le groupe ou même avant. ” se retrouve tout à fait avec ” Tu cours ! ” Et ça se passe tout autant dans la bonne humeur.

Je ne pense pas qu’il faille adopter un mode de gestion et le conserver coûte que coûte mais plutôt alterner entre ceux qui collent à votre propre style. Il y en a d’ailleurs sans doute d’autres, que je serai très curieux de découvrir (Mon mail est ouvert !). Alliés à la pratique du feedback en sandwich, ce sont pour moi des moyens de former en minimisant la frustration et en maximisant la bonne humeur.
Car je retiens que, quel que soit le mode de gestion utilisé, la bonne humeur est essentielle !!!
Let’s amuse !

Biblio et bases théoriques:
¤Bulle Carrée sur le Blog  Le Caucus : Le plaisir de se planter
¤Article Erreur de Wikipedia.
¤Astolfi, ” Chercheurs et enseignants: Repères pour enseigner aujourd’hui. ” INRP, 1999
¤Paul-Cavallier,” Jeux de coopération pour le formateur “, Eyrolles, Ed d’Organisation 2008.

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La rupture, vue par la PNL et les violations du méta-modèles

Posté par Benjamin le 14 juin 2009

Il y a bientôt 2 mois maintenant, j’ai recommencé à prendre des cours d’impro. Je me suis inscrit aux cours de LesArts. C’est ce que j’avais en projet en reprenant l’impro en septembre, hélas tous les cours qu’ils proposaient étaient complets… Ce qui,  de péripéties en péripéties à abouti à mon adhésion à l’équipe de Cluses, aux cours que je dispense ça et là et, in fine, à ce site internet. Comme quoi, un refus peut aussi être un moteur. Mais ce n’est pas l’objet de mon post du jour…
Je suis inscrit à un cours débutant. (Ce que je trouve tout à fait intéressant à plus d’un titre et je conseillerai volontiers d’en faire autant à quelques improvisateur-trices expérimenté-e-s… ). Et il se trouve qu’il y a quelques temps, nous avons travaillé la rupture.
La rupture, comme son nom l’indique est une cassure au cours de l’histoire, un tournant, en forme de point de crise, qui va occasionner un développement. Développement qui suscitera l’intérêt du public. La rupture est en quelque sorte un virage dans l’histoire, au même titre qu’un piton qu’on fixe en escalade après avoir fait un bout de chemin et qui permet de continuer encore un peu.

Lors de ce cours, 2 modes de ruptures ont été présentés et travaillés.

  • La maximisation : Prendre n’importe quel événement insignifiant de l’impro et lui en donner un au cours d’une réaction physique ou émotionnelle extrême.

Ex : Elle arrive avec un sac à main. Il est pris d’une peur terrible face à cet objet inconnu.

  • La minimisation : Rester sans réaction notable face à un fait qui pourrait être communément considéré comme sidérant.

Ex : Elle arrive avec un sac à main en crocodile, avec pattes, dents et agressivité et lui, le décale gentiment pour éviter d’être mordu comme c’est arrivé la semaine dernière avec son manteau en tigre.

Les terme minimisation et maximisation n’ont pas tilté tout de suite dans mon esprit mais ce sont 2 des erreurs logiques (aussi connues sous le nom de violations du méta-modèle, pour les puristes…) qu’on trouve, en PNL, à l’origine des liens erronés aboutissant à la mise en place de croyances limitantes.
Or, une erreur logique, voilà qui crée une rupture dans le cours attendu d’une histoire…

En voici donc d’autres, avec ce que cela pourrait donner en impro…

  • La surgénéralistation : Faire une généralisation qui teinte un ensemble d’évènement.

Ex : Elle arrive avec un sac à main. Et comme c’est la seule femme qu’il connaît, il en déduit que toutes les femmes portent un sac à main. (Ce qui ne porte pas un sac à main n’est donc pas une femme.)

  • L’inférence arbitraire : Trouver une cause cachée et hasardeuse à un évènement.

Ex : Elle arrive avec un sac à main. Il pense que pour se conduire ainsi elle a dû développer une grave dépendance vis-à-vis des sacs à main.
Ou, pour reprendre la croyance née du cas présenté pour la surgénéralisation, si, plus tard, elles arrive sans son sac à main, il en déduit qu’elle a changé de sexe.

  • L’abstraction sélective : Retenir seulement les faits qui nous ” conviennent “.

Ex : Elle arrive avec un sac à main, particulièrement élégante. Il retient que les chaussures et le sac à main ne sont pas coordonnés et lui fait remarquer qu’elle ne fait guère de progrès dans sa tenue.

  • Le raisonnement en tout ou rien : Considérer que les intermédiaires n’existent pas et que la situation est binaire.

Ex : Elle arrive avec un sac à main, particulièrement élégante. Il note que les chaussures et le sac à main ne sont pas coordonnés et en déduit que c’est une souillon désargentée sans éducation.

  • La personnalisation : Prendre tout pour soi.

Ex : Elle arrive avec un sac à main. Il le trouve beau et  prend ça comme un  silencieux  commentaire désobligeant concernant son propre sac.

Les erreurs logiques sont des mécanismes mis en route dès le plus jeune age pour donner un sens au monde qui nous entoure. Donner du sens en rapprochant des évènements sans lien préalables, ça se rapproche de la Construction, non ?
En effet, ces erreurs logiques vont créer des contraintes et donc des situations auxquelles il va falloir trouve des solutions. Si on était en thérapie, on tacherait de remonter à l’erreur logique pour la dénouer et ainsi supprimer la contrainte. Mais comme on est en impro, on se garde bien de le faire ! ” Contraintes amenant une recherche de solution(s) “, ça correspond assez la définition d’un moteur. Et rétablir la logique, ça ressemblerait alors à un refus…

Un bon gros moteur me semble néanmoins constitué de plusieurs erreur logiques d’affilés.
Ex : Elle arrive avec un sac à main, particulièrement élégante. Il voit qu’aujourd’hui, elle a mis son tailleur vert (abstraction sélective), comme le jour de leur rencontre, elle a donc sans doute rencontré un nouvel amant (inférence arbitraire.). C’est donc que lui ne sait plus la satisfaire (personnalisation.) ‘ Sans autre raison que ce tailleur vert, il va tout faire pour lui plaire en cherchant à démasquer un amant potentiel. Bienvenue dans une bonne base de vaudeville…

Bon, c’est bien beau tout ça mais comment faire pour s’entraîner à utiliser tout ça… ?
Et bien ça passe par la mise en situation…

A) Par groupe de 2, sur le mode du conte à 2 voix, une personne fait un début d’histoire, le plus descriptif possible et s’arrête après 2-3 phrases maximum. L’autre personne fait la suite en introduisant une rupture selon un mode préalablement choisi.

B) Même exercice mais en impro préparée à 2.
Imposer un type de rupture que tous les groupes devront introduire dans leur impro. Faire réfléchir tout le groupe en même temps pendant 1 à 2 minutes puis faire passez tous les binômes les uns après les autres. Dans la préparation, déterminer les perso, leur relation, le lieu et le point de rupture. La durée n’est pas imposée mais laisser le temps d’installer la scène, la rupture et l’avancée dans l’histoire que la rupture doit induire.

C) En guise de prolongation, vous pouvez faire travailler à 3. 1 personne est mise à l’écart. Les 2 autres préparent une impro comme précédemment puis déterminent le type de rupture qu’elles choisissent et comment elle prendra forme. La n°1 revient, les 2 autres la préviennent des perso, leur relation et du lieu mais c’est tout. L’impro se joue et la personne 1 a pour consigne de seulement jouer et intégrer ce qui est fait.

Un autre intérêt à la chose…
Là où je trouve un intérêt tout particulier à ces liens entre moteur et erreur logique, c’est que ça donne une explication au rire du public…
En thérapie, le rire est un effet du changement d’angle de vue par introduction d’éléments nouveaux, montrant que le cadre de référence peut être interprété différemment.
En quelques sorte ” Pendant que notre schéma de croyances se réorganise : Rions ! ça passera mieux ! “
ça tient assez bien la comparaison avec ce qu’il se passe sur scène. Un ensemble cohérent de règles régissant l’univers joué est progressivement mis en place et à chacun des évènements  dénotant d’une règle, il y a rire car ces règles diffèrent de celles communément admises. Et plus tard, si on déroge à ces ” nouvelles ” règles en se rapprochant de celles communément admises, il y aura aussi rire car les personnages n’auront, eux, pas la réaction que le public attend. Pour le public, la situation se rapproche de la normale alors que pour les personnages elle sort des règles premières…
Donc, une piste pour être drôle, c’est d’outrepasser les règles habituelles en en posant d’autres, à outrepasser en leur temps.
So…Break the rules !

Biblio et bases théoriques:

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L’échauffement solitaire…(Rien d’interdit par l’Eglise.)

Posté par Benjamin le 29 mai 2009

Idéalement, l’échauffement, se fait en groupe, avec tous les participant-e-s du spectacle… Mais pour un tas de raisons, vous pouvez être amené-e-s à prendre l’initiative de vous échauffer seul-e-s.(Arbitre qui oublie son rôle de contrôle qualité du spectacle, Coach aux fraises qui assume pas son rôle de manager, équipe en retard ou qui n’a pas envie de s’échauffer, ou encore, parfois, sur des spectacles d’impro autres que les match …)

Voici donc quelques pistes d’exercices d’échauffement solitaire. Et comme vous le percevrez sans doute, ça ressemble plus à un échauffement de comédien-ne qu’à un échauffement d’improvisateur-trice. C’est donc assez générique et passe partout. Ça peut même être fait en groupe.

Pour la concentration vous pouvez :

-Fermer les yeux un instant en respirant largement. L’Inspir par le nez, l’expir par la bouche. Avec possibilité de compter. Vous pouvez même envisager de compter le temps où vous êtes « à plein » ainsi que celui où vous êtes « à vide. ». Perso, j’aime bien le « comptage carré ». 4 temps sur l’inspir, 4 temps sur le plein, 4 sur l’expir et 4 sur le vide. J’aime bien la sensation lors du vide. Sans doute parce que c’est sur le vide que les muscles respiratoires sont détendus…

Pour la voix :

-Concernant la phonation,  chanter doucement bouche fermée sur “mmm” ou “nnn”.  A faible intensité au départ, en variant la hauteur du son, faire des « montée descente » de l’aigüe au grave et vice-versa. Augmenter peu à peu l’intensité, sans forcer.

Peut se faire bouche ouverte sur des voyelles pour commencer à échauffer le visage et l’articulation.

-Et spécialement pour l’articulation, quelques virelangues pour poursuivre. Vous en trouverez quelques-uns ici. Variez, en exagérant le trait.

Pour le corps :

-Exercer les articulations en faisant des mouvements naturels. Suivez « un plan de vol ». Par exemple, commencer aux orteils puis remonter articulation par articulation jusqu’au bout des doigts et à la tête. Une dizaine de mouvements par articulation c’est un bon début. Cette partie, normalement, fait particulièrement monter la température…

-Des automassages. Je vais faire un article spécialement là-dessus bientôt… Patience  :-)

Pour que le hamster du grenier tourne plus vite dans sa roue :

-« 1-2-3-4 »  aussi connu sous le nom de Montée-Descente.

Il s’agit de répéter de plus en plus vite « 1-2-3-4 » Mais après deux fois, on remplace le 1 par un clap des 2 mains. Encore 2 fois plus loin, on conserve le clap à la place du 1 mais on remplace aussi le 2 par une tape des 2 mains sur le torse. 2 tournées à ce régime et on remplace le 3 par une tape simultanée sur chacune des cuisses. Et pour remplacer le 4, on lève une jambe pour taper la cheville. Après un moment,(10 tournée exactement…) on ne dit plus rien et on ne fais que les gestes : Clap-Torse-Cuisses-Cheville. C’était la descente. On continue en rebroussant chemin toute les 2 tournées. On recommence par dire 4 sans le geste de cheville, puis 3, puis 2 puis 1, jusqu’à retomber sur la série de départ. Et on peut continuer comme ça aussi longtemps qu’on veut en accélérant.

-Prendre une phrase banale et la dire en jouant des émotions différentes. Aller chercher des émotions/états internes un peu atypiques. (La soumission, la malice, la suspicion…)

Et pour la confiance, la détente et le hamster, je suggère une petite auto-hypnose simple où il s’agira de sentir successivement les qualités que vous souhaiter particulièrement avoir au cours du spectacle, entrer dans votre corps. Pour moi, ce sont des brumes de couleurs avec différentes textures que j’inspire lors de la respiration et qui envahissent chacun de mes recoins. Vous pouvez aussi imaginer que vous vous connectez aux pensées de vos improvisateurs-trices préféré-e-s/mentors/modèles. Et pour terminer, pour vous donnez la pêche, voyez vous en train d’accélérer, imaginez que vous prenez de la vitesse, en plus encore et plus encore et plus encore. Tout ça peut se faire en musique. Pour la phase d’accélération, je vous suggère Deep channel de Afro Celt Sound system. Accrochez votre rythme à la musique et  laissez vous accélérer sans vous en faire…

Et bon spectacle!

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Exercices pour un échauffement avant spectacle.

Posté par Benjamin le 24 mai 2009

Choses promise, chose due ! Plus de 2 mois après en avoir parlé, voici des suggestions d’exercices pour un échauffement en groupe.

J’en mets plusieurs par « catégorie ». Il vaut mieux en sélectionner un ou 2 de chaque plutôt que tous les faire car ce serait beaucoup et, donc, contreproductif… D’autant que la « catégorisation » des exercices est tout à fait subjective, les exercices recouvrant presque toujours plusieurs domaines…

Concentration :

-La plume.

Par groupe de 4 à 8. Le groupe à une mission, faire tenir une plume en l’air par tous les moyens mais sans la toucher… Si elle tombe à terre, un membre part dans un autre groupe, on remet la plume à bonne hauteur à la main puis on recommence. Utiliser des plumes qui ne tombent pas trop vite… Pour faire le test, essayer de faire l’exercice seul-e. Si vous y arrivez c’est que la plume est OK. Perso, j’utilise du duvet de pigeon mais on peut aussi utiliser des morceaux de plumes « marabout » aux couleurs artificielles, trouvée en magasin de déguisement. Suivant l’ambiance qu’on impose lors de cet exercice, on peut aboutir à une bonne concentration ou à des rires incontrôlables…Dans tous les cas, il est très bon pour briser la glace et faire se mélanger dans un esprit de coopération

-La bouteille.

Par groupe de 6-8. Une personne est au milieu du cercle serré formé par les autres. Cette personne est relativement raide et ancrée mais, en conservant tout le long de l’exercice les yeux fermés, se laisse aller à basculer vers une direction. Ensuite c’est aux autres membres du groupe de la rattraper puis de se la passer. Pas d’à coup, ni de violence. On se passe un être humain inerte, pas un sac de riz !

- L’Epi de conspiration. : Voir dans l’article concernant la Synchro ! Les exo de cet article pourraient d’ailleurs, pour beaucoup, se retrouver ici.

- Des massages courts.

Ecoute.

- Passage de balles avec couleurs.

En cercle, les participant-e-s se lancent aléatoirement une balle. Cette balle est associée à une couleur, dite lors du lancer. (Si possible une couleur différente de celle de la balle…)  La balle ne doit pas perdre « sa couleur ».On poursuit avec de plus en plus de balles.

-Stop ‘n Go

Marche dans l’espace. Si une personne du groupe s’arrête sur place tout le monde doit en faire autant. Si une personne redémarre tout le monde redémarre.

-Passage d’électricité.

Se donnant la main, les participants doivent transmettre « l’électricité ». Quand on leur serre la main gauche, il doive transmettre en serrant la droite et inversement. Avec un-e meneur-euse qui envoie et réceptionne les secousses en les comptabilisant, ça peut faciliter les choses.

Imagination-Spontanéité.

-Passage de balles avec mot lancés en association d’idées.

- Marche dans l’espace dans un certain état émotionnel avec changement d’émotion lors clap du-de la meneur-euse.

-Débuts d’impro : Utiles aussi pour travailler l’énergie.

Soit en gardien de but/goaler : Une personne, le goaler, face à une file d’autres arrivant tour à tour avec un personnage. Le goaler doit accepter et entrer dans le jeu. Quand il est passé avec toutes les personnes de la file, il cède sa place à une de celles-ci.Variante : Le goaler n’est pas immobile mais fait un geste répétitif qu’il doit intégrer dans le jeu de l’autre. Changement de geste à chaque nouveau personnage qui arrive.

Soit en clap-position : 2 personnes commencent une impro, une personne de l’assistance les interrompt en tapant dans ses mains après moins d’une minute de jeu. Les 2 se figent en position. La personne qui a interrompu fait sortir une des 2 autres en prenant sa position et commence une autre impro, avec la position du binôme comme base d’inspiration. Et ainsi de suite pendant un moment.

Energie.

-Le passage d’énergie (Voir l’article concerné!)

-Tape l’épaule. : Il s’agit de compter de 1 à 7. Chacun-e donne un chiffre jusqu’à 7 puis la parole continue de circuler en reprenant à 1 et ainsi de suite. Mais des gestes sont associés. De 1 à 6, on tape sur son épaule droite ou gauche avec la main opposée. L’épaule tapée désigne le-la voisin-e à qui on transmet la parole. On peut donc faire poursuivre dans le même sens ou inverser le sens de circulation du comptage (ça ressemble au passage d’énergie…). Sur le chiffre 7, la personne qui le dit mime un cadre de tableau autour de son buste, avec une main au dessus de la tête et une main sous le nombril. La main qui est au-dessus de la tête désigne le-la voisine qui recommence à 1. Le-la meneur-e est seul juge de la qualité de ce qui est fait. S’il-le considère qu’une personne s’est trompée, à bafouillé, etc…Il-le lui lance « Tu cours ! » et la personne fait un tour extérieur de cercle en courant avant de reprendre sa place. Encore un exo où on rigole beaucoup !

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Le passage d’énergie. ( Ia !)

Posté par Benjamin le 2 avril 2009

cercle-denergie

Ah ! « Le  Ia ! »…Mon jeu préféré ! Je pourrais en faire des heures durant ! Je ne m’en lasse pas ! Alors, c’est totalement subjectivement que je considère qu’il vaut bien un article à lui tout seul!

Hélas, triple, hélas, au regard de ce qu’il dégage lorsqu’on le pratique, de la vivacité et spontanéité qu’il entraîne, il est assez pathétique à décrire…Si l’Esprit du Passage d’Energie passe sur ce blog, je lui fais d’ors est déjà toutes mes excuses pour ce crime de lèse majesté que pourra être une description figée, statique, antinomique de son dynamisme..! Oui, je pêche mais pardonnez moi c’est dans l’espoir de répandre l’énergie du Ia ! Aller, j’expie et j’explique.

Le principe de base est simple. Le groupe est en cercle. Avec un bras, vous faites passer l’énergie à votre voisin-e situé-e à l’opposé de ce bras (ce qui vous fait légèrement pivoter.). Et ce-tte voisin-e fait immédiatement ensuite, de même. Et ainsi de suite. Le plus vite possible. C’est un peu comme des dominos qui tombent en chaîne…

Et à chaque fois que vous l’énergie passe par quelqu’un, cell-ui-ci dit d’une voix claire et nette : «  Ia ! »

C’est donc la base.

Mais s’il n’y a que ça, le passage d’énergie se fait ad vitam dans le même sens et ça tourne en rond. Très vite d’accord, mais en rond, quand même.

Alors, il y a les Rebonds. Et c’est là que ça devient intéressant…

Le Rebonds, ce sont des interruptions, décidées par qui a l’énergie et qui ont un impact sur la suite immédiate du jeu. On peut en inventer plein. Chaque équipe a les siens et les rencontres d’impro sont l’occasion de les échanger et d’enrichir son répertoire. J’ai fait un petit classement, discutable mais rendant plus digeste, de ceux que je pratique le plus régulièrement…

Les rebonds qui modifient le trajet de l’énergie.

-« Holden ! » + Geste de tirer 2 manettes qui se trouveraient de chaque côté de la tête : Fait repartir l’énergie dans le sens inverse.

-« A-I ! » + Geste des mains mimant des lunettes autour des yeux : L’énergie saute la personne suivante sur son trajet pour arriver à sa voisine.

-« Meuh ! » + Geste des mains mimant des  cornes de chaque côté de la tête : L’énergie saute les 2 personnes suivantes sur son trajet (C’est un A-I un peu plus puissant…)

Zap ! » + Geste de télécommande en direction d’une personne : L’énergie passe à la personne pointée par la télécommande fictive.

-« Je vend ! » + Geste de pointer un objet vers le ciel : L’énergie passe au premier qui crie « J’achète ! » (Les ex-aequo sont départagent rapidement…Le-la premier-e qui refait passer l’énergie est celui qui l’a emporté !)

Les rebonds impliquant une mobilisation du groupe:

-La montée d’énergie :  « Ooooooooo ! Oy !Oy !Oy ! » Le « O » du début est accompagné par un tremblement de la main de l’ensemble des participant-e-s, le « O » se prolonge lorsque ceu-lle-s ci se déplacent vers le centre du cercle en y tendant le bras et s’achèvent lorsque tout le monde est au diapason (Le O monte dans les aiguës au fur et à mesure.). On embraye alors sur la série de Oy ! Oy ! Oy ! en revenant d’un coup en arrière à sa place et en « tirant successivement  les manettes » (un peu comme dans le Holden) 3 fois. La personne qui avait lancé la montée d’énergie relance alors l’énergie dans le sens qu’elle veut.

(Quand je parlais de pathétique à décrire, je pensais tout particulièrement à celui-là… Qu’est-ce que c’est que cette description au regard du coup de punch que donne ce truc quand on s’y investit un peu !?)

-Les proverbes : Une personne lance le début d’un faux proverbe, l’énergie passe à qui le termine. Avec le temps, les équipes ont tendance à avoir leur « proverbe » de prédilection. Ce qui donne généralement un bel effet choral de gens débitant tous-tes une fin de proverbe. Dans ce cas, c’est cell-ui qui a lancé le proverbe qui relance l’énergie. Techniquement pas forcément intéressant mais ça fédère autour d’un maxime philosophique au fort potentiel de réflexion…Ex : « Neige en Août … ? » « Paté en croûte ! »

-« Freak out ! » + Bras s’agitant, levés au ciel : Tout le monde se dirige en même temps vers le centre du cercle puis prend ensuite une nouvelle place. Ajoutons que chacun-e crie d’un « Aaaaah !» aiguë tant qu’il-le n’est pas à sa nouvelle place et vous obtenez un joyeux bazar. Cell-ui qui a lancé le freak relance l’énergie dans le sens où il-le veut. Ce Rebond permet de remélanger tout le monde pour éviter qu’on soit trop habitué vis-à-vis des « A-I » ou des « Meuh »

Les rebonds modifiant « durablement » le groupe et la manière dont  l’énergie se transmet :

-« Ascenseur ! » + Geste du doigt appuyant sur le bouton d’appel de l’ascenseur : Tout le monde s’accroupi lentement pour continuer à jouer. On ne reprend une position redressée que si une autre personne ré-invoque l’ascenseur qui repart alors forcément vers le haut.

-« Boule de Bowling ! » + Geste de lancée d’une boule de bowling sur le sol, dans le sens de l’énergie : L’énergie est maintenant une boule qui roule au sol, en suivant le cercle, et que chacun-e doit éviter en sautant sur place. L’énergie reprend sa forme originelle si quelqu’un fait le geste de réceptionner la boule et relance un « I-A !»

- « Bravo ! » + Geste d’applaudissement : L’énergie est maintenant « un clap » qu’on réceptionne d’un côté  en tapant dans ses mains et qu’on transmet après d’être tourné vers on voisin,  toujours en tapant dans ses mains et toujours très rapidement. L’énergie reprend sa forme originelle si quelqu’un fait un petit salut en disant « Merci ! Merci ! »  et de relance un « I-A !»

Ce jeu, sous ses dehors insensés est, pour moi, un exercice qui permet de travailler énormément de choses. Pêle-mêle : non anticipation, écoute, présence d’esprit, spontanéité, rapidité, esprit d’équipe, énergie, rîmes… En fonction des Rebond qu’on utilise, ou cré au besoin une fois qu’on maîtrise le système de jeu de base, ( et qu’on introduira toujours tous très progressivement sous peine de décourager les participant-es !!!), on peut développer certains aspects plutôt que d’autres. Ce n’est pas une panacée mais c’est un jeu aux possibilités qui me semblent très extensibles…

J’ai aussi une fascination devant les variations de ce jeu en fonction des équipes. ça peut être symptomatique d’autre choses mais parfois, des équipes qui ont peu d’échanges ont des gestes et des interjections de rebond très proches alors que des équipe voisines géographiquement vont être à des antipodes. Et chacune est souvent persuadée que son système est le plus pratique, ” le vrai “, ” celui de base ” !!! La rencontre est alors l’occasion de transformer le système des 2 équipes. Aucun ne s’est complètement conformé à l’autre mais chacun à l’occasion de repartir différent.

Je pourrais jouer à cet exercice pendant des heures…

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Ké-blo !

Posté par Benjamin le 25 février 2009

71127763Il arrive souvent que l’improvisateur-trice débutant-e « se bloque » et n’avance plus. Cette expression me semble assez juste…Car lorsqu’il-le ne trouve pas, ce n’est pas qu’il-le est entré-e dans un état avancé de transe méditative…Non, pas vraiment… C’est plutôt qu’il-le se bloque. Il-le s’auto-bloque. Il intercepte l’idée qui lui était premièrement venue. Ce n’est donc pas qu’il-le ne trouve pas, mais qu’il-le a trouvé et que ce qu’il-le a trouvé sort de son champ de possible.

Dit d’une autre manière, un peu plus simple : Une des difficultés, c’est d’accepter de lâcher prise sur la situation.

En thérapie, on dit parfois que les problèmes surviennent pour le client lorsque son conscient veut faire quelque chose que son inconscient aurait mieux fait. Et bien, un des défis de l’impro au début, c’est d’apprendre à ne pas faire. A ne pas être cohérent. A ne pas prévoir. A ne pas se limiter. A ne pas trouver le fil logique.

Et, au contraire, pour l’instant, prendre le premier fil venu.

Ce qui a pour effet d’élargir le champ des possibles.

Une option utilisable pour obliger à prendre le premier fil venu, c’est de réduire le temps de normalisation, le temps que passe la personne à filtrer ses pensées pour les faire rentrer dans le moule de l’acceptable.

En poussant à l’urgence.

Exemple d’exercices :

-Faire commencer une impro à 2, l’interrompre lorsque les 2 participant-es ont des postures particulières en leur demandant de se fixer. Faire redémarrer immédiatement une impro qui n’a rien à voir. Agir ainsi plusieurs fois de suite.

-Faire danser les participants sur une musique ad hoc. Interrompre la musique en figeant les participants et faire démarrer immédiatement une impro avec une sélection de 2 à 4 personnes particulièrement originales dans leur posture.

Dans ces deux handles, bien insister sur le fait que la posture est le point de départ et qu’il s’agira de la justifier ou de s’en servir pour faire quelquechose et qu’il faut qu’il y ait le moins de temps morts possible au moment de l’interruption.

Par l’urgence, on oblige à laisser faire celui qui sait déjà improviser, puisque c’est ce qu’il fait en permanence face aux situations nouvelles, l’inconscient.

La spontanéité n’est plus alors une qualité à acquérir ou à faire grandir mais une caractéristique déjà incluse à la base qu’il s’agit de dé-couvrir en la décortiquant des envies du conscient bien intentionné mais mal placé.

« Lorsque tu fermes ta main, elle peut contenir un peu de sable. Lorsque tu ouvres la main en t’endormant, elle contient tout le sable du désert. »

Proverbe persan (Ces proverbes de sagesse antique semblent toujours persans ou asiatiques de toute manière…Il n’y avait pas de sages gaulois ou wisigoths ? Y’a-t-il un sage auvergnat dans la salle ???)


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“Oui et…” : Exo d’impro !

Posté par Benjamin le 24 février 2009

Suite au post sur les différents degrés d’acceptation, voici quelques exercices permettant de travailler la capacité à se mettre d’emblée dans le « Oui et… », la réponse qui permet d’accepter la proposition faite par l’autre et de construire par-dessus en un minimum de temps. Car, le temps, en impro chronométrée (type match), est un des paramètres principaux imposant une contrainte motrice. En clair, quand l’impro est chronométrée, si on veut avoir le temps de construire une histoire avec un début, un développement, une fin, il faut aller vite. Le temps limité est le moteur de l’avancée rapide. Mais d’une manière plus générale, c’est aussi, je pense, une bonne ligne directrice dans sa propre vie : Pour pouvoir faire avec les évènements, il faut déjà les avoir accepter, les accepter dans leur entièreté pour avoir une réponse des mieux ajustées.

Donc on cultive son « Oui et… ».

-Oui et…

C’est une impro avec contrainte (aussi appelé un « handle ») pour 2 comédien-nes. Il-les jouent l’impro en commençant toutes leurs répliques par « Oui et… » dit de façon claire et sonore. Le « Oui et … » est prononcé immédiatement après la proposition de l’autre, parfois avant même de savoir ce qu’on va effectivement dire. ça tourne l’esprit de manière à ce qu’il trouve une proposition adéquate, c’est-à-dire qui apporte une information nouvelle et spécifique (Bannir les généralités.)

C’est l’exercice basique, efficace, à faire sur le bout des doigts et, donc, un classique repris par de nombreux auteurs  (Et je l’ai pris présentement chez Christophe Tournier.)

-L’histoire en file continue.

2 files de comédien-ne-s se font face. Le-la premier-e d’une file commence une histoire jusqu’à ce qu’il-le soit interrompu-e par le-la formateur-trice et aille en fin de file. Le-la premier-e de la file d’en face continue et ainsi de suite. Le-la formateur-trice peut désigner quelqu’un dans la file qui fera la chute/fin de l’histoire.

En tant qu’animateur-trice, veiller absolument à ce que cel-lui qui reprend l’histoire en main ne commence pas par un « Mais » ou un « Oui mais… ». Si c’est le cas, faire reprendre. Perso, j’interromps généralement dès qu’une nouvelle information est apportée et plutôt en milieu d’une phrase en interdisant que soient repris les mots de la dernière phrase. Le-la suivant-e doit terminer la phrase. Cela réduit les risques de « Oui mais… »( mais ne les annule pas non plus !)

Variante : Le-la premier-e de file s’arrête lorsque cel-lui de derrière lui met la main sur l’épaule. Cela n’apporte presque rien en ce qui concerne l’acceptation (sauf celle de céder la main, donc bon pour un travail sur le lâcher de lead), mais par contre, s’il est demandé  d’interrompre, comme je l’ai en tête moi, dès qu’un moteur est apporté, cela peut aussi faire un bon exercice de la capacité à définir un moteur.

-Comme un mardi…

Dans la même veine que le précédent mais plus simple. En cercle, un-e comédien-ne commence une phrase, le-la suivant-e la complète et lance le début d’une autre phrase qui n’a rien à voir. Enchaîner les propositions rapidement.

Variantes : Imposer de faire rimer les 2 parties de phrase ou de construire une phrase qui ressemble à une morale d’histoire ou à un proverbe. Ces variantes ont l’avantage de détourner l’attention des participant-e-s du seul travail d’acceptation et le rendent moins ennuyeux qu’il peut l’être à la longue.

-Propositions indécentes.

Les participant-e-s marchent dans l’espace. Le-la formateur-trice introduit peu à peu des propositions de posture accompagnées d’une réplique, le tout relié à un numéro.

Ex :

1) Au Garde à vous, dire « A vos ordres ! »

2) Accroupi, dire « Le Sioux est caché. »

3) Pointant du doigt et regardant l’horizon, dire « Je vais au bout du monde. »

A chaque fois que le-la formateur-trice dit un chiffre, les comédien-nes s’arrêtent sur place et ressortent la posture et la réplique, puis repartent. Quand il-les sont habitué-e-s, enchaîner les chiffres !

Variante : Pour une même proposition, changer d’émotion/sentiment à chaque fois qu’elle doit être sortie.

Voilà donc quelques exercices visant à faciliter une acceptation spontanée et naturelle des propositions d’ordre verbal. On pourrait en trouver d’autres pour les propositions non verbales. D’ailleurs, tiens ! Je tacherai d’en parler un de ces quatres !

Biblio et bases théoriques:

-Tournier, Manuel d’improvisation théatrâle, Editions de l’eau vive, 2003

- Le Grimoire du Théatre.

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Synchronisation.

Posté par Benjamin le 20 décembre 2008

Cette article de Cid (sur le blog multi-auteurs Le Caucus), bien inspiré par Dan Diggles vous éclairera sur les 2 stratégies qui sous-tendent les improvisations : L’impro-gag et l’impro-récit (ou impro narrative). Du nom du ressort utilisé afin élaborer l’impro.
A découvrir sur Le Caucus donc…
Bien qu’en terme de technicité, je pense qu’elle vaut l’impro gag (mais sur des techniques différentes.), j’ai une certaine préférence pour l’impro-récit…
J’attire votre attention sur l’idée de Cid (et de Diggles :-) ) que l’impro-récit ” se fonde sur la capacité des joueurs à entrer en connexion entre eux, par le biais de leur inconscient [...] pour former un inconscient collectif.
En PNL, on parlerait “d’établir le rapport.” et en hypnose ericksonienne de “se mettre en synchronisation.”
Les propositions faites pour favoriser cela en jeu rejoignent d’ailleurs certaines des choses à faire pour se mettre en synchro avec quiconque : Laisser exprimer sa propre intuition et être d’accord avec son partenaire le plus souvent possible.

Et hop!La synchronisation, c’est entrer dans la réalité de la personne avec qui vous êtes afin de la partager. Et pour ce faire, rien de plus simple, ça tient en un mot : mimétisme !
Les synchronisations verbales (mots contenus dans les paroles), paraverbales (manières de parler) voire posturales paraissent difficiles à mettre en place au théatre…Prendre la même position que le partenaire le plus souvent possible…Mouaif…Au mieux c’est un choix de mise en scène mais pas une technique de mise en communication fine des comédien-nes…
Par contre, des technique de synchronisation moins flagrantes peuvent être employées. Et ce qui me paraît essentiel, ce sont, pour simplifier, les rythmes…
Calquer son rythme respiratoire sur celui de son-sa partenaire.
Clignez des yeux juste après lui-elle.
Marcher en posant son pied en même temps.
Outre le fait que ça puisse être visuellement chouette si on le montre, ça a une efficacité surprenante. D’autant que ça développe un certains nombre de compétences liées à l’Ecoute.

La synchronisation est un truc que les personnes en connivences ( amis, amoureux,…) font naturellement. La vie quotidienne est d’ailleurs un bon endroit pour s’y entraîner.  Au bout d’un moment (Moi, ça m’a pris quelques semaines quand même…), c’est quelque chose que vous ferez sans plus y penser dès lors que vous serez dans une situation où vous aurez l’intention d’être en synchro.

Certains exercices d’atelier sont aussi des entraînements à la synchro. En échauffement de match, c’est particulièrement utile lorsqu’il s’agit de jouer avec des partenaires connu-e-s depuis peu !

-La Conspiration : En binôme, avec une main sur le ventre du partenaire qui respire profondément, la personne respire de la même façon.
-L’Epi de la conspiration : En groupe, chacun-e, couché-e, a sa tête sur le ventre du-de la précédente, ce qui peut donner une forme d’épi, conspire avec lui-elle. Il s’agit de mettre le groupe en synchro.

- Le mot lancé : En cercle, tout le monde montant et descendant le bras en rythme et en même temps, mimant l’auguste geste du semeur (tout  le monde n’est pas d’accord sur cette interprétation. Un groupe d’impro de ma connaissance ne fait plus cette exercice, prétextant qu’il fait mimer une activité manuelle lubrique sur la personne d’un mammouth imaginaire… A vous de voir.)  La parole circule dans le groupe de proche en proche. Et à chaque fois qu’une personne doit prendre la parole, lorsque son bras est au sommet de sa course, elle énonce un mot en association d’idée avec le mot précédent.

- Le miroir : En binôme, l’un-e en face de l’autre, une personne est désignée miroir de l’autre et la suit dans ses mouvements. Puis, le miroir commence aussi à faire des propositions, suivie par l’autre. Extérieurement, on ne doit, en fait, jamais percevoir ni leader, ni dissonance.
- Le tai-chi en cercle : En groupe, en cercle tourné vers l’intérieur, tout le monde accomplit le même geste lentement sans qu’aucune personne ne soit désignée comme leader.
- Les bâtons à 2 : Voir l’article dédié.

Et sans un mot!Les exercices à 2 sont particulièrement frappants car on en vient à être incapable de dire si on s’est accordé sur l’autre ou bien si c’est le contraire. En fait, on en vient, en toute liberté, à faire le même choix que l’autre au même moment, et réciproquement. Bien sûr, avant de faire ce choix, on aurait bien été incapable de dire que l’autre allait faire la même chose. Ce n’est pas de la lecture de pensée!!!
C’est juste que, quelque part, ça connecte.
Et comme dit Yvan Ponton, l’arbitre vedette de la LNI : “Le bonheur, c’est 2 joueurs qui connectent, 2 joueurs qui, vraiment, sont ensembles et puis qu’il y’a la sauce qui prend…”
Alors faites monter la mayo!

Biblio et bases théoriques :
-LockertHypnose“, IFHE Editions, 2003
-Blog Le Caucus

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Histoire en 7 mots + ou – 2

Posté par Benjamin le 19 décembre 2008

Déroulement : Un-e participant-e fait une histoire, qui peut être très courte, à partir de 5 mots donnés par les autres. Les mots doivent avoir peu de rapport entre eux. (Ainsi, c’est aussi un exercice de dissociation d’idées pour les autre participants. )
Pareil ensuite avec 7 mots, pareil ensuite avec 9.
Possibilité avec l’entraînement d’aller au-delà de 9.

Variante : Faire un passage plus progressif entre 5 et 9 (‘5, 6, 7, 8, 9)

Explication-Objectif : La psychologie cognitive dit que la mémoire à court terme, impliquée dans la mémoire de travail contient 7, plus ou moins 2 places (On parle de ” chunks “.). D’où la difficulté de stocker immédiatement un grand nombre d’informations en vue de leur gestion ou de leur réutilisation instantanée. On sature. L’exemple type est celui de ces 5 nombres à retenir pour téléphoner : Entre le moment où vous consultez l’annuaire et le moment où vous composez, vous vous répétez la série de nombre. Et à la moindre perturbation extérieure (–>Utilisation inopinée d’un chunk.) vous perdez un nombre, voire toute la série. Il vous est aussi plus simple de retenir mon numéro de téléphone professionnel quand il est sous cette forme 06-104-24-166  que sous cette autre 06-10-42-41-66 ou pire 0-6-1-0-4-2-4-1-1-6-6 ! A moins de 5 chunk, je suis sur que vous le retenez plus facilement.
L’étude des compétences des joueurs-joueuses d’échec a montré en revanche, qu’avec l’entraînement, ceux-celles-ci en venaient à utiliser, comme support à leur mémoire de travail, la mémoire à long terme, bien plus vaste (Pour vous en persuader, essayez de faire la somme de ce dont vous vous souvenez depuis longtemps !!! Délicat !).
L’objectif de cet exercice est précisément de travailler ces aptitudes mémorielles : Augmenter son nombre de chunks, voire utiliser sa mémoire à moyen terme plutôt que celle à court terme.

Biblio et bases théoriques :
-Cours de Caroline Schreiber, maîtresse de conférence en psychologie cognitive, IUFM de Grenoble.
-Simon, Herbert, & Chase, William. “Skill in chess.”  in American Scientist, 61, 393-403. (1973)

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Les bâtons.

Posté par Benjamin le 19 décembre 2008

Déroulement : Un bâton ( L : 30-50 cm ; D : 1 cm ) est distribuée à chaque binôme. Chacun-e des deux va appliquer un index sur une des extrémités. C’est le seul moyen autorisé pour le faire tenir : Chacun-e applique une pression sur le bâton. L’exercice consiste ensuite à changer de posture, à se déplacer silencieusement sans faire tomber le bâton…

Variantes : 2 bâtons par binôme ou encore, en cercle, participant-es tous-tes relié-es par un bâton à son-sa voisin-e.

Explication-Objectif : Cet exercice illustre le fait que réussite comme échecs sont toujours partagés. Dans une situation dans laquelle on est impliqué, on a 50 % de responsabilité. Pas plus, pas moins. 50%.

Ici, il y a 2 stratégies possibles : Guider ou être guidé-e. Aucune n’est mieux que l’autre. Guider semble d’emblée plus valorisant. Mais où irait la personne leader si l’autre ne faisait pas l’effort d’accepter de suivre ? Et si l’autre partait dans sa propre direction ? Que serait le personnage principal sans les personnages secondaires ayant la générosité d’être au service, non pas du personnage principal, mais de l’histoire ? Et inversement, s’il ne se trouve personne pour guider, où va-t-on ? Les 2 rôles sont de valeurs égales.

Mais dans l’équipe, s’accrocher à l’un peut nuire à l’entreprise commune. Si l’un-e veut changer de rôle alors l’autre doit avoir la générosité d’accepter de changer aussi. C’est un mouvement de balancier. Et ainsi la confiance tacite s’établie : ” Tu es fatiguée ? Je suis là pour toi , je prends le relais… Je ne sais plus où aller : Je te fais confiance, sors-nous de là !…Je vais essayer une accrobatie car je sais que tu veilles au grain, comme je le fais pour toi… ” Lorsque le bâton chute, c’est presque toujours lié au fait qu’une personne à voulu imposer son envie de guider. Et qu’au lieu d’être au service de son désir d’atteindre l’objectif commun (Faire tenir le bâton comme faire une belle histoire.) , elle s’est mis une fraction de seconde au service de son désir, très humain, de mener la barque quand elle voulait. Oubliant l’espace d’un instant que seulement 50% de cette décision lui appartenait.

Mais ceci n’arrive que rarement quand on est en synchro

Biblio et bases théoriques:
-Lesieur & Schnoering. ” Vers une écoute consciente au quotidien. ” in Approche Centrée sur la Personne, 2008.

Source de l’exercice : Isabelle Métral.

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